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Alger : deuxième jour d’émeutes après l’expulsion de familles
(Le 20 octobre 2009)

Reprise des affrontements entre émeutiers et policiers dans un quartier d’Alger

AP | 20.10.2009 | 22:17

Les affrontements entre émeutiers et forces de l’ordre ont repris mardi en début de soirée dans le quartier populaire de Diar Chems, dans l’est d’Alger, a appris l’Associated Press auprès de la protection civile et d’habitants de la cité.

Ces nouvelles émeutes auraient fait plus d’une cinquantaine de blessés entre policiers et émeutiers, selon des témoignages d’habitants, alors que la protection civile, dans une déclaration à l’AP, a expliqué que "neuf policiers présentant des blessures diverses avaient été évacués à l’hôpital Mustapha".

Par petits groupes voltigeant d’un endroit à un autre de la grande cité dortoir de Diar Chems, les émeutiers s’en sont pris à coup de pierres, de cocktails Molotov et autres objets, aux forces de sécurité pour les empêcher d’accéder au quartier, ont rapporté des habitants.

Soutenus par des femmes qui lançaient des youyous des balcons et aux cris de "Allah Akbar", ces jeunes émeutiers ne décoléraient pas contre les autorités. "Non seulement, ils n’ont pas libéré les jeunes arrêtés hier soir, mais ils sont venus encore en arrêter d’autres cette après-midi", s’insurgeait Ramdane Ali, habitant du bloc 3 qui accusait les forces de sécurité de "rallumer le feu".

Selon plusieurs témoins, le calme était revenu lundi soir à la cité de Diar Chems, après des "négociations" entre représentants des forces de sécurité, élus locaux et délégués de quartiers. D’après eux, ce sont les policiers venus procéder à des arrestations mardi après-midi qui ont relancé les violences.

Les émeutes dans ce quartier populaire, situé à trois kilomètres du siège de la présidence de la République, ont éclaté lundi après l’intervention de policiers venus déloger des squatters qui avaient installé des baraques sur un stade de football de la municipalité.

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Manifestations pour de meilleurs logements à Alger : onze policiers blessés

(AFP) - 20.10.2009

ALGER - Des incidents ont éclaté mardi dans un quartier populaire d’Alger quand des jeunes, protestant contre leurs mauvaises conditions de logement, ont lancé des projectiles sur des policiers dont onze au moins ont été blessés, a constaté un journaliste de l’AFP.

Depuis lundi des habitants de la cité Diar Echems du quartier El Madania, situé près du centre de la capitale à quelques centaines de mètres du monument des Martyrs, protestent contre leurs conditions de vie et exigent des logements plus adéquats.

Vers 15H30 locales (14H30 GMT) mardi, des dizaines de jeunes se sont mis à harceler les policiers anti-émeutes en lançant dans leur direction des projectiles, dont des pierres. Au moins trois policiers ont été blessés, a constaté le journaliste de l’AFP.

Vers 18H00, les forces de l’ordre ont tenté d’investir la cité Diar Chems où se trouvent les manifestants, mais les maifestants ont riposté par des jets de projectiles blessant au moins huit autres policiers, a vu le journaliste de l’agence.

Les forces de l’ordre avaient pratiquement bouclé El Madania pour empêcher les jeunes, dont certains étaient cagoulés, de progresser en contrebas vers un quartier abritant des sièges de banques, d’entreprises publiques et privées, et un ministère.

Une heure après le début des incidents, d’importants renforts - camions anti-émeutes, ambulances de la protection civile et forces de police - se sont positionnés pour protéger le quartier administratif et maintenir les manifestants à distance.

Depuis leur cité, des dizaines de jeunes ont continué à lancer sporadiquement des projectiles, pierres et bouteilles de verre, contre les policiers.

Des incidents similaires s’étaient produits la veille. Dans les cités avoisinantes, les gens vaquaient normalement à leurs occupations à la tombée de la nuit. La tension a baissé après la tombée de la nuit, mais les forces de l’ordre sont restées déployées.

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Des dizaines de personnes blessées dans des émeutes à l’est d’Alger

AP | 19.10.2009 | 19:51

Des dizaines de personnes ont été blessées lundi dans le quartier populaire Diar Chems, à l’est d’Alger, dans des affrontements avec la police anti-émeutes, a constaté sur place l’Associated Press.

Selon des témoignages recueillis sur place, les affrontements ont commencé en fin de matinée quand des policiers mandaté par le juge de Bir Mourad Rais, sous-préfecture dont relève le quartier, sont venus démolir des baraques construites illégalement par des squatters sur un terrain de football.

L’opération de démolition devait toucher également les bidonvilles construits illégalement dans ce quartier populaire, situé à deux kilomètres du siège de la présidence de la République, pour être remplacés par des immeubles inscrits sur le programme de la municipalité.

"Face au refus des squatters et leurs familles de quitter les lieux, les policiers chargés de l’opération de l’évacuation du stade ont fait appel à des renforts, des fourgons de police anti-émeutes sont arrivés", a témoigné Rachi Zeroual, commerçant à Diar Chems. "Mais, entre temps, les habitants des immeubles environnant et des bidonvilles situés en contrebas du quartier sont venus par solidarité prêter main forte aux squatters".

L’intervention de la police, qui a fait usage de bombes lacrymogènes et de canons à eau pour disperser les manifestants, a viré à l’émeute. Des commerces ont été saccagés, des véhicules incendiés et, face à la ténacité de la population, la police a dû battre en retraite sans pouvoir déloger les squatters du stade.

Ces affrontements ont également fait une dizaine de blessés parmi les forces de sécurité, a appris l’Associated Press de sources policières.

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Des émeutes éclatent aux quatre coins de l’Algérie

algerie-dz.com, mardi 20 octobre 2009.

Les émeutes enregistrées à travers plusieurs wilayas d’Algérie durant les jours et mois passés sont le plus souvent l’oeuvre de jeunes désemparés et frappés par le chômage.

Des émeutes éclatent aux quatre coins de l’Algérie. Aucune région du pays n’échappe à la déferlante. A Alger, Oran, Tizi Ouzou, Ouargla, Annaba, Tamanrasset... la « culture de l’émeute » s’enracine, prospère à l’ombre de l’hypothétique « Etat de droit ». La violence dans tous ses états, sous toutes ses formes. Violences interquartiers à Bab El Oued, affrontements intercommunautaires à Illizi, Berriane, conflits tribaux à Djelfa, Laghouat, Béjaïa. Des émeutes éclatant aux quatre coins de l’Algérie : émeutes du pain, du foot, du gaz, de l’électricité, etc., les déchaînements de violence se suivent mais ne se ressemblent pas. L’escalade dangereuse à laquelle nous assistons - avec ses contingents de victimes, ses lots de destruction de biens et équipements et la menace qu’elle fait planer sur l’Etat-nation - ne semble pas préoccuper pour autant le gouvernement dont le souci premier est, semble-t-il, d’expédier les affaires courantes. Face à l’explosion du phénomène des émeutes urbaines en Algérie, de la violence intercommunautaire, devant la multiplication des actes portant atteintes à l’ordre et à la quiétude publics, l’Etat fait l’autruche, se mure dans le silence quand il ne convoque pas ses arsenaux répressifs.

Le langage de l’émeute prend le dessus sur toutes les autres formes d’expression, devient la règle et non l’exception. Le langage des barricades, des routes coupées, des pneus enflammés... devient celui de millions d’Algériens excédés par les injustices sociales, la corruption, la hogra, le népotisme, le clientélisme, le chômage, la non-gestion, la non-gouvernance...Pas un jour ne passe sans charrier son lot de troubles. Les analystes pointent du doigt le verrouillage des canaux d’expression pacifique, la politique d’exclusion, la disqualification des partenaires sociaux, des partis crédibles de l’opposition, des syndicats autonomes, le recours systématique, abusif à la répression contre les mouvements sociaux, à l’origine de l’instabilité chronique. Les émeutes traduisent, aux dires du politologue Mohamed Hachemaoui, « les ratés du clientélisme d’Etat, le déficit de distribution clientélaire des ressources et des bénéfices de la rente aux groupes sociaux. Elles sont, dans le même temps, le symptôme de la crise du politique en Algérie : en refusant en effet l’institutionnalisation du conflit social, l’expression autonome des revendications et la représentation politique de la société selon les intérêts en conflit, le régime politique génère l’émeute, expression extrême et violente de la "prise de parole". Les émeutes de ces dernières années sont l’œuvre rageuse d’une jeunesse désemparée, lourdement frappée par le chômage, l’exclusion et le désespoir ».

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