Revenir aux brèves

Actions directes

Afrique

Allemagne

Amérique du Sud

Antifascisme

Asie

Australie

Belgique

Canada

Ecoles

Espagne

Etats-Unis

Europe

Faux-amis

Grèce

Italie

Keufs, juges, contrôleurs, militaires, journalistes...

Libération animale

Monde

Moyen/Proche-Orient

Notes critiques

Nuisances et Technologies

Parutions

Pays-Bas

Prisons & Centres de rétention

Publicité

Repression et Propagande policiere

Réacs de tous poils

Russie/Ukraine/Biélorussie

Solidarité(s)

Squats

Suisse

Turquie

Revenir à Cette Semaine

Maroc : Violentes émeutes estudiantines à Marrakech
(Le 16 mai 2008)

Violentes émeutes estudiantines à Marrakech

La cité universitaire de Marrakech renoue avec les tensions et pour de bon. Mercredi 14 mai 2008, en début d’après-midi, les étudiants pensionnaires de cet établissement projetaient d’organiser une marche vers la présidence de l’Université Cadi Ayyad pour soumettre une série de revendications.

Entre 15 et 17 heures, indique une source sur place, les forces de l’ordre, rameutées en nombre, ont essayé de contenir les étudiants pour empêcher ladite marche. « Cela a dégénéré quand les étudiants ont commencé à jeter des pierres aux forces de l’ordre », affirme une source sur place. Les éléments de police et des forces auxiliaires, évalués à quelque 1.000 personnes, ont alors fini par donner l’assaut. Une intervention d’une rare violence, selon une source estudiantine, où les policiers n’ont pas lésiné sur les moyens : matraques, mais surtout bombes lacrymogènes et balles caoutchoutées. Plusieurs étudiantes, évanouies, ont été transférées à l’hôpital. La police a fini par réunir quelque 800 étudiants pour « faire le tri ». Et acheminer une centaine d’étudiants dans les locaux de la police judiciaire où ils seront longuement interrogés. En fin de compte, les étudiants ont été libérés pour la plupart tard dans la nuit. A l’exception, affirme une source informée, de sept étudiants qui seront déférés devant le Parquet, dont un des meneurs, un étudiant originaire de Kelâat Sraghna.

Selon des sources sécuritaires, des étudiants cagoules ont également jeté des cocktails Molotov sur les éléments des forces de l’ordre et auraient même prévu le recours à des bonbonnes de gaz piégées. Selon les mêmes sources, il aurait même été question de drapeau national brûlé. Pour les dégâts humains, on déplore plusieurs blessés dans les rangs des étudiants. Alors que des sources estudiantines parlent d’un étudiant sérieusement blessé et dont la vie serait en danger. Selon les mêmes sources, ce dernier aurait été « balancé » du toit du troisième étage par des éléments des forces de l’ordre. Des dégâts, il y en a eu beaucoup, précisent nos sources. A commencer par la cité universitaire, dont les équipements avaient été saccagés par les étudiants et l’intervention des forces de l’ordre. En plus de quelques commerces avoisinants et surtout d’un café qui a été sérieusement endommagé. C’est que, explique une source sécuritaire, de jeunes habitants des quartiers avoisinants s’étaient joints aux étudiants pour attiser les affrontements.

Des sources sécuritaires affirment également que l’intervention des forces de l’ordre visait essentiellement la protection des riverains de tout acte de sabotage, mais aussi et surtout éviter que se reproduisent des événements similaires à ceux de l’« Intifada » du 25 avril dernier. Que revendiquent les étudiants de Marrakech ? Rien de bien extraordinaire, en fait. Juste l’amélioration de leurs conditions de vie dans la cité universitaire, desserrer l’étau policier imposé à cette dernière, la réintégration des étudiants qui ont été expulsés et la démission du doyen de la faculté de droit D’ailleurs, le président de l’Université a prévu une conférence de presse, vers la fin de l’après-midi de jeudi, pour se prononcer sur ces événements au moment où les étudiants ont fui la cité universitaire, devenue déserte depuis.

Source : Le Soir Echos, le 16.05.2008 | 12h17

http://www.yabiladi.com/article-societe-2450.html

**********

18 étudiants écroués à Marrakech

Dix-huit étudiants de l’Université de Marrakech ont été écroués suite aux événements de mercredi et jeudi derniers. Un policier, ayant fait usage de son arme, se trouve toujours hospitalisé.

Les choses se compliquent à Marrakech suite aux violentes émeutes de mercredi et jeudi derniers à l’Université Cadi Ayyad. Selon des sources sur place, pas moins de 18 étudiants ont été présentés devant le juge d’instruction près la cour d’appel de la ville ocre. Le magistrat, qui a décidé de les placer en détention, les a poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, dont celui d’ « incendie volontaire », d’outrage et violence à l’encontre des forces de l’ordre.

Les 18 étudiants avaient été arrêtés en deux vagues. Si le premier groupe avait fait l’objet d’une arrestation après la rafle de mercredi dernier dans l’enceinte de la cité universitaire, le deuxième groupe d’étudiants a fait les frais d’un piège policier lors duquel un élément des forces de l’ordre a failli laisser la vie, jeudi dernier. Le policier s’était en effet retrouvé face à un groupe d’émeutiers dans un terrain vague de l’arrondissement Annakhil et n’a eu la vie sauve qu’après usage de son arme à feu. Grièvement blessé, il a été hospitalisé dans un établissement de la ville où il a dû subir une intervention chirurgicale d’urgence. Selon des sources sur place, il a été victime notamment de coups que lui auraient assenés des étudiants à l’aide d’une barre de fer.

Selon les mêmes sources, neuf des dix-huit étudiants arrêtés risquent encore des poursuites pour d’autres motifs, puisqu’ils auraient brûlé le drapeau lors des événements de mercredi dernier. Il s’agirait, pour ces derniers, d’étudiants issus des régions du Sud, dont une fille.

Outre le policier grièvement blessé lors des affrontements de jeudi dernier, c’est le parquet de Marrakech qui a pris sur lui de démentir, de manière officielle, le décès d’un étudiant comme l’avaient annoncé « certains journaux », selon les termes du communiqué de la justice. Toutefois, apprend « Le Soir échos », ledit étudiant, tombé (ou balancé ?) du troisième étage de la cité universitaire, est toujours dans un état comateux, dans un hôpital de la ville.

Les affrontements entre les forces de l’ordre et les étudiants se dont déclenchés quand les premières, mercredi dernier en début d’après-midi, sont arrivée en imposants renforts pour empêcher une marche que les étudiants voulaient organiser vers la présidence de l’université, pour soumettre une série de revendications aux responsables, dont l’amélioration de leurs conditions de logement, la réintégration d’étudiants expulsés et le départ du doyen de la faculté de droit, accusé d’être la source de plusieurs problèmes.

Les forces de l’ordre avaient en effet réussi à contenir, pendant deux heures, les étudiants encerclés au sein de la cité universitaire. Quelques heures, et des jets de pierre plus tard, la police donne l’assaut contre les locaux occupés par les manifestants et entame ce que des sources estudiantines qualifient de « vrai carnage ». Les affrontements ne se limiteront pas à la cité universitaire, mais déborderont sur le voisinage où avaient été constatées des scènes de vandalisme.

Le lendemain, malgré une cité universitaire désertée par les étudiants, les affrontements ont repris jeudi, mais avec moins d’intensité que le jour précédent, au moment où la police continuait à rechercher des émeutiers.

Pire encore, le même jeudi, la tension a atteint l’Université Mohammed Ben Abdallah de Fès où les étudiants, en solidarité avec leurs camarades de Marrakech, ont sillonné les quartiers voisins. Les forces de l’ordre, elles, ont préféré se faire discrètes et évacuer les lieux pour éviter tout embrasement.

Source : Le Soir Echos, le 19.05.2008 | 14h26

Suivant
Imprimer l'article