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Algérie : déjà 763 keufs blessés, 1100 manifestants arrêtés et trois morts
(Le 10 janvier 2011)

Algérie : 1100 manifestants arrêtés

El Watan, 10 janvier 2011

Trois morts parmi les manifestants, plus de 800 blessés, dont 763 policiers, et plus de 1100 arrestations. Parmi les interpellés, figurent de nombreux mineurs. Tel est le bilan lourd et macabre du mouvement de protestation populaire qui dévaste, depuis le 5 janvier dernier, une vingtaine de wilayas du pays.

Anticipant sur une éventuelle contestation de ce bilan officiel, Daho Ould Kablia, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, prend les devants et réfute d’ores et déjà tout autre chiffre qui serait éventuellement communiqué par des organisations indépendantes.

« En ce qui concerne le nombre de morts et de blessés, toute autre information colportée par des organes de presse étrangers ou algériens est fausse et alarmiste et à laquelle il convient de ne donner aucun crédit », avait asséné le ministre dans une interview accordée hier à l’agence de presse étatique, APS.

Maître Mustapha Bouchachi affirme qu’hormis ce bilan rendu public par le gouvernement, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) ne dispose pour l’heure d’aucun autre bilan. « Nous savons qu’il y a eu beaucoup d’arrestations. Hier et avant-hier, de nombreux jeunes manifestants ont été présentés devant les tribunaux. Mais pour l’heure, nous n’avons pas pu obtenir assez d’informations, ni accéder aux dossiers des jeunes interpellés, encore moins de connaître les motifs des poursuites judiciaires ». Samedi soir, sur Canal Algérie, le ministre de l’Intérieur chargeait violemment les jeunes manifestants, auteurs « d’actes criminels ». Le lendemain, Daho Ould Kablia, sur un ton faussement paternaliste et compréhensif, réitère les mêmes propos réducteurs du mouvement de contestation et des manifestants, assimilés à des marginaux. Des émeutiers qui ne constituent, d’après M. Ould Kablia, que « la partie la plus radicale de la jeunesse (...) ».

« La frange de jeunes dont nous connaissons, par ailleurs, la situation difficile, tente d’analyser le ministre, s’est mise en position de fracture totale par rapport au reste de la société. Leurs agissements criminels faits de violence, de destruction et de vols n’ont épargné ni les biens publics ni les biens privés. Ils s’en sont pris aux intérêts de citoyens de condition modeste dont les magasins ont été pillés et leurs voitures incendiées. Ces jeunes n’ont obéi qu’à des instincts revanchards car ne mesurant pas toutes les conséquences de leurs actes. » Les tribunaux, ajoute-t-il, ont déjà été saisis dans la plupart des cas où des jeunes ont été pris « en flagrant délit de vandalisme ou de vol ».

Certains des mineurs arrêtés répondront, selon un avocat cité par l’agence AFP, des chefs d’inculpation d’« incendie volontaire » et de « coups et blessures ayant entraîné la mort ». « Pour apaiser les esprits, l’urgence est dans la mise en œuvre de solutions politiques et pacifiques et non pas d’appliquer aux manifestants le code pénal », rétorque le président de la LADDH. Les déclarations faites ces dernières heures par les responsables du gouvernement sont le signe, d’après l’avocat des droits de l’homme, que le cycle de la répression ne sera pas rompu de sitôt. Les pouvoirs publics, déplore Me Bouchachi, privilégient toujours le « traitement policier et judiciaire aux solutions politiques ».

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