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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Barcelone : Deux textes espagnols sur les récentes arrestations
Article mis en ligne le 17 novembre 2013
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A bas les murs de l’Etat

Le 13 novembre à 2h45 du matin, la Police Nationale a fait irruption au domicile de 4 compagnonNEs anarchistes à Barcelone, arrêtant aussi une cinquième près de chez elle au petit matin. Ils sont accusés d’avoir posé un engin qui a explosé dans la Basilique del Pilar à Saragosse le 2 octobre. Tous sont retenus sous le régime de la loi antiterroriste, et passeront ces prochains jours devant l’Audiencia Nacional à Madrid, où ils seront mis à disposition du juge Eloy Velasco.

Dès le début de l’opération, le dispositif médiatique se met en route. La police fournit les images de leur arrestation et de la perquisition, leurs identités sont diffusées automatiquement. Le ministre de l’intérieur Fernández Díaz se pavane triomphalement sur tous les médias. Fier des arrestations, il donne pour acquis le triomphe judiciaire de l’Etat espagnol qui tente d’incarcérer nos compagnons derrière les murs, en s’efforçant de terminer la vengeance que l’Etat chilien n’a pu accomplir avec sa justice et son droit.

Cela fait des mois que l’appareil judiciaire et policier prépare le terrain pour lancer un coup répressif contre ceux qu’ils considère comme les plus dangereux à l’intérieur comme à l’extérieur des mouvements sociaux. Ainsi, par exemple, les responsables de la rage d’une manifestation seraient uniquement les antisystème et les anarchistes, ce qui relève d’une tentative de circonscrire la rage qui échappe parfois à tout schéma. Quant à la partie plus offensive, le pouvoir ressort une fois de plus ses vieilles cartes : le fameux « triangle méditerranéen anarchiste » [Espagne, Italie, Grèce, NdT] a beaucoup fait parler la presse espagnole, tout comme la pose d’un pseudo engin explosif contre une agence bancaire italienne à Barcelone et à Valence.
Les théories conspirationnistes qui plaisent tant à la presse et à ses lecteurs sont remises sur le tapis. Il y a quelques mois, le pouvoir a perquisitionné un local de la CNT à Sabadell, arrêté 5 anarchistes pour de supposées revendications sur internet et possession de matériel incendiaire (voir ici). Après 4 mois de préventive en régime FIES-3 [isolement et haute sécurité], ils sont sortis avec un contrôle judiciaire. Les dernières arrestations à Barcelone montrent clairement qu’il s’agit d’une attaque contre le mouvement anarchiste.

Il ne nous intéresse pas de savoir si nos compagnons sont coupables ou innocents, ça c’est le langage du pouvoir, c’est le langage de la démocratie. Nous ne rentrerons pas dans le jeu du silence, ni du victimisme, ni du défaitisme. Nous sommes profondément tristes que des compagnons soient à présent dans cette situation, mais nous savons tous que nos idées et notre agir, lorsqu’ils deviennent concrets, rencontreront un jour ou l’autre la sale gueule bien réelle du système.

Face à la collaboration entre les différents Etats, solidarité sans frontières avec les compagnons !
A bas les murs de l’Etat !
Salut et Anarchie ! Nous voulons les revoir à nos côtés !

[Traduit de l’espagnol de Indy Barcelone, 14 nov 2013]


Sabotage et spéculations : aux faux-opposants qui ont un caillou entre les dents (et s’en estiment heureux)

Juge : « Qui a tué le Commandeur ? »
Villageois : « Fuenteovejuna, Monsieur ! »
Juge : « Qui est Fuenteovejuna ? »
Villageois : « C’est nous tous, Monsieur ! » *

Beaucoup de sites de « contre-information » ou « alternatifs » n’ont pas attendu bien longtemps pour se joindre au char des grands médias pour jeter de la merde sur les auteurs matériels des actions contre la cathédrale de la Almudena à Madrid et celle del Pilar à Saragosse, deux attaques revendiquées par le Commando insurrectionnel Mateo Morral.

De même, beaucoup d’entre nous n’ont pas été surpris de comment s’est répandue l’opinion qu’il s’agit d’un « faux groupe », grâce à ces médias de « contre-information », à tel point qu’on pourrait même se demander si ces médias et ces personnes ont des infos dont nous tous ne disposons pas.

Pendant que les grands mierdas font leur travail de désinformation pour criminaliser ceux qui luttent et l’anarchisme en général, ces supposés médias de « contre-information » font également le leur, très proche dans la forme et le fond à celui des premiers. Parmi les médias qui se sont chargés de diffuser des textes et des articles collabos contenant le message que le Commando insurrectionnel Mateo Morral est un « faux groupe », on peut trouver le Groupe Antimilitariste Tortuga avec plusieurs articles, mais aussi les grands sites du mouvement comme notamment A las barricadas, Kaos en la red ou La haine.

La même chose s’est produite à propos de l’attaque contre deux néonazis en Grèce, bien que dans une moindre mesure par rapport à l’Espagne, qui a été suivie de rumeurs qui insinuaient ou affirmaient que cette action contre Aube Dorée ne faisait que victimiser les fascistes et devait donc être le fruit de groupes incontrôlés para-policiers, ou d’un auto-attentat des fascistes pour contrecarrer un climat social défavorable créé après l’assassinat de Pavlos Fyssas.

Comme nous le rappelle un commentaire sur ceux qui lancent de telles insinuations, si les attaques (contre l’Eglise en Espagne ou contre les néonazis en Grèce) ont en réalité été accomplies par des anarchistes ou des activistes de quelque groupe de gauche, le fait de diffuser le contraire sans disposer d’informations blindées sur ce point en dit long sur ceux qui s’empressent de créer de la confusion, de se joindre au spectacle et de jeter de la merde sur les auteurs matériels de ces attaques (1).

Un moyen de contre-information qui se prétend tel, devrait laisser aux médias les spéculations, le show, la criminalisation et le déversement de merde contre certaines actions et les possibles compagnons de lutte qui les accomplissent. Il devrait également au minimum rectifier publiquement le sale rôle qu’il a joué. Passer discrètement à un autre sujet comme s’il ne s’était rien passé est bien loin du fait d’avoir un minimum de dignité et de toute volonté de contre-informer.

Certes, toute attaque peut être sujette à critique et auto-critique, mais créer de la confusion et attribuer vite fait ces attaques à de supposés groupes para-étatiques ou para-policiers, tout simplement parce qu’on ne les comprend pas, parce qu’on ne les partage pas ou parce qu’on en rejette certaines, n’aide en rien le « mouvement ». Cela montre par contre bien les bassesses, les faiblesses et les carences d’un tel « mouvement ».

[Traduit librement de l’espagnol (avec deux notes internes au mouvement espagnol en moins) de Indy Barcelone, 17 nov 2013]

(1) Les « Forces révolutionnaires populaires combatives » ont revendiqué ce samedi l’exécution des deux membres du groupe néonazi Aube Dorée.

*NdT : Extrait de la célèbre pièce de théâtre de Lope de Vega, datée de 1619. Inspirée de faits réels, elle met en scène la révolte de tout un village de la province de Cordoue, Fuente Obejuna, contre le pouvoir abusif de son Commandeur. Dans la pièce, il ne se trouve pas un seul villageois, même sous la torture, pour dénoncer l’auteur direct du meurtre du Commandeur.