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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Brésil : nouvelles manifestations contre la coupe du monde de foot
Article mis en ligne le 16 mai 2014
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Nouvelles manifestations anti-Mondial au Brésil

AFP, 16/05/14 - 07h34

Aux cris de « Hé Fifa, retourne en Suisse ! », quelques milliers de manifestants ont bloqué la circulation jeudi dans plusieurs grandes villes du Brésil, à 28 jours du Mondial, notamment à São Paulo où des incidents ont éclaté dans la soirée.

Dans la ville du match d’ouverture du Mondial le 12 juin, la police a dispersé en début de soirée, avec des gaz lacrymogènes, un groupe de manifestants qui avaient enflammé des barricades. Des images aériennes de TV Globo montraient quelques casseurs en train de saccager un concessionnaire d’un fabricant automobile partenaire officiel du Mondial.

Au moins 20 manifestants ont été interpellés avant d’être relâchés pour 13 d’entre eux. Deux photographes de presse ont été légèrement blessés.A Rio de Janeiro et Brasilia, la police a également fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des petits groupes de manifestants.

Les anti-Mondial brésiliens avaient convoqué des manifestatations sur les réseaux sociaux pour mesurer leur capacité de mobilisation à l’approche de la Coupe du monde. Les manifestations ont réuni en tout environ 10 000 personnes à São Paulo, Rio, Brasilia, Belo Horizonte, Porto Alegre et Manaus.

Encadrées de très près par les forces de l’ordre, elles se sont déroulées très majoritairement de façon pacifique et même festive, autour du slogan « Coupe sans le peuple, me revoilà dans la rue ! ». Les principales manifestations ont eu lieu dans la mégapole de São Paulo, où plusieurs cortèges tout au long de la journée, ont réuni 6 000 personnes, selon les autorités.

Dans la matinée, quelque 3 000 membres du Mouvement des travailleurs sans toit (MTST) avaient brûlé des pneus aux abords du stade Itaquerao, où aura lieu le match d’ouverture Brésil-Croatie. A Recife (nord-est) où la police militaire (PM) est en grève depuis trois jours, certains habitants en ont profité pour piller des magasins. Plusieurs personnes ont été arrêtées.

« Fifa, go home »

A Rio, 700 manifestants, certains enroulés dans des drapeaux brésiliens, ont protesté devant la gare Central do Brasil. Ils ont brûlé un énorme billet symbolique d’entrée pour un match aux cris de « Fifa go Home ! ».

A Brasilia, 200 manifestants se sont concentrés près de la gare routière. « Dilma, écoute, pendant la Coupe, il y aura de la lutte », scandaient les protestataires. « Le peuple n’a pas accès à la Coupe et tout cet argent public aurait dû être investi ailleurs. La seule façon de changer le pays est de descendre dans la rue », a déclaré à l’AFP Karina, une étudiante de 19 ans, membre d’un groupe féministe à São Paulo.

Parmi les autres organisations ayant appelé à manifester jeudi figurent les Comités populaires de la Coupe, qui s’opposent aux entraves aux droits de l’homme dans l’organisation du Mondial, et le mouvement étudiant « Passe livre » (MPL).

Ce dernier lutte pour la gratuité des transports et avait été à l’origine de la fronde sociale masssive de juin 2013 au Brésil, en pleine Coupe des confédérations. « Il n’y a pas de quoi paniquer à l’idée d’accueillir 3 millions de touristes brésiliens et 600 000 étrangers » dans le pays pendant le Mondial, a assuré le ministre des Sports, Aldo Rebelo, dans une audience au Sénat jeudi.

La Présidente, Dilma Rousseff, a assuré de son côté, lors d’une cérémonie publique, que les Brésiliens « sauront très bien recevoir leurs visiteurs ». L’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), parrain politique de la présidente, candidate à sa réélection en octobre, a déploré que la Coupe de soit « politisée ». « Le pays est prêt pour organiser une grande Coupe du monde », a affirmé Lula, qui avait obtenu en 2007 le droit d’organiser le Mondial.
Grèves en série

La présidente Rousseff, favorite à sa réélection en octobre bien qu’en baisse dans les sondages, est confrontée à un scénario complexe à l’approche du Mondial et des élections générales d’octobre, propices à l’éclosion de grèves sectorielles.

Après une grève des conducteurs d’autobus à Rio au cours de laquelle 708 autobus ont été saccagés, apparemment par des grévistes, les professeurs des écoles publiques de Rio sont en grève depuis lundi, ainsi que les fonctionnaires du ministère de la Culture. A Recife (nord-est) les policiers militaires et agents pénitentiaires sont en grève depuis mercredi alors que la police fédérale, qui contrôle notamment l’accès aux frontières, a menacé de garder les bras croisés pendant le Mondial, avant finalement de renoncer.

En juin 2013, une fronde sociale massive avait ébranlé le pays contre les sommes colossales investies dans la construction des stades au détriment des services publics.


[Brésil] A l’attaque contre la coupe du monde et son monde – 15 mai 2014

Lechatnoiremeutier, traduit et reformulé depuis leur presse (15 et 16/05/2014)

Jeudi 15 mai des manifestations contre la coupe du monde étaient organisées partout au Brésil, notamment à Sao Paulo, Rio de Janeiro et Recife.

A Rio, plus de 1300 personnes sont descendues dans les rues, avec un gros cortège de cagoulées. L’avenida Presidente Varga, une des plus grosses artères de circulation reliant le nord de la ville au centre, a été bloqué pendant près de trois heures. Etudiants, profs et personnel de l’éducation ont rejoint la manif du soir, alors que les chauffeurs de bus, qui étaient en grève depuis deux jours, ont pu montrer leur véritable visage de jaunes en reprenant à la fois le travail et en se démarquant publiquement de l’appel à la manif contre le mondial par crainte d’être associés aux blacks blocs, ce qui nuirait à l’image de la lutte (sic !).

Alors que la plupart des manifestants commençaient à se disperser vers 19h, un groupe d’une cinquantaine de personnes cagoulées a décidé de partir en manif sauvage en direction de l’hôtel de ville, protégé par des dizaines de flics antiémeute. Quelques affrontements ont eu lieu avec les flics, qui ont bombardé le groupe de gaz lacrymogènes ; il y a eu aussi une tentative de destruction de mobilier urbain et de panneaux de signalisation. Au final, une personne a été arrêtée pour avoir été en possession d’un masque et d’un lance-pierre. La manif s’est dispersée sans autre interpellation sur les coups de 20h30.

A Recife, la manif contre la coupe du monde a été plus agitée : dans la zone sud de la ville, à Boa Viagem, des manifestant-es ont tenté de piller un supermarché Carrefour vers 19h00. Les flics en civil ont alors encerclé le magasin et tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestant-es.

A Sao Paulo, comme dans les autres villes, la journée a commencé par la mobilisation des sans-abris, syndicalistes, étudiants et enseignants, qui ont bloqué plusieurs flux routiers reliant la périphérie au centre. Vers 17h, près de 1200 personnes selon les flics de la PM commencent à se rassembler sur la Praça do ciclista. Dans le même temps, 20 personnes sont arrêtées en préventive pour port de marteaux et de cocktails molotov. Parmi elles, 13 personnes sont relâchées et les 7 autres sont retenus au commissariat du 78è district. La manif se dirige vers le stade Pacaembu à l’ouest de la ville et, au niveau de la rua da consolaçao, des pierres pleuvent sur la tête des flics, qui répliquent par des tirs de lacrymo et des coups de matraques. Des poubelles sont renversées et incendiées, un bus des transports de la ville est vidé de ses usagers sans être incendié à temps. Toujours sur cette même rue, un concessionnaire Hyundai (sponsor de la coupe du monde) est attaqué et perd ses vitres, des manifestants réussissent à s’introduire à l’intérieur et détruisent les véhicules à coups de bâtons et de graffitis. Sur l’avenue Paulista, un stand de la police militaire est retourné et recouvert de goudron, une agence de la banque Itau – également sponsor de la coupe du monde – est attaquée, ainsi que des bars et des boutiques. Dans les rues Bela Cintra et Augusta, la circulation est coupée par des barricades.