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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Barcelone : manifestation enragée en solidarité avec la lutte de Gamonal (Burgos)
Article mis en ligne le 19 janvier 2014
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Le vendredi 17 janvier, une manifestation d’un millier de personnes a parcouru le centre-ville de Barcelone en solidarité avec la lutte de Gamonal. Bien que les travaux du boulevard dans la rue Vitoria de ce quartier de Burgos aient été définitivement abandonné (mais où 46 personnes sont sous contrôle judiciaire en attente de jugement -dont trois sorties la veille de préventive sous caution de 3000 euros chacun- suite aux trois nuits d’émeute), des marches de protestation ont eu lieu dans les principales villes de tout le pays.

A Barcelone, le parcours a été émaillé d’incidents avec des poubelles brulées, des agences bancaires et différents bâtiments administratifs pétés. Arrivés sur La Rambla, une centaine de manifestants a attaqué le commissariat de la Guardia Urbana en lançant bouteilles, pots de fleurs, tables et chaises (empruntés sur les terrasses avoisinantes) sur la dizaine d’agents censés le protéger. Ceux-ci ont dû trouver refuge à l’intérieur. Cinq policiers ont été blessés et six véhicules endommagés.

La Brigade Mobile (Brimo) des Mossos d’Esquadra est alors intervenue en chargeant et a dispersé les manifestants à l’aide d’un canon acoustique à longue portée (LRAD). Ces dispositifs déjà utilisés par les unités anti-émeutes aux Etats-Unis et dans différents pays européens ont été employés ici pour la première fois (ils devraient par la suite remplacer les balles en caoutchouc qui vont probablement être interdites d’ici peu). Ils émettent un sifflement strident de grande puissance, d’une portée de 3000 mètres, qui provoque un étourdissement et oblige à se retirer en se bouchant les oreilles.

Trois personnes ont été arrêtées à Barcelone, dont deux mineurs.

Des manifestations se sont aussi déroulées à Saragosse (plusieurs vitrines brisées et poubelles cramées), Madrid (plusieurs banques et magasins aux vitrines brisées), Burgos (3000 personnes), Alicante, Valence ou Santander, parfois ponctuées d’affrontements. Au moins 19 personnes en tout ont été arrêtées, généralement pour "trouble à l’ordre public".

[Résumé de la presse espagnole]


A Burgos, des travaux coûteux abandonnés sous la pression des habitants

Le Monde avec AFP | 17.01.2014 à 21h56

Face à la colère des habitants, les élus de Burgos ont finalement cédé. Le maire conservateur de la ville de 170 000 habitants, située dans le nord de l’Espagne, a annoncé, vendredi 17 janvier, l’abandon des travaux dans la rue Vitoria, l’artère principale qui traverse le quartier populaire de Gamonal, estimés à huit millions d’euros. « Nous voyons l’impossibilité matérielle de mener à bien ce chantier et nous avons décidé d’arrêter définitivement les travaux et de parier sur le retour au calme dans la ville », a expliqué Javier Lacalle.

Mobilisés depuis deux ans, des milliers de Burgolais avaient multiplié les manifestations depuis une semaine contre ce projet d’aménagement urbain, jugé trop coûteux, qui devait transformer la rue en un coquet boulevard à deux voies, avec piste cyclable et trottoirs arborés, comme le montre une vidéo de promotion sur le site de la ville.

Dans un pays enfoncé depuis cinq ans dans la crise, frappé par un taux de chômage de près de 26 % et qui vient à peine de sortir de deux ans de récession, le coût des travaux n’est pas passé auprès de la population. Avant la crise, Burgos comptait 6 600 chômeurs. Aujourd’hui, ils sont 17 000. Et en deux ans, la ville a augmenté trois fois les impôts et fermé une crèche parce qu’elle ne pouvait pas assumer les travaux, d’un montant de 600 000 euros.

Vendredi 10 janvier, quelques jours après le début des travaux, la colère des habitants était montée d’un cran. Bilan : une trentaine de conteneurs à ordures brûlés, des arrêts de bus détruits, les vitres d’une succursale bancaire brisées et des affrontements entre des centaines de manifestants et les forces de l’ordre qui se sont soldées par sept policiers blessés et dix-sept arrestations.

Depuis, chaque soir, après une assemblée des riverains fixée à 19 heures, des manifestations rassemblent des centaines et parfois des milliers de voisins de tous âges, malgré l’annonce mardi par le maire de la suspension des travaux. Les manifestants avaient aussi installé un petit campement à proximité pour tenter d’empêcher la poursuite du chantier.