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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Barcelone : prison préventive pour deux compagnons, contrôle judiciaire pour les autres
Article mis en ligne le 17 novembre 2013
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Le juge de l’Audiencia Nacional (tribunal spécial de Madrid), Eloy Velasco, a ordonné aujourd’hui dimanche, après près de quatre jours de séquestration des compagnons par les services antiterroristes, du placement en détention provisoire de Francisco Solar et Mónica Caballero. Ces deux anarchistes chiliens sont accusés d’ « appartenance à une organisation terroriste » (GAC, « Grupo Anarquista Coordinado Comando Insurreccional Mateo Morral« ) et de « destruction à finalité terroriste« , soit l’explosion d’un engin à la Basilique del Pilar de Saragosse, le 2 octobre dernier. L’accusation se base notamment sur des images de vidéosurveillance du métro, de stations de bus et d’un bar (de dedans vers dehors), où l’imaginaire policier tient beaucoup de place, à Barcelone puis à Saragosse, et à différentes dates. Ils ne sont en revanche pas accusés de la pose d’un engin explosif dans la cathédrale Almudena de Madrid le 7 février dernier, engin qui a été désactivé par les keufs, même si les deux attaques ont été revendiquées par le « Comando Insurreccional Mateo Morral« .

De plus, Francisco et Monica sont accusés de « conspiration en vue de commettre un acte terroriste » contre le Monastère de Montserrat, situé au nord-est de Barcelone. Le théorème fantaisiste et commode des chiens de l’antiterrorisme est que le GAC serait l’expression en Espagne de la FAI/FRI.

Enfin, le juge a ordonné la liberté conditionnelle avec contrôle judiciaire contre les trois autres arrêtés (Valeria, Gerardo et Yune), accusés de « complicité avec une organisation terroriste« . Ils devront pointer de façon hebdomadaire à l’Audiencia Nacional de Madrid, et leur passeport (ils sont d’origine chilienne, argentine et italienne) est saisi, de même qu’ils ont obligation de ne pas quitter l’Espagne. A leur sortie du tribunal, ils ont été accueillis par de nombreux compagnons, qui ont copieusement insulté flics et médias*.

* Dont un des derniers gros titres est par exemple : » Le terrorisme anarchiste copie Al Qaeda » (El Pais du 16 novembre) ; ou qui se font un plaisir de diffuser les images des keufs prises lors des perquisitions, où les compagnonNEs sont à peine sortis du lit, sans parler de leur tronche exposée en long et en large.

[Traduit de l’espagnol de l’agence de presse EFE, 17 novembre 2013]