" />
Slogan du site

Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Avignon (Vaucluse) : des clous pour les juges et les flics ! [mis à jour]
Article mis en ligne le 9 mars 2016
Imprimer

Il semait des clous pour crever des pneus

La Provence, Mercredi 09/03/2016 à 07H52

Un homme de 56 ans a été placé en garde à vue hier pour avoir volontairement dégradé des véhicules. Les faits se sont déroulés entre le 25 et le 26 février. L’individu aurait semé des clous de tapissier devant les trois sorties véhicules du TGI d’Avignon, mais aussi devant l’entrée et la sortie d’une antenne du Conseil départemental situé boulevard Limbert et sur la route de Montfavet et devant les entrées de l’hôtel de police. Une vingtaine de voitures aurait ainsi eu les pneus crevés. Les caméras de vidéosurveillance ont permis d’identifier le mis en cause qui circulait alors à vélo. Se sachant rechercher par la police, il s’est présenté de lui-même au commissariat. La perquisition a permis de retrouver le vélo. L’homme aurait reconnu les faits expliquant avoir voulu se venger d’une condamnation à un an d’emprisonnement prononcée par le TGI d’Avignon lors de son procès du 1er février dernier. L’enquête est toujours en cours.


Le creveur de pneus du palais se repent mais part en prison

Dauphiné Libéré, 10/03/2016 à 06:0

C’était un climat particulier que celui du procès de Michel Laloue, qui s’est tenu hier soir devant le tribunal correctionnel d’Avignon.

L’Avignonnais de 56 ans est un habitué des lieux. Il a 26 condamnations au compteur, souvent pour “appels malveillants” ou “dégradation de biens”, comme la fois où il avait foutu des DAB en l’air car la Poste lui facturait des agios. Le genre d’épisodes qui font dire à la présidente Michèle Nesme qu’il a « l’air d’aimer embêter les autres »…

La réponse à un sentiment d’humiliation

Mais hier, le cadre qui le jugeait était aussi celui de l’institution qu’il avait attaquée. « Chacun de nous ici connaît certaines des victimes », a rappelé son avocate Me Camille Trossat dans sa plaidoirie. Et pour cause : il y a deux semaines, le quinqua énervé avait garni les entrées du palais de justice de clous de tapissier. Même chose au commissariat et devant une antenne du conseil départemental boulevard Limbert. Crevant les pneus de vingt voitures dont beaucoup de fonctionnaires du TGI.

Une réaction « pas vraiment potache », plutôt « inquiétante » selon les mots de la vice-procureure Chabaud, en réponse à une « humiliation » qu’il dit avoir ressentie en ce même palais. Le 2 février dernier, après avoir été condamné la veille pour, déjà, une affaire de dégradations de biens vis-à-vis d’un employé du conseil départemental, il avait cru entendre des ricanements à son endroit, au greffe…

« Dangereux au sens criminologique »

« C’est pas de la vengeance, plutôt de la bêtise », a-t-il plaidé hier, tête basse et repentance d’enfant grondé. Vengeance bête ou bêtise vengeresse, peu chalait au tribunal correctionnel : les juges ont prononcé une peine d’un an de prison dont la moitié avec sursis (*), à l’encontre d’un homme qui s’est excusé platement, in fine. Mais que le psychiatre chargé de l’entendre avait qualifié de « dangereux au sens criminologique ».

(*) La peine est assortie d’un mandat de dépôt (le prévenu a été incarcéré) ainsi que d’une mise à l’épreuve de deux ans, avec obligation de soins et d’indemniser les victimes.