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Bab el Oued (Alger)/Oran/Blida : les émeutes s’étendent en Algérie
(Le 6 janvier 2011)

Emeutes dans le quartier algérois de Bab el-Oued

AP, 06/01/11 12:38

ALGER (AP) - Des jeunes ont incendié des bâtiments et jeté des pierres sur des policiers mercredi soir dans le quartier populaire de Bal el-Oued, à Alger, laissant éclater leur colère contre le chômage chronique qui les touche et les récentes hausses de prix de produits de première nécessité.

Des policiers patrouillaient jeudi dans le quartier où les tensions restaient palpables. Mercredi soir, un commissariat et une boutique de téléphonie mobile ont été incendiés.

Ces derniers jours, le lait, le sucre et la farine ont augmenté. Les jeunes Algériens sont de plus en plus mécontents des inégalités dans la répartition des richesses de leur pays.

Certains confient avoir été inspirés par leurs voisins tunisiens qui protestent depuis quelques semaines contre le chômage. Ces manifestations violentes ont fait au moins trois morts.


Algérie : un garage Renault incendié

AFP, 06/01/2011 | Mise à jour : 11:48

Un concessionnaire automobile Renault en plein quartier populaire de Bab el Oued dans le vieil Alger a été incendié et une dizaine de voitures détruites lors des émeutes de mercredi soir, a constaté jeudi matin un photographe de l’AFP.

Le photographe a compté au moins huit véhicules neufs Renault incendiés à l’intérieur du magasin et il a vu d’autres voitures brûlées à proximité.La devanture du magasin a été forcée par les manifestants qui ont cassé puis incendié les voitures que l’on pouvait voir jeudi de l’extérieur. Aucun responsable de Renault n’était joignable pour commenter les pertes engendrées.

Mercredi en fin d’après-midi et durant une bonne partie de la nuit, des dizaines de jeunes ont manifesté contre la flambée des prix et affronté les forces de l’ordre à coups de pierres dans ce quartier.

Il n’a pas été possible jeudi matin d’obtenir un bilan des dommages occasionnés et si ces incidents ont fait des victimes.


Heurts entre policiers et jeunes dans plusieurs villes d’Algérie

Reuters, publié le 06/01/2011 à 16:39

Des heurts entre policiers et jeunes, protestant contre une hausse des prix de la farine et du sucre ainsi que contre la pénurie chronique d’emplois, se sont produits mercredi dans plusieurs villes d’Algérie, y compris à Alger, rapporte la presse locale.

Dans le quartier populaire algérois de Bab-el-Oued, les protestataires ont mis le feu à plusieurs commerces, dont une concession automobile et un magasin de téléphonie. La police anti-émeutes a usé de gaz lacrymogènes contre les émeutiers.

Des troubles analogues se sont produits à Oran, sur la côte à l’ouest d’Alger, et à Blida, au sud de la capitale, rapporte la presse algérienne.

"La jeunesse est en colère contre le régime. Elle ne comprend pas pourquoi un pays riche n’est pas capable d’offrir des emplois, des logements et une vie décente à son peuple", a confié à Reuters Mohamed Saïd, un quinquagénaire habitant Bab-el-Oued.

Le gouvernement a annoncé son intention d’investir 286 milliards de dollars (218 milliards d’euros) dans les quatre ans qui viennent pour créer des logements et améliorer la vie quotidienne des Algériens. Le président Abdelaziz Bouteflika a en outre promis de faire sortir de terre un million de nouveaux logements d’ici à 2014. La Tunisie voisine est, elle aussi, en proie depuis trois semaines à des manifestations de jeunes protestant contre le chômage et le régime. Ces manifestations auraient fait quatre morts, dont deux tués par la police. Le gouvernement tunisien a accusé l’opposition de manipuler ces manifestations, rares dans un pays dirigé depuis 23 ans par le président Zine el Abidine ben Ali, afin de discréditer le pouvoir.

Celui-ci a annoncé le déblocage de 4,5 milliards de dollars (environ 3,5 milliards d’euros) en faveur de l’emploi des diplômés, dont le taux de chômage est d’environ 25%.


Algérie : multiplication des manifestations contre le mal de vivre

AFP - 6 janvier 2010

ALGER - La jeunesse est de nouveau descendue ces dernières heures dans les rues de plusieurs villes d’Algérie pour protester avec violence contre la vie chère, le manque de logements et le chômage dans ce pays riche en hydrocarbures.

Dans la nuit de mercredi à jeudi à Bab el Oued, un des grands quartiers populaires du vieux centre d’Alger, ce sont des dizaines de jeunes manifestants qui ont attaqué le commissariat local à coups de pierres. Ils ont également saccagé et incendié le magasin du concessionnaire de Renault réduisant en carcasses une dizaine de véhicules, a constaté un photographe de l’AFP.

Phénomène devenu classique : ils ont enflammé de vieux pneus pour couper la route aux renforts tout comme au même moment d’autres jeunes de la banlieue ouest, à Cheraga, avec la même revendication.

Lundi soir déjà, des milliers de jeunes avaient bloqué des routes de Tipaza (70 km à l’ouest d’Alger), pour dénoncer aussi leurs conditions de vie difficiles.

Et mercredi à Oran, à 430 km à l’ouest d’Alger, la tension était visible : des dizaines de jeunes ont brûlé des pneus, coupé les routes avec des troncs d’arbre et jeté des projectiles contre les automobilistes.

Le Quotidien d’Oran a rapporté jeudi que les jeunes avaient forcé un dépôt pour en voler des sacs de farine, au moment où le prix du pain est en hausse et qu’une pénurie de blé pointe.

Pourtant, depuis une semaine que des petits groupes dénoncent un peu partout leur mal de vivre, le gouvernement se veut rassurant. Mercredi, le ministre du Commerce Mustapha Benbada a affirmé que l’"Etat continuera à subventionner les produits" de première nécessité.

Il y a d’autres types de manifestations depuis des mois un peu partout dans le pays contre l’absence de logements sociaux, les passe-droits et la corruption. Dans le même temps, des bidonvilles illégaux sont rasés.

La presse s’est faite l’écho ces dernières semaines d’une série d’incidents violents, avec des blessés, autour de ces logements de fortune.

A l’aube de son troisième mandat, en 2009, le président Abdelaziz Bouteflika s’était engagé à construire un million d’appartements manquants depuis le séisme de 2003 et le triplement de la population (35,6 millions d’habitants) depuis l’indépendance en 1962.

10.000 habitations ont été livrées cette année à Alger.

Actuellement, 75% des Algériens ont moins de 30 ans et plus de 20% des jeunes sont chômeurs, selon le FMI.

Cette situation les fait fuir vers l’Europe. Faute de visas, ils partent à bord d’embarcations de fortune au risque de leur vie. Tous les mois, les tentatives de dizaines d’entre eux échouent mais il n’existe pas de statistiques fiables sur cette émigration.

Mohammed Saib Musette, sociologue du Centre de recherches de l’économie appliquée au développement (CREAD), a tiré jeudi la sonnette d’alarme. "Je crains que la situation s’embrase", a-t-il souligné à l’AFP, alors que le pays vit sous l’Etat d’urgence depuis la décennie noire anti-islamiste des années 90.

Même constat chez son collègue Nacer Djabi pour lequel ces événements "peuvent déraper" même si "les émeutes sont devenues un sport national en Algérie".

"Il y a un effet de contagion notamment quand on pense à ce qui se passe avec la Tunisie" où des manifestations violentes depuis décembre ont fait quatre morts, selon M. Musette, même si "la situation n’est pas semblable". "Il y a plus de libertés ici", compare-t-il, et "l’Algérie est un pays très riche" grâce à ses hydrocarbures.

Pour le sociologue Noureddine Hakiki, professeur à l’Université d’Alger, "ce qu’il faut c’est mettre un terme à l’assistanat de l’Etat. Les jeunes ont la vie facile et ils demandent plus".


Les dockers en colère : Le port d’Alger paralysé pour la seconde journée

Le Soir d’Algérie, 6 janvier 2011

Pour la seconde journée consécutive, les activités du port d’Alger étaient hier à l’arrêt. L’intervention des représentants des travailleurs n’a rien apporté de nouveau, puisque les dockers ont décidé d’engager un bras de fer avec l’employeur sans se référer à leur représentation syndicale. Cette dernière semble ne plus contrôler la situation.

Le nombre de dockers en grève au niveau du port d’Alger a augmenté, selon des travailleurs rencontrés hier à proximité de l’Entreprise portuaire d’Alger. Au premier jour, soit mardi dernier, ils étaient une centaine de dockers à observer un arrêt de travail illimité. Pour cette seconde journée, le syndicat d’entreprise semble ne pas contrôler la situation. En effet, les grévistes ont refusé de donner suite à l’appel pour la suspension de la grève lancé par leurs représentants syndicaux.

À l’origine de ce bras de fer enclenché par les dockers du port d’Alger, les nouvelles mesures de compensation des heures supplémentaires et l’organisation des shifts, décidées par l’employeur. Les mesures concernent également la compensation des heures supplémentaires et l’organisation du travail. Le texte stipule que « la majoration des heures supplémentaires travaillées de nuit se fait sans cumul avec les repos compensateurs » et que les agents ayant travaillé en double nuit « bénéficient du paiement du premier shift en heures supplémentaires majorées à 100% avec l’attribution d’un jour de récupération pour le 2e shift de nuit ». Les heures supplémentaires exécutées les vendredis et les jours fériés demeurent payés à 100% et compensées par une journée de repos, conformément à la loi relative aux relations individuelles de travail, a soutenu, pour sa part, la direction générale de l’Entreprise portuaire d’Alger (l’Epal). Pour cette dernière, « il est inconcevable que les dockers, en arrêt de travail, exigent d’être payés et veuillent toucher une récupération pour toutes les heures supplémentaires même celles effectuées en dehors des vendredis et des jours fériés ». C’est, selon elle, contraire à la loi.

Par ailleurs, les dockers grévistes contestent la composition des équipes de manutention arrêtée conjointement avec la section syndicale pour toutes les catégories de marchandises. L’accord signé en juillet 2010 prévoit également la réduction de l’effectif des équipes de manutention par souci de se conformer aux normes de travail et de rendement. C’est suite à cela, d’ailleurs, que le syndicat d’entreprise du port d’Alger a affiché son opposition à la « démarche unilatérale » engagée par les travailleurs. Pour les cadres syndicaux de l’Entreprise portuaire d’Alger, « il s’agit là d’un débrayage isolé et inexpliqué ».

Pour rappel, le port d’Alger à travers sa partie gérée par cette entreprise emploie près de 1100 travailleurs, dont 500 permanents, 160 contractuels et 336 journaliers. Il y a quelques années, il employait quelque 3000 dockers et assurait près de 40% du trafic maritime national.

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Alger, 5 janvier 2010

Incendie du garage Renault à Bab el Oued, 5 janvier 2010