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Lettre de Amadeu depuis l’hopital
(Le 3 septembre 2008)

LETTRE DE AMADEU CASELLAS RAMON 27 AOUT 2008

Tout d’abord, je vais me présenter pour ceux qui ne me connaissent pas. Je m’appelle Amadeu Casellas Ramon et je suis incarcéré depuis plus de vingt ans. Je suis en grève de la faim depuis le 22 juin 2008. Il y aura des gens qui sont d’accord avec ce que je fais et d’autres non ; tous ont mon respect car les libertés individuelles sont basées là-dessus.

Les raisons qui m’ont mené à entamer cette grève de la faim (que je pousserai jusqu’à ses ultimes conséquences) sont : dénoncer et protester contre la situation dans laquelle nous nous trouvons, mes compagnons et moi, dans les prisons catalanes et dans les prisons de toute l’état. Parce que derrière ces murs, des abus et des tortures en tous genres sont commis par les institutions pénitentiaires avec le consentement et la complicité des juges de vigilance et avec la cécité, le cynisme et l’hypocrisie auxquelles les politiciens et la justice nous ont habitués.

La majorité de ceux qui se trouvent derrière ces murs ne demandent pas detraitement de faveur ni de privilège de la part des institutions pénitentiaires, des juges, des politiciens - contrairement aux Julián Muñoz, Javier de la Rosa, aux Alberto, Mariano Rubio, à ceux de l’affaire Filesa, Mariano Conde, Barrionuevo, Conde, Rafael Vera, Puigneró... et un grand etcetera. Parce que nous savons tous qu’eux peuvent acheter leur liberté avec leur argent et leurs influences.

Ma protestation est pour ceux qui, comme moi, sont pauvres, les ouvriers ou les gens qui viennent simplement de lieux marginalisés. Ni nous, ni nos familles ne peuvent pas acheter cette liberté et nous devons l’obtenir en luttant avec le peu de moyens dont nous disposons. Dans mon cas, comme dans celui de tant d’autres compagnons, j’ai déjà purgé la peine maximale d’enfermement définie par le code pénal en vigeur (20 ans, ou 30 ans selon le code antérieur).

Mais on me refuse la liberté parce que je ne me soumets pas au système pénal et pénitentaire pourri et corrompu, comme c’est demontré jour après jour avec la constitution et les lois catalanes et espagnoles dont les politiciens parlent tant et que les juges n’appliquent pas. Pourquoi est-ce qu’ils ne me concèdent pas la limitation de la peine ? La réponse est très simple : parce que je suis né pauvre, comme tant d’autres compagnons. Et nous ne devrons pas oublier que dans la démocratie, on ne peut jouir de liberté qu’à condition de ne pas l’utiliser.

Je ne sais pas comment cette grève se terminera. Je garde l’espoir qu’ils me donneront ce qui me revient selon la loi et le droit et qu’enfin, je serai libre. J’espère que cette grève servira à donner un peu de lumière et d’espoir à mes compagnons car beaucoup d’entre eux n’ont pas la même force et tombent sur le chemin et dans l’oubli.

Je veux profiter de ce communiqué pour remercier publiquement pour le soutien que je recois de ma mère (que j’aime beaucoup), de la CNT de Manresa et de partout, de mes grands amis ... et de tant d’autres que je ne cite pas car la liste serait sans fin. A tous, merci pour votre soutien. Je veux aussi remercier tous ceux qui m’écrivent et me soutiennent car sans votre soutien, j’aurais certainement manqué de force. Merci à tous.

Je veux aussi remercier spécialement mon avocate et son compagnon, parce que, malgré toutes les difficultés par lesquelles vous passez, vous ne m’avez pas laissé tomber une seule minute.

Merci à tous ! La grève de la faim continuera et la lutte sera longue. Mais, ensemble avec vous tous, avec votre soutien, nous gagnerons et je serais libre.

Une accolade fraternelle et libertaire. La liberté ou la mort.

¡Salud y anarquía !

PS : Aujourd’hui c’est nous qui sommes dedans, mais demain ce sera peut-être vous ?

Amadeu Casellas Ramon L’hopital pénitentiaire de Terrassa, 27 août 2008

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