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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Une centaine d’années de prison confirmée en cassation contre 10 émeutiers du contre-sommet de Gênes en juillet 2001
Article mis en ligne le 17 juillet 2012
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Synthèse effectuée à partir de la presse italienne et de sites anarchistes. On pourra trouver là la déclaration d’un des compagnons condamnés devant le tribunal, ainsi qu’un tract des compagnons de Gênes suite au verdict en première instance : « Cette Semaine » n°95, printemps 2008, p.34-35.

Le 13 juillet 2012, la Cour de Cassation de Rome a rendu son arrêt contre dix manifestants arrêtés à Gênes, lors du contre-sommet du G8 des 20 et 21 juillet 2001. Elle a confirmé leur condamnation pour « dévastation » et « pillage », avec des peines de six à quinze ans de prison (légèrement réduites par rapport à celles prononcées par la Cour d’Appel de Gênes du 9 octobre 2009).

Le 5 juillet dernier, elle avait déjà confirmé la condamnation symbolique de treize hauts responsables de la police italienne, notamment pour le massacre de l’école Diaz (« complicité dans la fabrication de fausses preuves »). Aucun d’entre eux n’ira en détention grâce à une amnistie des « courtes » peines datant de 2006. Ils seront exclus de la fonction publique pendant cinq ans.

Pour les dix camarades condamnés le 13 juillet, la Cour de cassation a en revanche confirmé pas moins d’une centaine d’années de prison en tout. Pour trois manifestants, elle a changé un détail du verdict d’appel, histoire de justifier son utilité, annulant le délit supplémentaire de possession de molotov, considérant qu’il était déjà inclus dans leur condamnation.

D’un côté, 5 manifestants seront à nouveau renvoyés en appel à l’automne, pas pour statuer sur leur « culpabilité », rendue définitive, mais uniquement pour réévaluer leur peine selon une nouvelle circonstance atténuante possible (« avoir agi sous l’effet de la foule en tumulte » !). Carlo Arculeo (8 ans en appel), Carlo Cuccomarino (8 ans), Antonino Valguarnera (8 ans), Luca Finotti (10 ans et 9 mois), Dario Ursino (7 ans) restent donc pour l’instant « en liberté ».

D’un autre côté, le verdict d’appel de Gênes d’octobre 2009 devient exécutoire contre les 5 derniers camarades, ce qui signifie leur incarcération immédiate. Ce sont les plus lourdement condamnés, ceux accusés d’une partie des attaques du Black Bloc. Il s’agit de Francesco Puglisi (14 ans), Vincenzo Vecchi (12 ans et 6 mois), Marina Cugnaschi (11 ans et 6 mois), Alberto Funaro (10 ans) et Ines Morasca (6 ans et 6 mois).

Les deux premiers sont actuellement dans la nature et les carabiniers n’ont pas réussi à mettre la main dessus malgré un mandat d’amener. Marina et Alberto ont par contre été incarcérés à Milan et Rome dès le lendemain, samedi 14 juillet, tandis qu’Inès bénéficie provisoirement d’une suspension de peine, vu qu’elle vient d’accoucher d’une petite fille.

Pour les deux incarcérés, rappelons qu’Alberto Funaro (44 ans) est un animateur historique de Radio Onda Rossa, et que Marina (46 ans) est une compagnonne anarchiste, qui a par ailleurs une autre peine de quatre ans en suspend suite aux affrontements de Milan en 2006 contre une manifestation des fascistes de Forza Nuova.

Le jour de la sentence, une manif sauvage a réuni 300 personnes parties du rassemblement à Trastevere. Elle s’est rendue devant le ministère de la Justice, où des oeufs, de la peinture rouge, des pétards et un fumigène ont été jetés contre la façade, avant de se disperser sans arrestation.

Le soir, un groupe d’inconnus masqués en noir a brûlé des containers érigés en barricade dans le quartier de Pigneto.

Le lendemain a eu lieu un petit rassemblement devant le commissariat où Alberto s’est rendu avant d’être emmené en prison.

Enfin, dimanche 15 juillet au matin, la police n’a pu que constater qu’une banque Unicredit située via Somalia à Rome avait eu ses vitres défoncées. A côté, deux tags disaient « Alberto libero » et « I saccheggiatori siete voi » [« Les pilleurs c’est vous] avec des A cerclés.