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Algérie : plusieurs émeutes sous divers prétextes
(Le 30 juillet 2009)

Sidi Bel Abbès : Des émeutes éclatent à Sidi Ali Benyoub

El Watan, 28 juillet 2009

Des émeutes ont éclaté dimanche vers minuit à Sidi Ali Benyoub, une localité située à 25 km au sud de la ville de Sidi Bel Abbès.

Selon des citoyens de cette localité, la fronde populaire a pour origine la pollution atmosphérique générée par l’exploitation immodérée des carrières d’agrégats de Sidi Ali Benyoub (ex-Chanzy). Pris en tenaille entre les poussières asphyxiantes des carrières et la vague de chaleur exceptionnelle qui s’abat sur la région, les habitants de cette localité ont investi la rue comme ultime moyen pour exprimer leur désarroi. Des jeunes en colère ont, rapporte-t-on, tenté d’incendier certains édifices publics après avoir barré la route nationale reliant cette localité au chef-lieu de wilaya. Parallèlement, des échauffourées éclatèrent dans plusieurs quartiers entre les forces desécurité et des manifestants qui ont pris pour cible des camionneurs et saccagé des poteaux électriques. Les affrontements nocturnes à Sidi Ali Benyoub, qui se sont poursuivis jusqu’à 4h, ont fait plusieurs blessés, selon une source sécuritaire.

Aussi, des arrestations ont été opérées, hier, dans la matinée pour «  apaiser la situation », confie cette même source. La tension, qui a baissé d’un cran dans la journée d’hier, reste, toutefois, très tendue. Il y a lieu de rappeler que les dirigeants de huit carrières d’agrégats dans la commune de Sidi Ali Benyoub ont été sommés en 2007 par les autorités de la wilaya de se conformer à la réglementation en vigueur en ce qui concerne les émissions de poussières. Cependant, la plupart des gérants de ces carrières ne se sont pas pliés à cette exigence qui prévoit notamment la pose de filtres spéciaux au niveau des installations de concassage ainsi que la mise en place d’un système d’aspersion en eau des agrégats au moment du chargement des camions. Qualifiant la situation de véritable « désastre écologique », des associations de sauvegarde de l’environnement avaient tiré la sonnette d’alarme en mai dernier, mettant en garde contre une recrudescence des maladies respiratoires chroniques dans la région.

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SUITE À UNE ÉNIÈME COUPURE DE COURANT ÉLECTRIQUE Des citoyens investissent la rue à Aïn-Naâdja

Le Soir d’Algérie, 29 juillet 2009

Des troubles ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi à Aïn-Naâdja, suite à une coupure de courant électrique. Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Plusieurs jeunes ont dressé des barricades et incendié des pneus au niveau de l’artère principale qui traverse les cités de ce quartier populaire, ainsi que sur la route longeant le siège du Commandement des forces terrestres. En agissant de la sorte, la population de Aïn-Naâdja voulait dénoncer les coupures récurrentes de courant électrique ces dernières semaines. Selon des témoins, les automobilistes qui tentaient d’emprunter ces voies ont été obligés de rebrousser chemin. « Il n’y a eu aucun acte de violence à l’encontre des citoyens. Certains manifestants ont toutefois jeté des pierres contre des voitures de police. Mais durant une grande partie de la nuit, nous n’avons vu aucune présence des forces de l’ordre. La rue était livrée aux habitants du quartier », a indiqué un témoin. Selon lui, les troubles ont pris fin vers 3 heures du matin. Des éléments de la Protection civile sont intervenus par la suite pour éteindre les pneus encore en feu. Hier, les gravats qui ont servi de barricades étaient encore visibles sur les côtés de la chaussée. Notons que cette coupure de courant électrique a au lieu lundi aux environs de 23 heures, pour ne prendre fin que le lendemain matin, vers 10 heures. « C’est une situation intenable que nous vivons depuis le début de l’été. Comment se fait-il que tous les quartiers de la capitale ont de l’électricité et pas nous. La Sonelgaz dit qu’il n’y a pas de délestage ; alors comment expliquer cette situation ? », s’interroge un épicier. Ce dernier affirme avoir été obligé de jeter des produits périssables. « Les yaourts et les glaces ont fini à la poubelle. Je préfère subir une perte financière plutôt que d’être la cause d’une intoxication alimentaire », explique-t-il. Jointe hier au téléphone, une source proche de la Société de distribution de l’électricité et du gaz d’Alger a indiqué que cette coupure était due « à la rupture d’un câble de moyenne tension ». « Les équipes techniques de l’unité de Gué-de-Constantine sont intervenues immédiatement après la déclaration de cet incident. Le courant électrique a été rétabli dans des délais relativement courts, au regard des conditions de travail particulièrement difficiles en cette période de canicule », a précisé cette source.

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Émeutes à la suite d’incendies : Nuit agitée à Tadmaït

El Watan, 26 juillet 2009

Les stigmates des troubles de la veille étaient toujours visibles, hier matin, dans les principales ruelles de la ville de Tadmaït, 17 km à l’ouest de Tizi Ouzou, qui a connu une nuit très agitée.

La cité était, vendredi dernier, tout juste à la tombée de la nuit, le théâtre d’affrontements entre des jeunes manifestants et les éléments des forces de l’ordre. Les heurts se sont poursuivis jusqu’à une heure tardive de la nuit. Tout a commencé, selon des témoignages concordants, au milieu de la journée. Alors que la chaleur avait atteint 45 degrés, des villageois ont, disent-ils, aperçu deux gardes communaux en train de mettre volontairement le feu à des champs d’oliviers sur les hauteurs de Sidi Ali Bounab. A partir de là, les citoyens de ces bourgades se sont mobilisés pour arrêter les deux éléments de la police municipale. Ces derniers ont été passés à tabac par la population, et ce, avant d’être emmenés au siège de l’APC où un grand rassemblement avait été observé par les manifestants qui voulaient remettre les deux gardes communaux aux élus locaux mais pas, insistent-ils, aux services de sécurité. L’arrivée des brigades antiémeute, quelques instants plus tard, a mis le feu aux poudres. La situation a, en un laps de temps, dégénéré. Les manifestants ont lancé des jets de pierre et autres projectiles sur le siège de l’APC qui a été partiellement saccagé.

Les portes en verre et les fenêtres ont volé en éclats. Dès lors, la ville commençait à offrir un visage de désolation. Toutes les artères menant au centre-ville ont été barricadées par des blocs de pierre et des pylônes arrachés ainsi que par des pneus enflammés. Les fumées émanaient de tous les coins de la cité. Il était près de 19h lorsque les manifestants ont commencé à investir la RN12. Celle-ci a été fermée à la circulation pendant plus de deux heures. Ce qui a engendré un grand embouteillage en début de soirée. Vers 21h, alors que la voie publique a été dégagée, les jeunes ont regagné l’esplanade du siège de l’APC. Ils voulaient en découdre avec les éléments de la police. Des affrontements éclatent de nouveau obligeant les forces de l’ordre à utiliser des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Ces derniers ont riposté avec toutes sortes de projectiles et de pierres. «  Comment voulez-vous qu’on se taise. Des maisons ont failli, de peu, être brûlées. On a subi des journées infernales avec la chaleur et en plus on fait face à des incendies qui empoisonnent notre quotidien en cette de période de canicule où les conditions de vie sont vraiment difficiles dans notre village. Comment peut-on rester insensibles à ce qui se passe », clame un citoyen de Bouchioua, l’un des hameaux les plus touchés par les incendies du week-end dernier. En effet, les flammes ont ravagé une partie importante de la forêt et des broussailles dans les villages de Sidi Ali Bounab, une région fortement pénalisée par la rudesse du climat. Que ce soit en été ou en hiver, les habitants de ces bourgades, perchées sur les hauteurs de Tadmaït, font face à un véritable calvaire.

Vendredi, les feux de forêt ont fait subir à la population de cette région de durs moments tant les flammes cernaient même les maisons. « On a dû évacuer les habitants et se mobiliser pour apaiser l’intensité des feux et éviter surtout aux flammes d’atteindre nos maisons. Des centaines d’oliviers et des dizaines de ruches sont parties en fumée en une journée », déplore un jeune d’El Maâdi. Pour sa part, le maire de Tadmaït nous a précisé : « Nous avons essayé vainement de calmer les esprits, d’expliquer aux manifestants que l’affaire est du ressort de la justice. Ils ne voulaient pas remettre les deux gardes communaux aux forces de sécurité et voulaient les garder au siège de l’APC », ajoute M. Hammadi, qui a souligné, en outre, que les deux gardes communaux ont été, après leur libération, évacués à l’hôpital, dont l’un est dans un état grave. On a appris également, hier dans l’après-midi, que les propriétaires des champs d’oliveraies auraient déposé plainte contre les deux éléments de la police municipale pour incendie volontaire. Hier, durant toute la journée, le calme est revenu dans la ville de Tadmaït. Une opération de nettoyage des débris provoqués par les émeutes de la veille a été entreprise par les services de la mairie à travers les différentes ruelles de la ville.

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