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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Paris : avis aux amateurs, déménagement en cours de plus de 9000 militaires
Article mis en ligne le 20 avril 2015
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Opale, le constructeur et exploitant des bâtiments du Ministère de la Défense pendant 27 années dans le cadre d’un PPP (Partenariat Public Privé), regroupe Bouygues Bâtiment Ile-de-France, Bouygues Energie et Services, Thales, Sodexo (qui s’occupera de la bouffe et tous les services dont le gardiennage/filtrage avec 500 employés sur place en permanence), Dalkia (filiale de Veolia et EDF) et trois actionnaires finances : la Caisse des Dépôts, le FIDEPPP (Fonds d’Investissement et de Développement des Partenariats Publics Privé, soutenu par le groupe des Banques Populaires et Caisses d’Epargne) et le SEIEF (South Europe Infrastructure Equity Finance, soutenu par Dexia). Il a été conçu par deux agences d’architectes (Agence Nicolas Michelin & Associés, coordonnateur de l’ensemble du projet architectural et Atelier 2/3/4/), plus Wilmotte & Associés pour un dernier bout, et les bureaux d’études Iosis et Elioth. Enfin, c’est la société ELAN (220 salariés, 11 agences régionales) qui pilote l’ "engagement énergétique" et EGIS (11 000 salariés, multinationale filiale à 75% de la Caisse des Dépôts et à 25% d’Iosis) l’ingénierie Bâtiment.

270.000 m² de bureaux et 9.300 militaires et agents.
D’avril à septembre 2015, les 9300 militaires du Ministère vont emménager sur le site de Balard, au sein de cette ville dans la ville.
Situé à l’angle du boulevard Victor et de l’avenue de la Porte-de-Sèvres, le site de Balard s’étend sur 16,5 hectares et est constitué de deux parcelles, appelées Valin (livrée en février 2015) et Victor (livrée en avril 2015).
La parcelle Est, aussi appelée Victor ou Cité de l’air, est unifiée autour d’un grand espace vert qui se substitue au parking de surface. Elle comprend près de 900 chambres consacrées à l’hébergement sur site du personnel militaire. La parcelle Ouest, aussi appelée Valin, comportera le nouveau bâtiment du ministère sur une partie centrale de cinq hectares. Deux pôles assureront la restauration chaque jour, un sur chaque parcelle. Au total, près de 7 000 repas seront préparés le midi, 500 petits-déjeuners et 500 repas le soir pourront être servis en semaine. L’un des deux restaurants sera ouvert sept jours sur sept. Le site comprend 900 places de parking sur la parcelle Ouest, en plus des 450 places en souterrain sur la parcelle Est. La parcelle Victor accueille une piscine qui sera ouverte également aux habitants du XVème arrondissement de Paris.


Les défis du Pentagone français

Les Echos, 08/04 à 11:59

Le nouveau siège du ministère de la Défense ouvre ses portes à Balard, dans le 15 e arrondissement de Paris, après trois ans de travaux. Réunissant l’état-major français et les principales directions du ministère, ce ­projet hors norme fait face à plusieurs enjeux majeurs.

Presque trop discrètement, le « Pentagone à la française » vient d’être livré par le groupement Opale, emmené par Bouygues . Une centaine de nouveaux agents et militaires arrivent sur les lieux chaque semaine et, bientôt, 500 d’entre eux viendront grossir les rangs jusqu’à l’occupation complète du site en septembre. Un déménagement mené au pas de charge, tout comme la mise en chantier du projet pharaonique. En trois ans, c’est une véritable ville qui s’est construite, avec des exigences de sécurité et de confidentialité exceptionnelles. Livré dans les délais, le centre est aujourd’hui quasiment opérationnel. Si la formule du PPP avait fait l’objet de vives polémiques au départ, elle a fini par s’imposer. N’empêchant pas plusieurs questions de rester en suspens.

. Surmonter le gigantisme du projet

Le contrat n’est-il pas trop gros ? La rapidité de l’opération joue en la faveur du mode choisi et, pour les juristes, il représente un succès à suivre pour les futurs partenariats public-privé. Côté militaire, on assure aussi que les anciens contentieux entre l’armée et le groupement Opale ont totalement disparu. « Dans le cadre de ce PPP, on a pu imposer des contraintes précises aux deux parties ; cela a permis d’éviter les dérives, notamment en terme de coût », explique l’état-major. Il est exact que le budget initial n’a pas été modifié.

. Anticiper les évolutions à venir

Christian Prévot, délégué fédéral CGT pour l’administration centrale, ne cache pas son inquiétude : « Nous avons de fortes interrogations sur le financement. Vingt-sept ans, c’est très long. Les réseaux et systèmes de communication vont évoluer au fil des années. Il faudra refaire des avenants.

Il y aura aussi forcément des renégociations s’agissant des marchés de maintenance. Et comme le prestataire se trouve dans une sorte de situation de monopole, le ministère se retrouvera affaibli pour discuter. » L’Etat devra en outre compter avec l’apparition de nouveaux besoins non prévus dans le contrat de base. Or ces derniers risquent d’être facturés au prix fort, si l’on en croit les syndicats : « Lorsque tout cela va se détériorer, il faudra payer le remplacement ! Or le mobilier ne nous paraît pas d’une très grande qualité ; certaines plaques signalétiques indiquant les bureaux se sont même déjà cassées », s’alarme Christian Prévot.

. Faire cohabiter public et privé

Au-delà de la question du financement, un sujet catalyse les appréhensions : la synergie entre personnel militaire et salariés des entreprises d’Opale sont au cœur du débat. 700 salariés des entreprises du groupement Opale travaillant en permanence sur le site vont côtoyer 500 de Sodexo , auxquels s’ajouteront 100 personnes de Thales pour l’exploitation des systèmes d’informations conçus par l’entreprise, et une centaine d’autres pour la maintenance des bâtiments.

. Garantir un contrôle drastique

Le général Patrick Paimbault, recruté par Bouygues et actuel directeur général d’Opale Défense se veut rassurant : « L’externalisation de tous les services sur un même site constitue effectivement une première. Opale et le ministère devront apprendre à s’apprivoiser. Mais nous avons la volonté de nous mettre au service du client. A terme, une quinzaine de personnes chez Opale Défense seront les interlocuteurs permanents du ministère pour régler les problèmes qui peuvent apparaître. » Et, côté militaire, pas moins d’une cinquantaine de personnes seront chargées de surveiller l’application du contrat. De manière tout aussi discrète.


Le « Balardgone », aussi cher mais plus petit que le Pentagone

Les Echos | Le 08/04 à 10:53

Le nouveau siège du ministère de la Défense, surnommé Balardgone et qui a coûté 1,7 milliard d’euros, n’a rien à envier à son homologue américain, le Pentagone.

CHIFFRES. Situé dans le XVème arrondissement de Paris, dans le quartier de Balard, le nouveau siège du ministère de la Défense français devrait voir l’achèvement du transfert des personnels du ministère d’ici à la fin de l’année 2015. La construction et la gestion de ces locaux, que l’on surnomme déjà « Le Balardgone » en référence au quartier général du département de la Défense américain, a été confiée au groupement Opale, dans le cadre du plus grand partenariat public privé (PPP) pour un bâtiment public.

1,1 milliard d’euros

C’est qu’ont coûté les travaux de rénovation et de construction de l’espace Balard. Si sont inclus les coûts d’investissement, les coûts de remboursement de crédit et l’évaluation des coûts de fonctionnement, la note atteint les 3,5 milliards d’euros. Selon les modalités du PPP mis en place entre l’Etat français et le groupement Opale, la redevance sera de 154 millions d’euros annuels pendant 30 ans. Le Pentagone, construit dans les années 1940, a coûté à l’Etat américain 83 millions de dollars. Selon les cours de 2015, cela reviendrait à 1,3 milliard de dollars, soit 1,19 milliard d’euros.

3 ans de travaux

En 2010, l’Etat français lance un appel d’offre pour créer le Balardgone, c’est le géant du BTP, Bouygues Construction qui le remporte. Les premiers travaux débutent en 2012. La livraison, initialement prévue en 2014 , n’aura lieu qu’au cours du deuxième trimestre 2015. La construction du Pentagone a débuté, elle, le 11 septembre 1941, et s’est achevée le 15 janvier 1943, soit à peine un an et demi plus tard.
270.000 m2 de bureaux

Accueilleront, dès l’année 2015, les 9.300 militaires et civils attendus sur les 3 parcelles de 16,5 hectares du Balardgone. 26.000 personnes travaillent, elles, dans les 620.000 m2 de bureaux que compte le Pentagone.

1350 places de parking

900 places de parking ont été construites en plus de la rénovation des 450 places déjà présentes sur le site, le Balardgone pourra donc accueillir 1350 véhicules, dont on ignore le nombre d’électriques . Certes, la culture américaine de l’automobile n’est pas la même, mais le Pentagone peut en accueillir 8.770. Il est cependant moins bien desservi que sa (petite) réplique française, seuls 3 bus et deux lignes de métro s’y rendent, contre 2 lignes de tramway, une ligne de métro et une de RER pour le Balardgone.