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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

[Publication] Maria Nikiforova, la révolution sans attendre. L’épopée d’une anarchiste à travers l’Ukraine (1902-1919)
Article mis en ligne le 6 septembre 2014
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[Reçu par mail]

Mutines Séditions est heureuse de vous annoncer la sortie de son dernier titre : Mila Cotlenko, Maria Nikiforova, la révolution sans attendre. L’épopée d’une anarchiste à travers l’Ukraine (1902-1919), septembre 2014, 142 pages, 6 euros (format 12×19).

On peut le commander à Mutines Séditions – c/o Bibliothèque Libertad – 19, rue Burnouf – 75019 Paris (Chèque à l’ordre de : Ce)… ou le retrouver dans les librairies habituelles. L’introduction et le sommaire sont sur notre site, http://mutineseditions.free.fr/


Et pour vous donner une idée, voici le quatrième de couverture -tiré d’un tract des anarchistes de Moscou en 1919- suivi d’un extrait de l’intro :

« Vous êtes au pouvoir en Russie, mais qu’est-ce qui a changé ? Les usines et la terre ne sont toujours pas aux mains des travailleurs, mais dans celles de l’Etat-patron. Le salariat, le mal fondamental de l’ordre bourgeois, continue d’exister, c’est pour cela que la faim, le froid, et le chômage sont inévitables. A cause de la ‘‘nécessité de tout supporter’’ pour un avenir meilleur, de défendre ‘‘ce qui est déjà acquis’’, un énorme appareil bureaucratique s’est créé, le droit de grève est aboli, les droits à la parole, de réunion et de presse, sont supprimés.

Vous engendrez un chauvinisme militaire rouge, mais qu’est-ce que la classe ouvrière a à défendre ? Vous dites que la bourgeoisie est écartée et que la classe ouvrière est au pouvoir. Nous répondons qu’il n’y a que quelques ouvriers au pouvoir, et encore ce sont d’anciens ouvriers, séparés de leur classe. Les opprimés ne peuvent être au pouvoir par définition, même si le pouvoir se proclame ‘‘prolétarien’’, ce qui est alors le plus grand des mensonges (…).

Nous appelons à l’insurrection immédiate pour le pain et la liberté, et nous défendrons la liberté avec les armes de la liberté et non pas avec celles de l’esclavage. L’attitude des anarchistes ne peut être que celle-ci à l’égard de tout pouvoir ‘‘révolutionnaire’’. C’est bien la différence entre le socialisme et l’anarchisme ; c’est que pour nous, tant qu’existe un pouvoir, rien ne change ». Moscou, été 1919

Etrangement, ni Voline, ni Archinov, pas plus que des historiens comme Skirda ou Avrich ne font une place à Maria Nikivorova dans leurs récits, alors que Makhno lui-même relate sans hésiter plusieurs épisodes qui donnent un éclairage sur les activités de Maria Nikiforova. Pour un anarchiste qui a vécu cette période en Ukraine – on la retrouve également dans les mémoires du chef d’état-major du mouvement insurrectionnel makhnoviste Viktor Belash –, il est difficile de ne pas en parler : elle faisait sans nul doute partie des compagnons incontournables. A la tête d’un détachement de gardes noirs, soutenue par de nombreux ouvriers d’Alexandrovsk, ville située à côté de Gouliaï-Polié, d’où elle était originaire, mais aussi par les marins de Kronstadt, ses qualités d’oratrice autant que ses capacités pratiques installèrent rapidement sa renommée à travers tout le territoire ukrainien.

Fermement convaincue qu’il fallait approfondir le processus révolutionnaire en cours, elle n’hésitait pas en fonction des rapports de force sur place, à défier les autorités locales, même soi-disant « révolutionnaires », à exiger des contributions auprès de la bourgeoisie et des propriétaires terriens, à mener des expropriations (armes, vivres, argent et bâtiments, etc.), ce qui lui valut bientôt d’être mise au pilori des « anarcho-bandits » par le pouvoir bolchévik…