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Mozambique : 3e jour d’émeute de la faim, la province s’y met aussi
(Le 3 septembre 2010)

Emeutes au Mozambique : dix morts en trois jours à Maputo

03/09/2010 à 21:07 AFP

Les émeutes contre la vie chère au Mozambique se sont étendues pour la première fois vendredi à la province, alors que des incidents isolés continuaient de secouer Maputo au 3ème jour de violences qui ont fait dix morts et 443 blessés.

La police a tiré à balles réelles à Chimoio, à 750 km au nord de Maputo, lorsqu’une centaine d’émeutiers ont mis le feu aux étalages sur le marché principal, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police provinciale, Belmiro Mutadiwa.

"Six personnes ont été blessées et deux ont été hospitalisées", frappées par des "balles égarées", a-t-il ajouté, affirmant que la police n’avait "pas tiré directement sur la foule". Une cinquantaine de protestataires ont été arrêtés.

Dans la capitale, l’activité reprenait timidement en dépit d’actions éparses dans les quartiers périphériques.

Les équipes de la Croix-rouge sur le terrain ont vu des groupes "très limités", de trois ou quatre personnes, mettant le feu à des pneus avant de fuir à l’arrivée de la police, a expliqué à l’AFP le porte-parole de l’organisme au Mozambique, Americo Ubisse.

Après deux jours de heurts, les urgences des hôpitaux ont constaté une nette accalmie.

Mais entre 07h00 (05h00 GMT) jeudi et 07h00 vendredi, "trois décès directement liés aux émeutes" ont encore été enregistrés, a indiqué le ministre de la Santé, Ivo Garrido. Pendant cette période, 149 nouveaux blessés ont été admis dans les hôpitaux de Maputo et de sa banlieue.

Dans les 24 heures précédentes, les émeutes avaient fait sept morts et 228 blessés.

L’annonce d’une hausse de 17% du prix du pain avait embrasé mercredi les quartiers pauvres de Maputo, jetant des milliers de personnes dans les rues.

Malgré un retour apparent à la normale, la colère était toujours perceptible vendredi. "Les gens n’ont pas d’argent pour acheter de la nourriture", s’emportait Elisa Aldino, 48 ans, interrogée par l’AFP dans une des longues files d’attente devant les boulangeries.

"Quand on n’a pas d’argent, on dort sans manger", ajoutait cette femme de ménage, venue du quartier pauvre de Maxaquene où les magasins, fermés mercredi, n’ont pas rouvert.

Les bus avaient repris leur service. Mais les taxis collectifs, dont dépend la masse des plus pauvres pour se déplacer, étaient toujours absents et des patrouilles de police lourdement armées quadrillaient encore la ville.

"Je ne suis pas sûr que la vie ait repris normalement", soulignait un habitant de Xiquelene, un des bidonvilles de Maputo où les émeutes ont été les plus violentes.

Selon le gouvernement, le mouvement a coûté 122 millions de meticals (3,33 millions de dollars) à l’économie du pays.

Le Mozambique, dévasté par la longue guerre civile (1976-1992) qui a suivi le conflit armé pour l’indépendance de l’ancienne colonie portugaise, connaît une misère alarmante. 65% de ses 20 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Les prix ont flambé ces derniers mois en raison de la dépréciation de la devise nationale par rapport au rand sud-africain, qui a grimpé de 43% depuis le début de l’année. Le pays dépend étroitement des importations venues de son grand voisin.

En 2008 déjà, six personnes avaient été tuées dans des émeutes contre la hausse des prix des taxis collectifs.


Mozambique : sept morts dans des manifestations contre l’envolée des prix

LEMONDE.FR avec AFP | 03.09.10 | 11h27

Sept personnes ont été tuées et 288 blessées depuis mercredi 1er septembre à Maputo, capitale du Mozambique, dans des affrontements entre la police et des manifestants qui dénonçaient l’envolée des prix des denrées de première nécessité. Ces violences, qui ont coïncidé avec l’annonce mercredi d’une prochaine hausse de 25 % du prix du pain, sont les plus graves observées depuis les "émeutes de la faim" de 2008 dans cette ancienne colonie portugaise d’Afrique australe.

Le gouvernement avait déjà imposé ces dernières semaines de fortes augmentations de l’électricité et de l’eau. Mercredi, des milliers de personnes sont descendues dans la rue appelées par textos à la grève générale dès l’annonce de hausse du prix du pain par les médias officiels. Les manifestations ont rapidement tourné à l’émeute, la foule bloquant les rues à l’aide de pneus incendiés, pillant certains commerces. Les émeutes "ont causé de lourdes pertes humaines et matérielles, dont six morts mercredi et un aujourd’hui, 288 blessés, 23 magasins assaillis et pillés, 12 bus vandalisés", a détaillé jeudi le porte-parole du gouvernement, Alberto Nkutumula. Toute la journée de jeudi, des patrouilles lourdement armées ont quadrillé la ville d’un million d’habitants.

"Les blessures et la mort ont été causées par les émeutes, cela ne fait aucun doute", a déclaré la Croix-Rouge, précisant que jeudi, deux personnes avaient été tuées par balles et une avait péri noyée. De nombreux témoignages accusent ainsi la police de tirer à balles réelles pour disperser les émeutes. Le ministre de l’intérieur, José Pacheco, a affirmé à la télévision qu’aucun n’ordre n’avait été donné dans ce sens. Mais selon de hauts responsables de la police, des balles réelles ont bien été tirées mercredi en certains points de la capitale par des policiers à court de projectiles en caoutchouc, comme semblent l’indiquer ces images.

Les Mozambicains souffrent de l’augmentation des prix des denrées de base, qui vient s’ajouter à une flambée des prix de l’essence et d’autres produits de première nécessité. Le pays, dévasté par la longue guerre civile (1976-1992) qui a suivi le conflit armé pour l’indépendance de l’ancienne colonie portugaise, connaît une misère alarmante : 65 % de ses 20 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Les prix ont flambé ces derniers mois en raison de la dépréciation de la devise nationale par rapport au rand sud-africain, qui a grimpé de 43 % depuis le début de l’année. Or le pays dépend étroitement des importations venues de son grand voisin.

Le conseil des ministres, réuni en urgence, a appelé jeudi "tous les citoyens à s’abstenir de participer aux actes d’émeutes, de vandalisme, de pillage et de violence, afin de permettre un retour rapide à la normalité et au calme". Mais en dépit du bilan meurtrier, le gouvernement a maintenu l’augmentation prévue du pain, de 25% la semaine prochaine. En 2008, six personnes avaient été tuées dans des émeutes contre la hausse des prix des taxis collectifs, seul moyen de transport de la masse des plus pauvres.

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