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135 blessés dans un violent assaut de « clandestins » à Melilla
(Le 4 octobre 2005)

135 blessés dans un violent assaut de « clandestins » à Melilla

Le Quotidien d’Oran, 4 octobre 2005

Quelque 650 clandestins d’Afrique subsaharienne, munis d’échelles artisanales, parfois armés de pierres, ont pris d’assaut, hier à l’aube, la double barrière métallique marquant la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Melilla.

Cette nouvelle infiltration massive d’immigrés clandestins, d’une violence « inédite », s’est produite dans l’enclave espagnole de Melilla, par un secteur de la frontière réputé infranchissable. Cet assaut, similaire à celui qui a causé cinq morts le 29 septembre à Ceuta, autre enclave espagnole du nord marocain, a fait 135 blessés dont cinq dans un état grave.

Environ 350 d’entre eux ont réussi à la franchir à un endroit où elle avait été surélevée de trois à six mètres. Les immigrants clandestins sont parvenus à abattre une portion de la clôture métallique séparant le Maroc de l’enclave espagnole de Melilla.

A priori très déterminés à rejoindre l’autre côté de la frontière, les immigrés ont fabriqué des échelles artisanales hautes du double de celles qu’ils utilisaient auparavant. Selon un communiqué de la préfecture de Melilla, les immigrants ont démontré une agressivité et une virulence inédites. « Ils ont lancé de nombreuses pierres contre les forces de sécurité affectées à la surveillance de cette frontière, selon ce communiqué. Sept agents espagnols ont été blessés, dont un grièvement, un garde civil hospitalisé pour un traumatisme crânien après avoir reçu une pierre. Sur les 135 blessés, en majorité des immigrants, 130 l’ont été légèrement, cinq ont été hospitalisés pour des fractures ou des plaies ouvertes.

« Le centre de soins est débordé. J’y ai vu des dizaines de blessés ainsi qu’au commissariat de police », a déclaré un membre de l’ONG « Association pour les droits de l’enfance », joint depuis Rabat par l’AFP. « De ce que j’ai vu, ils ont été blessés par des coups de matraque et de crosse de fusil », a-t-il ajouté. Les autorités espagnoles n’ont pas précisé les moyens employés pour repousser l’assaut. Les autorités marocaines ont confirmé hier l’infiltration de nombreux subsahariens dans Melilla et ont indiqué avoir arrêté 131 personnes lors de l’assaut contre la clôture, au niveau dit Barrio Chino. Selon les autorités de Nador, ville marocaine jouxtant Melilla, 12 clandestins, tous ressortissants de pays subsahariens, ont été légèrement blessés. Pour faire face aux assauts répétés des immigrés, 1.300 agents marocains, relevant de la Gendarmerie royale et des Forces auxiliaires, ont été mobilisés, a ajouté cette source.

Hier, les autorités marocaines menaient une vaste campagne de ratissage près de Melilla contre les immigrés subsahariens dont « l’agressivité inquiète de plus en plus les habitants de la région de Nador », a indiqué l’AFP. Les autorités de Nador ont arrêté dans la journée d’hier 131 immigrés et ratissaient les collines boisées surplombant Melilla, que les milliers de subsahariens infiltrés au Maroc rêvent d’atteindre pour gagner l’Europe. « Ils étaient calmes, mais depuis le début de l’été, ils se sont organisés en bandes de 10 à 15 personnes prêtes à tout. C’est dans les campagnes avoisinantes que leur présence inquiète le plus », assure à l’AFP Mhamed Boutaybi, un fermier marocain de Nador.

« Si par le passé ils ne demandaient que de l’eau et de la nourriture aux paysans, ils se font maintenant de plus en plus menaçants », selon M. Boutaybi, qui affirme que de temps en temps des groupes de clandestins agressent des habitants.

« Ce ne sont pas les immigrés qui ont commencé le cycle de violence », répond Chakib Khiari, militant de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Nador. « En plus, ils sont de plus en plus victimes d’actes xénophobes », affirme-t-il. Le mois dernier, un hebdomadaire marocain de Tanger (nord) a été retiré des kiosques après la publication d’un article qualifiant de « criquets noirs » les Africains qui tentent d’émigrer clandestinement vers l’Europe à partir du Maroc. Quatre jours après le drame de Ceuta, cette nouvelle « avalanche » démontre que les renforts de 1.600 hommes côté marocain et de 480 militaires espagnols déployés aux frontières de Melilla et Ceuta n’ont pas entamé la détermination des candidats africains à l’eldorado européen. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, s’était voulu optimiste jeudi, estimant que ces infiltrations « conjoncturelles » cesseraient à la fin de l’élévation des clôtures métalliques, dans les prochains mois. Le ministère de l’Intérieur s’était félicité dimanche d’une meilleure efficacité des mesures de contrôle des frontières, où 7.716 immigrants clandestins ont été interpellés de janvier à juin 2005, soit 66,3% de plus que sur la même période de 2004. L’assaut de lundi à Melilla est pourtant le troisième dans cette enclave depuis le 27 septembre : 300 clandestins sur un millier avaient franchi la frontière en deux vagues.

Plus de 12.000 tentatives de passage ont été recensées depuis le début de l’année dans le secteur frontalier de Melilla, où trois immigrants sont décédés en août dans des circonstances controversées. Des enquêtes marocaine et espagnole se poursuivent pour déterminer l’origine des tirs qui ont tué quatre des cinq personnes de jeudi à Ceuta. Aux drames terrestres s’ajoutent ceux de la mer : trois clandestins sont morts ce week-end et 14 portés disparus après le chavirement de leur barque de fortune près de l’archipel espagnol des Canaries.

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par Georges Abou, RFI (avec AFP) Article publié le 06/10/2005

Melilla : nouvelle tentative d’assaut

Les efforts conjugués des forces de l’ordre marocaines et espagnoles ont mis en échec la nouvelle offensive des candidats à l’immigration clandestine vers l’Union européenne. Pour la troisième fois cette semaine, Melilla a été la cible d’un assaut, jeudi à l’aube.

C’est la seconde tentative de passage en force en 24 heures et la troisième cette semaine. Selon la presse espagnole, vers 3 heures TU, environ un millier de candidats à l’immigration clandestine ont tenté de franchir les barrières de protection de Melilla l’espagnole. La préfecture de Nador, la ville marocaine proche d’une douzaine de kilomètres, estime qu’ils étaient quelque 400. Aucun n’a réussi à passer, indique la radio espagnole Cadena Ser qui précise que « les forces marocaines et espagnoles ont réussi à les freiner avec un important matériel anti-émeutes ». La préfecture marocaine confirme que l’assaut a été massif, mais un responsable a certifié à l’AFP qu’« ils ont échoué à la suite d’une intervention importante et rapide des forces de sécurité marocaine ».

A la mi-journée, jeudi, la préfecture de Nador annonçait « jusqu’à présent l’arrestation de 200 personnes ». De son côté, le président de l’enclave autonome espagnole, Juan José Imbronda, se félicitait de la collaboration des forces marocaines dans cette opération.

Huit morts depuis le début de l’été

Mercredi, une précédente tentative avait eu lieu. Quelque 500 personnes s’étaient également ruées sur les barrières de Melilla et 65 d’entre elles avaient réussi à passer. Lundi, ils étaient quelque 650 à tenter de passer en force la frontière de Melilla. Environ 135 personnes, dont 7 soldats et policiers, ont été blessées. Il y a huit jours, à Ceuta, un assaut sur la barrière s’était soldé par la mort de 5 migrants, tués par balles. Ceux qui échouent, c’est-à-dire la plupart, retournent dans les forêts des environs où ils vivent depuis des mois ou des années parfois, en attendant des jours meilleurs. Depuis le début de l’été, huit immigrants sont morts dans cette zone lors de circonstances semblables.

Dans ce dossier, l’Espagne, avec ses deux enclaves africaines, constitue l’un des principaux postes avancés de la lutte européenne contre l’immigration clandestine en provenance d’Afrique sub-saharienne. C’est précisément dans cette région du détroit de Gibraltar que les côtes africaine et européenne sont les plus proches. Et pénétrer à Ceuta ou Melilla assure au candidat à l’immigration un examen administratif de son dossier, selon les critères européens. D’autre part, cette porte de l’Europe ouvre sur le vaste et fameux « espace Schengen »*, dont l’Espagne est l’un des 16 pays membres (13 membres de l’UE et 3 pays associés), et qui garantit sur son territoire la (relative) libre circulation des citoyens.

Les Espagnols en première ligne

Or, avec la multiplication des tentatives au cours de ces derniers mois, les méthodes de plus en plus offensives employées par les candidats, avec la liste des victimes qui s’allonge à mesure que croissent l’exaspération et le désespoir, enfin avec des débats européens toujours plus vifs sur les questions migratoires, ce dossier prend tout à coup une ampleur considérable. Les autorités espagnoles, en première ligne, envisagent d’adopter des mesures d’exception ou de raviver des accords conclus voici une douzaine d’années.

En visite à Ceuta et Melilla, la vice-présidente du gouvernement espagnol a confirmé son intention de rapatrier les clandestins vers le Maroc. Maria Teresa Fernandez de la Vega n’a pas donné de précision sur le nombre, ni sur la nationalité des personnes concernées. Elle a indiqué que « le travail de coopération entre l’Espagne et le Maroc va s’activer à partir de maintenant » et que Madrid « va poursuivre une politique de coopération avec le Maroc en réactivant l’accord de 1992 de rapatriement d’immigrants », un accord quasiment tombé en désuétude. Rabat n’avait pas réagi en fin d’après-midi.

« Elever la clôture, en installer une nouvelle »

De son côté le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé que son pays était sur le point de finaliser des accords de rapatriement avec le Mali et le Ghana pour y renvoyer leurs ressortissants entrés clandestinement en Espagne. Des accords similaires ont déjà été conclus avec l’Algérie, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Nigeria et le Maroc. D’autre part, M Zapatero compte bien interpeller ses collègues européens sur la question, lors du conseil des 27 et 28 octobre pour « souligner(…) la nécessité urgente que l’Union appuie plus activement le Maroc » dont il a rappelé les efforts de coopération dans ce dossier. Il a aussi annoncer le renforcement du dispositif de protection local : « nous sommes en train d’élever la hauteur de la clôture, nous allons en installer une nouvelle », a déclaré M. Zapatero.

Mais il a également pointé les faiblesses du système. Evoquant il y a quelques jours la multiplication des assauts sur les enclaves et les tragiques événements qui les accompagnent, le chef du gouvernement espagnol a reconnu qu’« une plus grande efficacité attise peut-être le désespoir ». Mais il a également estimé que « l’horizon sera difficile pour les prochaines années si l’ensemble de l’Union européenne ne se met pas à faire sérieusement un effort spécial d’aide à ces pays ». Le comblement du fossé entre pays riches et pauvres « était l’un des objectifs fondamentaux du processus de Barcelone, mais il a continué à se creuser », a reconnu le Premier ministre espagnol. Et l’appel qu’il lance à l’Union européenne, dans la perspective du sommet euroméditerranéen de la fin novembre, pour que l’UE change son regard sur l’Afrique, ressemble fort à un SOS.

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jeudi 6 octobre 2005, par Olivia Marsaud
http://www.afrik.com/article8850.html

Maroc-Espagne : le sort des immigrés clandestins s’aggrave

Après les assauts des Africains, la répression s’abat

Après les différents assaut d’immigrés clandestins africains, à Melilla et Ceuta, les deux enclaves espagnoles au Maroc, les autorités marocaines réagissent. Arrestations, ratissages, mais aussi transport de certains des Africains à la frontière maroco-algérienne. Un jeune Sénégalais témoigne. Jeudi matin, RFI faisait état du transfert à la frontière maroco-algérienne de centaines d’immigrés, arrêtés après les récents assauts contre les enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta, au Maroc. Une information confirmée par Ousmane, un jeune Sénégalais de 26 ans, qui affirme se trouver en plein désert depuis 5 jours avec à peu près 500 compagnons d’infortune. Il a pu être joint sur son portable, qu’il recharge avec des piles. « Nous ne savons pas où nous sommes exactement mais nous sommes très loin des premiers villages marocains ou algériens. Comme nous n’avons presque rien à manger et à boire, 15 d’entre nous sont déjà morts depuis ces 5 jours. Nous avons des réserves de pain que nous mangeons petit à petit. Les militaires algériens refusent qu’on passe la frontière. Il y a parmi nous des femmes, des vieux, des mineurs. Ils viennent du Mali, de Côte d’Ivoire, de Guinée, du Sénégal, du Congo... Comme plusieurs d’entre nous ont des portables, on a joint nos ambassades en se regroupant par pays mais elles nous ont dit qu’elles ne pouvaient rien faire ! Alors on essaie de faire passer des messages dans les médias, chez nous, au pays, d’attirer l’attention. »

La vie d’un clandestin

Ousmane a été interpellé à Ceuta, lors d’une tentative d’assaut. « On nous a jeté en prison dans une ville, on ne sait pas où. Puis ils nous ont embarqués dans de grands camions et jetés ici. » L’initiative de cet assaut serait venue « de ceux qui ont le plus souffert ». « Certains errent dans la région depuis 6 ans, c’est très dur. Ils n’ont rien à perdre. Ils survivent dans les bois entre le Maroc et l’Espagne. » Une expérience qu’il a aussi vécu, à Ceuta. « Nous dormons dans les fourrés mais chaque semaine, des policiers viennent nous chercher. On est obligés de se cacher. On descend avant la nuit au village, qui se trouve à 7 km, pour chercher de la nourriture. Parfois, grâce à des amis rentrés au pays, nous recevons 10 ou 20 euros qui nous permettent d’acheter des vivres. Mais nous sommes attaqués par tous, même les clochards marocains essaient de nous voler ! Les policiers marocains, et surtout espagnols, sont très méchants et brutaux. Quand ils t’attrapent, ils te frappent sans relâche. »

Cela fait 3 ans qu’Ousmane a quitté sa Casamance natale pour le grand voyage vers l’Europe. « Au Sénégal, mes parents sont morts à cause de la rébellion casamançaise. Là-bas, je n’ai rien, je ne suis rien, je souffre trop. On était cinq amis et frères à partir mais trois d’entre nous ont rebroussé chemin. J’ai fait le chemin à pied, parfois en trouvant des moyens de locomotion, c’est pour ça que j’ai mis autant de temps à arriver au Maroc. » Ousmane a passé 6 mois dans les alentours de Melilla puis 4 mois à Ceuta, avant de tenter le tout pour le tout. Aujourd’hui, il est désemparé et espère que l’ambassade du Sénégal fera un geste. Pour le moment, aucune représentation diplomatique africaine n’a réagi aux assauts de ces derniers jours. Ni au sort des ressortissants subsahariens. Selon Le Quotidien d’Oran, plus de « 12 000 tentatives de passage ont été recensées depuis le début de l’année dans le secteur frontalier de Mellila ».

Brutalités policières

Jeudi matin, un assaut manqué a eu lieu dans un centre de transit de candidats à l’immigration à Melilla, enclave espagnole du nord du Maroc. « Près de cinq cents Subsahariens illégaux sont montés à l’assaut à partir du point Rostrogordo, mais ont échoué à la suite d’une intervention importante et rapide des forces de sécurité marocaines », a déclaré à l’AFP un responsable de la préfecture. Mercredi, une vingtaine de clandestins et deux agents de la garde civile espagnole avaient été blessés alors qu’un demi-millier d’Africains tentaient de forcer le double grillage métallique qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole. 65 d’entre eux avaient alors réussi à s’infiltrer après avoir échappé aux bombes lacrymogènes et aux balles en caoutchouc utilisées par les forces de sécurité.

Deux jours plus tôt, Melilla, porte d’entrée vers la péninsule ibérique, était déjà le lieu d’une épreuve de force qui a fait 131 blessés parmi les quelque 700 clandestins ayant participé à l’action. 350 d’entre eux avaient réussi à franchir la clôture métallique. Et le jeudi 29 septembre, l’assaut de 500 personnes avait fait 5 morts. On pourrait ainsi remonter le calendrier macabre jusqu’au mois d’août dernier où plusieurs assauts du même ordre avaient eu lieu. Le précédent d’ampleur similaire remontait alors à août 2004. Face à cette situation, le Royaume chérifien veut se montrer exemplaire. Rabat a annoncé avoir interpellé 130 Noirs Africains ce week-end et mobiliser plus de 8 500 agents de sécurité dans la région. Sans compter une intensive campagne de ratissage qui a débuté lundi.

Depuis le 29 septembre, 666 candidats à l’émigration clandestine ont été arrêtés par les autorités marocaines, ce qui porte à 5 883 personnes le nombre total des immigrés clandestins interpellés depuis le début de l’année. Médecins sans Frontières dénonce, jeudi, les violences dont sont victimes les immigrés en transit de la part des forces de l’ordre marocaines et espagnoles. Un rapport établi par sa section espagnole souligne que ces immigrés sont victimes de blessures par balle, de coups, de harcèlement à l’aide de chiens, de jets de gaz lacrymogènes et de destruction de leurs biens.

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Melilla : nouvelle vague d’expulsions vers le Maroc

Samedi 8 Octobre 2005

Une centaine d’émigrés clandestins ont été expulsés de l’enclave espagnole de Melilla pour le Maroc. L’armée marocaine compte ériger un mur et autour de Melilla .

Une centaine d’émigrés africains ont embarqué samedi 7 octobre à l’aéroport de Melilla dans deux avions qui devaient les conduire vers Malaga, dans le sud de l’Espagne, d’où ils devaient être expulsés vers le Maroc. Accompagnés par une cinquantaine de policiers espagnols et menottés, ils sont montés à bord de deux appareils affrétés par le gouvernement. Madrid devait remettre au Maroc ce groupe d’émigrés africains qui étaient entrés clandestinement dans l’enclave espagnole de Melilla, une ville située au nord du Maroc. Les émigrés, pour l’essentiel des ressortissants maliens, devaient embarquer dans un bateau en direction de Tanger, au nord du pays.

Accord de rapatriement

Un premier groupe de 73 émigrants africains avait été expulsé jeudi soir de Melilla vers le Maroc. L’expulsion a été organisée en vertu d’un accord de rapatriement de clandestins signé en 1992 par l’Espagne et le Maroc, un accord qui n’avait presque jamais été appliqué. Une partie de ces 73 émigrants n’ont pas été expulsés vers le Maroc mais conduits dans des centres d’accueil pour émigrés sans papier en Andalousie, dans le sud de

l’Espagne.

Le quotidien espagnol El Mundo, affirme pour sa part que 50 émigrants ont déjà été expulsés vendredi de Melilla dans deux avions vers Algesiras, d’où ils ont été refoulés vers le Maroc par la voie maritime. El Mundo indique également que 50 autres immigrés allaient être refoulés samedi de la même manière. Actuellement, plus d’un millier d’émigrés d’Afrique subsaharienne s’entassent dans le centre d’accueil temporaire d’immigrés (Ceti) de Melilla, après avoir réussi à franchir la double barrière métallique qui sépare l’enclave espagnole du Maroc.

Mur

L’armée marocaine compte ériger un mur et creuser un fossé autour d’une partie de l’enclave espagnole de Melilla pour empêcher les émigrants africains de s’infiltrer dans la ville, selon un officier de gendarmerie sur place. "Les soldats ont commencé à débroussailler le terrain et vont construire un mur et creuser un fossé de trois mètres de profondeur et d’1,5 mètre de largeur autour de l’enclave", a-t-il affirmé. Les forces de sécurité marocaines ont multiplié les opérations de ratissage dans les forêts autour de Melilla en réaction aux assauts répétés d’émigrants qui tentent de gagner l’Europe afin de fuir la misère et la guerre dans leur pays.

Dignité humaine

Devant la levée de bouclier des ONG, l’Espagne et le Maroc cherchent à rassurer l’opinion. "Le Maroc est soucieux du respect de la dignité humaine dans la lutte contre l’émigration clandestine et agit dans la stricte observation des normes internationales en vigueur", a déclaré le ministre de la Communication marocain et porte-parole du gouvernement Nabil Benabdellah. "Le Maroc est lui-même victime de cette émigration clandestine et notre voisin l’Algérie doit également assumer sa part de responsabilité", a poursuivi le porte-parole. Nabil Benabdellah réagissait à l’annonce par Médecins sans Frontières (MSF) de la localisation de "plus de 500 immigrants abandonnés à leur sort dans le désert du sud du Maroc après avoir été expulsés" de Ceuta et Melilla, les enclaves espagnoles du nord du Maroc. L’ONG avait indiqué que, "selon le récit des immigrants, la police marocaine les a conduits en bus et en camions jusqu’à cette zone, située à 600 km au sud d’Oujda (...) après leur expulsion par la garde civile depuis Ceuta et Melilla". MSF a indiqué avoir traité plus de 50 blessés à Bouarfa.

Violences policières

MSF estime que "la restitution des immigrants, telle que l’ont décidée l’Espagne et le Maroc, vers un pays qui n’a pas de capacités minimales d’accueil, viole l’article 3 de la Convention contre la Torture". MSF dit avoir soigné plus de 50 personnes qui présentaient des blessures dues à des chutes et à des violences policières. L’ONG espagnole SOS Racismo affirme que "depuis quelques semaines" d’autres immigrants sont également déplacés vers la frontière avec la Mauritanie car "c’est plus loin, alors que ceux qui sont à la frontière avec l’Algérie reviennent à pied pour retenter leur chance".

Agitation diplomatique

Le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos est attendu lundi au Maroc "pour aborder plusieurs thèmes de coopération". Depuis le début cet été des tentatives de passage en force massive à Ceuta et Melilla, 14 émigrants au total ont trouvé la mort.

Le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) est pour sa part en "consultations étroites" avec l’Espagne et le Maroc. "Nous préparons une mission qui ira très bientôt au Maroc", a déclaré à Genève le chef du HCR, Antonio Guterres.

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dimanche 9 octobre 2005, 18h48

Le Maroc s’apprête à expulser vers Dakar plusieurs centaines de clandestins sénégalais

OUJDA, Maroc (AP) - Les autorités marocaines, en accord avec l’ambassade du Sénégal à Rabat, s’apprêtent à expulser plusieurs centaines de clandestins sénégalais, a-t-on appris dimanche de source gouvernementale.

"Cinq cents à six cents ressortissants sénégalais illégaux sont actuellement en route vers Oujda (nord-est du Maroc) d’où ils prendront l’avion demain (lundi) en direction de Dakar", précisait-on de même source. Il s’agit de Sénégalais candidats à l’immigration clandestine interpellés par les forces de sécurité marocaines dans plusieurs régions du Maroc, principalement dans le nord du pays.

C’est le premier rapatriement de ce genre opéré par le Maroc. D’ordinaire, les clandestins interpellés étaient invariablement reconduits à la frontière avec l’Algérie, qu’ils avaient franchie pour pénétrer en territoire marocain.

L’organisation de ces rapatriements a été confiée à l’Office des migrations internationales et à la Fédération internationale du Croissant rouge qui sont notamment chargés d’affrêter les avions qui ramèneront les clandestins au Sénégal.

Des négociations sont actuellement en cours entre les autorités marocaines et plusieurs autres pays africains afin de trouver un accord pour l’expulsion de plusieurs centaines d’autres illégaux originaires d’Afrique sub-saharienne vers leur pays d’origine.

Par ailleurs, les forces de sécurité marocaines poursuivaient dimanche les opérations de ratissage entamées depuis une quinzaine de jours dans la région de Nador, autour de l’enclave espagnole Melilla.

Depuis le début de l’année, près de 7.000 clandestins ont été interpellés dans cette région du nord-est du Maroc, selon les chiffres communiqués quotidiennement par la wilaya (préfecture de Nador).

De son côté, l’Espagne a décidé mercredi de renvoyer au Maroc les candidats à l’immigration en Europe à la suite des assauts groupés de ces dernières semaines sur ses enclaves de Melilla et Ceuta.

Les clôtures protégeant les deux enclaves espagnoles ont été prises d’assaut à plusieurs reprises par des centaines de candidats à l’immigration vers l’Europe. Ces tentatives groupées ont permis à quelques centaines de personnes de passer mais ont aussi coûté la vie à plusieurs clandestins depuis août.

Samedi, Amnesty International a accusé les autorités espagnoles de violer les conventions des droits de l’Homme en expulsant les clandestins entrés dans les deux enclaves. Le directeur de l’organisation pour l’Espagne, Esteban Beltran, a expliqué que les immigrants étaient expulsés sans que les autorités les aient identifiés et vérifié s’ils pouvaient prétendre au statut de réfugié économique ou demandeur d’asile politique. "Aucun effort n’a été fait pour établir leur nom ou leur statut", a-t-il déploré. "C’est illégal". AP

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