Feu à volonté !

«Les enseignants de la CNT [Vignoles] ne prônent pas bien sûr les incendies de voitures ni de bâtiments publics, mais ils ne prônent pas non plus la résignation».
CNT Vignoles, 6 novembre

«Cette flambée de violence est stérile. Brûler les voitures de ses propres parents ou voisins, brûler des autobus qui desservent les quartiers populaires, saccager des écoles maternelles témoigne de la part de ceux qui le font d’une absence de conscience sociale et de solidarité. (...) Les travailleurs n’ont pas à se réjouir de la forme que prend cette explosion, et pas seulement parce qu’ils sont les premiers à en souffrir».
Arlette Laguiller, édito des bulletins d’entreprise de LO, 7 novembre

«Monsieur le Président, je souscris à vos propos de rétablir l’ordre. La société française est en dérive. La République est menacée. On voit poindre des germes de guerre civile. Il n’y a pas à hésiter : rétablir l’ordre est une priorité. Tous les responsables politiques, de gauche comme de droite doivent parler d’une même voix. L’heure est au rassemblement républicain pour éradiquer la gangrène, la barbarie, la sauvagerie».
André Guérin, député-maire PC de Vénissieux, 7 novembre

«Ils [les émeutiers] s’en prennent à leur environnement immédiat, dans une attaque parfois autodestructrice. Les attaques d’écoles, si elles vont encore plus aggraver les conditions de vie des habitants des quartiers, en disent long sur la perception d’une institution, qui évoque plus à certains jeunes de quartier la reproduction sociale, et une antichambre du chômage, que des outils d’émancipation»
Coordination des groupes anarchistes (liaison Seine St Denis), 9 novembre

«Oui il y a des raisons de se révolter, mais brûler des voitures (appartenant à des personnes parfois aussi pauvres), frapper au hasard ne fait que du tort. (...) La Fédération anarchiste tient à témoigner son soutien aux habitants des quartiers victimes de la violence sociale de certains émeutiers comme celle de la police».
Fédération anarchiste, 10 novembre

«Parce que les jeunes n’ont plus de perspectives, il ne leur reste plus que l’autodestruction. Comme dans une logique suicidaire, ils s’en prennent d’abord à ce qui les entoure : personnes, institutions (écoles, etc.), objets matériels (voitures, etc.)»
No Pasaran, 11 novembre

«Les violences sont auto-destructrices. Elles nuisent essentiellement à ceux dont elles dénoncent l’exclusion. Faire cesser les violences, qui pèsent sur des populations qui aspirent légitimement au calme, est évidemment nécessaire»
Communiqué commun ATTAC, FA, CGT, GISTI, Les Verts, LO, MJS, PCF, etc., 13 novembre


[Extrait de "Cette Semaine" n°88, mars 2006, p.10]