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Maroc : Sidi Ifni renoue avec la violence et la matraque
(Le 21 août 2008)

Maroc : Sidi Ifni renoue avec la violence et la matraque

http://www.yabiladi.com, 20.08.2008 | 01h55

Plus de deux mois après les violents affrontements qui se sont produits à Sidi Ifni (environ 180 kilomètres au dessus d’Agadir) entre les forces de l’ordre et les habitants de l’ancienne citadelle espagnole (devenue marocaine en 1967), la tension est montée d’un cran, ce mardi 19 août 2008.

Maroc : Sidi Ifni renoue avec la violence et la matraque« Les forces auxiliaires ont chargé en fin d’après-midi en mettant le cap sur le port afin de débloquer l’activité portuaire, suspendue toute la journée du lundi 18 août, puis les agents de police ont pris pour cible les habitants, pour la plupart des mineurs », déclare une source sur place.

Dépêché sur les lieux, Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, accompagné de Aziz Akhannouch, ministre des Pêches Maritimes et de l’Agriculture, a multiplié les rencontres avec les autorités et les élus de la ville avec l’objectif affiché de normaliser la situation, y compris par la force.

Face à la détermination des groupes d’individus et une présence policière massive (on parle d’un escadron d’environ 1500 hommes), l’atmosphère se voulait de plus en plus pesante. De facto, ce qui devait arriver...arriva, avec la charge des forces auxiliaires dans la ville afin de dissuader les manifestants.

Pour l’heure, et selon des témoignages recueillis, Sidi Ifni a renoué avec la violence, les courses poursuites, les jets de pierres, les chasse à l’homme en montagne,... Autant dire que la ville n’aura profité que d’une (très) courte accalmie.

Que faut-il lire, comprendre, analyser ou retenir ? Que pour se battre, il faut être deux. Que Sidi Ifni est une ville isolée, sinistrée, dont le taux de chômage est à son apogée, mais cela justifie-t-il pour autant des actes de vandalisme et de non respect du droit ?

Que l’Etat est (à nouveau) face à ses responsabilités. Qu’il se doit de réagir (pour rétablir l’ordre), mais surtout d’agir concrètement et efficacement pour remettre Sidi Ifni sur la route du développement économique (la seule activité économique reposant aujourd’hui sur le port).

Qu’en est-il des travaux de la commission parlementaire qui devaient être rendus publiques à la fin du mois de...juillet 2008 ? Comme le dit l’expression, « la violence n’a jamais rien résolue », mais le mépris, non plus.

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De nouvelles manifestations à Sidi Ifni entraînent l’intervention de la police

Magharebia à Rabat - 21/08/08

Les habitants de Sidi Ifni et des régions voisines ont organisé une nouvelle manifestation cette semaine pour protester contre le chômage et le sous-développement dans la région. La police est intervenue pour rétablir l’ordre lorsque les manifestants ont tenté de bloquer à nouveau les installations portuaires de la ville.

La police de la ville portuaire de Sidi Ifni au Maroc est une nouvelle fois intervenue pour disperser une manifestation contre l’inaction du gouvernement dans cette région pauvre. Des policiers ont été envoyés mardi 19 août pour disperser quelque trois cents manifestants qui avaient entamé la veille un nouveau blocus du port de la ville, empêchant plus d’un millier de camions transportant du poisson de quitter le port.

Selon les habitants, les manifestants, dont certains venaient des villes voisines de Tiznit, Agadir et Guelmim, avaient allumé des feux à plusieurs endroits et jeté des pierres contre les forces de l’ordre. Comme elle l’avait fait lors des précédentes échauffourées du 7 juin, la police a répliqué par des gaz lacrymogènes et entouré des quartiers entiers, en particulier à Jebel Bouâlam.

Selon l’un des manifestants, le sit-in avait pourtant débuté paisiblement.

"Nous l’avions organisé parce que l’Etat n’a pris aucune décision pour mettre un terme à la marginalisation de la ville, malgré ce qui s’est produit en juin", a déclaré Mohammed à Magharebia. "Rien n’est fait concernant les demandes des manifestants ; nous n’allons pas rester les bras croisés en attendant que le gouvernement réponde à nos demandes, qui sont parfaitement légitimes", a-t-il poursuivi.

En début d’année, les manifestants avaient mis en avant plusieurs revendications, y compris la construction d’une usine de traitement de poisson pour réduire le chômage.

La police a procédé à un certain nombre d’arrestations à l’issue de la manifestation de mardi, mais est toujours à la recherche des organisateurs. Le Ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa a annoncé qu’il se rendrait à Sidi Ifni dès la fin des tentatives de blocus du port. Il a qualifié les actes de vandalisme commis dans la ville d’"inacceptables" et a indiqué que les forces de sécurité répondront à de tels actes avec la même détermination.

M. Benmoussa a également réfuté l’argument des manifestants selon lequel Sidi Ifni est marginalisé, expliquant que des études sont en cours pour développer les installations et améliorer leur productivité. Il a également indiqué que la réalisation de tout projet dans la région dépendra d’un bon climat de l’investissement, sans manifestants ni autre type de perturbations.

"Le port de Sidi Ifni constitue l’ossature de l’économie régionale", a poursuivi le ministre, soulignant que le gouvernement consent en réalité de gros efforts pour développer la région.

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