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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Turin /Milan : quatre compagnons incarcérés pour une attaque incendiaire en Val Susa [re-mis à jour]
Article mis en ligne le 13 décembre 2013
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Perquisitions et incarcérations pour activité à visée terroriste

Indy Nantes, 10 décembre 2013

Le 9 décembre à 5 heures, la DIGOS (police politique italienne) a perquisitionné l’Asilo Occupato et l’occupation de Via Lanino à Turin, ainsi que l’appartement d’un compagnon à Milan. Ils recherchaient trois personnes accusées d’avoir participé à une attaque contre le chantier du TAV en Val Susa dans la nuit du 13 au 14 mai dernier.

Les trois personnes ont été incarcérées à la prison des Vallette à Turin, où se trouvait déjà Niccolo’, quatrième personne mise en cause dans cette histoire. Tous les quatre sont accusés selon la presse « d’activité à visée terroriste ». Des nouvelles bientôt.

Leur écrire :
Chiara Zenobi
Niccolò Blasi
Claudio Alberto
Mattia Zanotti
c/o Casa Circondariale "Lorusso e Cutugno
Via Maria Adelaide Aglietta 35
10149 Torino
Italie

LBERTÉ POUR TOU-TE-S


Quelques infos supplémentaires

Selon la presse (notamment La Repubblica du 10 décembre), fidèle porte-parole du terrorisme d’Etat, l’attaque de la nuit du 13 au 14 mai 2013, vers 3h15 du matin, contre le chantier du TAV, aurait été menée par trois groupes coordonnés, de deux côtés du chantier (côté Ramat et côté route de la Clarea). Le premier groupe, composé de six anonymes, se serait chargé d’occuper les keufs avec des mortiers/fusées, des fumigènes et d’énormes pétards ("bomba carta") au portail 4, le second groupe au portail 8 faisant de même, tandis qu’à la hauteur du portail 8bis, neuf individus découpaient barbelés et grillage pour s’introduire à l’intérieur de la zone et lancer une quinzaine de molotovs contre les engins de chantier et les keufs. Le compresseur nécessaire à l’énorme taupe chargée de creuser le tunnel exploratoire, n’a pas tenu le choc et s’est consumé...
Les journaflics précisent aussi que les sorties 4, 5 et 8 avaient été verrouillées avec câbles d’acier et cadenas, empêchant les flics de garde d’effectuer une sortie contre les assaillants. Enfin, cette attaque de nuit d’une trentaine d’individus déterminés s’est déroulée par surprise, en dehors, ou plutôt à côté, des grrrrandes manifs collectives habituelles ou campings contre le Tav. Suite à cette attaque, d’ailleurs, contrairement à beaucoup d’autres sabotages, il n’y a pas eu les habituelles dissociations publiques (mais la pause ne fut que de courte durée, elles reprendront début septembre 2013, voir là). Les images des caméras de surveillance du chantier ont été diffusées par la police, on peut les voir sur youtruc ici.

Les procureur Andrea Padalino et procureur-adjoint Antonio Rinaudo (du parquet de Turin), cherchent donc à présent les auteurs du côté des anarchistes, parlant de groupes d’attaque nommés "Marmotte", "RC" (pour RadioCane) et "Trento". Les accusations sont basées sur l’écoute a posteriori des téléphones portables utilisés pour cette attaque (tel et cartes sim auraient été achetées à de faux noms à Rome et Milan et utilisées deux fois seulement, une fois le 1er mai pour les activer, et une seconde pour l’attaque, et plus jamais après), notamment sur deux expertises de reconnaissance vocale menée par la police scientifique sur les voix interceptées. Ils attribuent ainsi des rôles logistiques ("sentinelle", "coordinatrice des conducteurs", "guide", "commandement des groupes ’Marmotte’ et ’Trento’", etc.) à différentes voix de protagonistes qu’ils prétendent maintenant avoir en partie identifié.

Quatre compagnons connus pour leur participation à cette lutte en Val Susa et à bien d’autres dorment donc en prison depuis le 9 décembre : Chiara, Claudio et Nicolò (de Turin), et Mattia (de Milan), sont accusés d’ "actes terroristes avec des engins mortels ou explosifs, détention d’armes de guerre, destruction" (article 280 et suivants). Les perquisitions et arrestations ont été menées par la Digos (un appartement au moins a été placé sous séquestre judiciaire). Les journaflics affirment que les procureurs recherchent encore quatre hommes et six femmes, et qu’ils pensent que certains sms envoyés par les téléphones portables des compagnons arrêtés depuis chez eux pendant l’attaque des anonymes, n’était qu’un alibi monté avec des complices.
C’est le truc classique de la logique inquisitoriale de l’Etat : si ton portable est triangulé dans la zone d’une attaque, c’est forcément toi qui y a participé (et pas un autre utilisant ton portable, ou toi qui passait non loin), mais si ton portable est par contre triangulé loin de l’attaque ou est chez toi... tu as quand même participé à l’action (et pour le coup, c’est forcément d’autres qui l’auraient utilisé à ta place !). Dans les deux cas, les portables sont toujours une preuve à charge dans la mentalité crasse des keufs (idem sur le fait qu’ils soient allumés/éteints).
Pour finir, notons qu’à l’époque, les autorités comme Roberto Cota (Ligue du Nord), actuel président de la région Piémont, avaient déjà parlé d’ "actes de guerre", etc. etc., préparant le terrain répressif. De même, le procureur de Turin, Giancarlo Caselli, avait parlé d’ "action de guerre organisée militairement dans les détails, avec le lancé d’une quantité industrielle de molotovs".

Ni innocents, ni coupables, liberté pour toutes et tous...


ERRECÌ

"L’outil de base pour manipuler la réalité est la manipulation des mots. Si tu contrôles le sens des mots, tu peux contrôler les personnes qui doivent utiliser les mots."
Philip K. Dick

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... et eux, que vont-ils en penser ?

Le 10 décembre 2013, les journaux “la Repubblica” et “Il Fatto Quotidiano”, pour commenter l’incarcération de quatre compagnons la veille, rapportent comme d’habitude une info de préfecture de police. Ils écrivent que la poignée d’audacieux qui une splendide nuit de mai, entre le 13 et le 14, ont attaqué le chantier TAV de manière pyrotechnique dans la zone de la Clarea étaient divisés en trois groupes : “Marmotte”, “Trento” et “Rc”. Et "Rc" -ont certainement pensé les flics- qu’est-ce cela peut bien signifier, sinon l’acronyme de "Radio Cane" ?
Parbleu, mais voilà la clé pour lever deux autres mystères : "Marmotte" signifie “Montanari Anarchici Rivoluzionari Militanti Organizzati Talvolta Travolgentemente Espansivi” [Montagnards Anarchistes Révolutionnaires Militants Organisés Parfois de manière Irrésistiblement Expansive", et "Trento" veut dire "Turinois Attardés Et Pas trop Organisés". En passant, Radiocane s’écrit tout attaché, n’a pas d’acronyme et, remarqueront les plus subtils, permet que ses substantifs soient épelés d’au moins deux manières.

En accusant ces quatre compagnons d’être des terroristes, l’Etat montre pour la énième fois "Avoir la Tronche en forme de Cul" [“Avere La Faccia Come Il Culo” (Alfcic)].
Mattia est notre ami et compagnon, en plus d’être un des rédacteurs de Radiocane, et avec lui nous nous sommes réjouis en apprenant les dégâts contre des engins de chantier qui dévastent toute une vallée. Dégâts partiels par rapport à ce qu’on souhaiterait, mais tout de même révélateurs de la faiblesse de tout l’appareil militaro-policier.

Nous sommes proches de lui, comme de Chiara, Claudio et Niccolò, Giobbe, Toffo et Lollo, proches de tous ceux qui sont incarcérés et luttent à l’intérieur des prisons.
Nous continuerons le projet Radiocane avec un petit plus : un envoyé spécial dans le ventre de la bête.
Vous en entendrez de belles !

Le terroriste c’est l’Etat, toujours !

Milano, 12 dicembre 1969/2013

[Traduit de l’italien pour infos]


Premières actions de solidarité

Giulianova (Te) : la nuit du 10 au 11 décembre, les murs, les vitres et les symboles du siège du PD (parti démocrate, gauche, au pouvoir) ont été tagués. On pouvait lire : "c’est vous les terroristes", "No Tav", "liberté pour Mattia, Claudio, Nico et Chiara".

Turin : la nuit du 11 au 12 décembre, toutes les vitres de la banque Intesa Sanpaolo située corso Emilia sont défoncées, des poubelles renversées et des tags laissés un peu partout.