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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Grèce : Des anarchistes font irruption dans un hôpital d’Athènes
Article mis en ligne le 11 mai 2011
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20 minutes, 11.05.11 à 22h34

Plusieurs dizaine de militants anarchistes ont fait irruption mercredi soir dans un hôpital d’Athènes où avait été admis un peu plus tôt dans la journée un manifestant grièvement blessé lors d’une manifestation contre l’austérité, a-t-on appris de source policière.

Le visage masqué, ces 150 anarchistes ont pris d’assaut les locaux de l’administration. Trois policiers qui se trouvaient sur place ont été passés à tabac, ajoute-t-on de même source. Deux d’entre eux ont été légèrement blessés, le troisième présente des chocs plus sérieux à la tête.

Le manifestant hospitalisé, qui est âgé de 31 ans, a été blessé lors d’affrontements avec les forces de l’ordre en marge du rassemblement contre la rigueur organisé par les syndicats du public et du privé.

Ioannis Kafkas, qui a subi une opération au cerveau, est dans un état critique, selon le ministère de la Santé, mais les médecins ont réussi à le stabiliser.


Concernant les blessures extrêmement sérieuses du manifestant Yiannis K. et la tentative par la police de déguiser la bavure

Yiannis K., qui est actuellement dans le coma et dans un état critique à l’unité de soins intensifs de l’hôpital Nikaia d’Athènes après avoir reçu des coups meurtriers à la tête de la part de la police anti-émeute, était un manifestant parmi des milliers d’autres, participant aux manifestations pour la grève générale de ce 11 mai. Plus précisément, durant toute la manifestation -et ce y compris lorsqu’il fût attaqué avenue Panepistimiou- Yiannis était dans le cortège de l’assemblée de résistance et de solidarité de Kypseli/Patision.

Face aux mensonges et aux tentatives de travestissement des faits de la part de la police, nous déclarons ceci :

Sur l’avenue Panepistimiou, entre Voukourestiou et la rue Amerikis, alors que la manifestation revenait du parlement, la police a lancé une attaque coordonnée et organisée ayant clairement pour cible les cortèges autogérés et anti-consensuels : les gens qui luttent “d’en bas”. A ce moment, les assemblées de quartier (Kypseli/Patision, Vyronas/Kaisariani/Pagrati), les syndicats de base des serveurs et cuisiniers, l’assemblée anarchiste pour l’auto-détermination sociale, des syndicats étudiants et bien d’autres ont été encerclés et battus par de nombreuses unités de la police anti-émeute (MAT).

Nous qui marchions aux côtés de Yiannis, tenant la banderole de Kypseli avec lui, nous sommes trouvés pris dans un confinement étouffant de policiers anti-émeutes qui allaient attaquer les manifestants, utilisant à tort et à travers leurs matraques, dans les têtes et dans les corps, laissant de nombreuses personnes à terre. Dans le même temps ils ont jeté du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes directement dans la foule. Résultat : des dizaines de personnes ont été grièvement blessées, et pour beaucoup emmenées à l’hôpital. Parmi elles Yiannis K., qui, alors qu’il saignait de la tête, a été exfiltré du lieu de l’attaque, grâce à l’intervention d’autres manifestants. Il a été réceptionné par le service d’urgence et transféré à l’hôpital Nikaia, où il a subi une opération de chirurgie.

En ce moment, Yiannis combat pour sa vie, car il a choisi la voie de la résistance collective, de la solidarité et de la lutte, contre l’exploitation, la pauvreté et la peur mise en place par les patrons, contre leur terrorisme, contre le défaitisme et la passivité. La lutte de Yiannis appartient à tous !

Yiannis Vidalis
Katerina Sofianou

(membres de l’assemblée de résistance et de solidarité de Kypseli/Patision)