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Algérie/émeutes : des infos de Boumerdès et Tizi Ouzou
(Le 8 janvier 2011)

Emeutes, saccage et actes de vandalisme à Boumerdès

Le Temps d’Algérie, 08-01-2011

De violentes émeutes ont éclaté hier encore dans diverses localités de Boumerdès. Les échauffourées ont repris avec beaucoup plus d’intensité en début de journée à Naciria, Bordj Menaïel et les Issers. Plusieurs axes routiers ont été bloqués par les manifestants qui scandaient des slogans hostiles au pouvoir.
Plusieurs édifices publics ont été saccagés notamment durant la nuit de vendredi. Les manifestants s’en sont pris à l’institut de tourisme du Figuier, au siège des douanes, au lycée Frantz Fanon de Boumerdès, ainsi qu’au centre des handicapés de Corso.

Ils ont pris d’importantes quantités de matériel informatique qui se trouvait à l’intérieur. Hier des centaines de jeunes ont pris d’assaut les 144 logements implantés à la sortie sud de la ville des Issers. Ces logements étaient destinés au relogement des sinistrés du séisme et d’autres familles occupant des chalets.

La localité était le théâtre de violents affrontements durant toute la journée. Les forces antiémeutes se sont repositionnées en grand nombre devant les sièges de la daïra, de l’APC et du bureau de poste pour contrecarrer les jeunes qui tentaient d’y mettre le feu. Les commerces et les magasins sont demeurés fermés depuis jeudi dernier.

Saccage et vandalisme

Les habitants se sont vu contraints d’aller jusqu’aux localités voisines pour s’approvisionner en denrées alimentaires. Dans la nuit d’hier, une foule de jeunes a envahi un important de magasin de stockage des produits alimentaires et de matériel électroménager appartenant au groupe Cevital.
Les jeunes déchaînés ont pris tous les produits qui étaient stockés à l’intérieur. Certains témoins indiquent que des dizaines de camionnettes ont été chargées en divers produits avant de prendre on ne sait quelle destination. Le marasme qui couve cette région semble profond.

Les mêmes scènes de violence suivies de saccage et d’actes de vandalisme se sont reproduites également pour la deuxième journée consécutive à Bordj Menaïel.
Les forces de l’ordre ont eu du mal à contrecarrer les foules qui étaient sur les nerfs. Ces dernières, armées de projectiles, ont causé des dégâts considérables notamment au siège des impôts. Hier les jeunes tentaient surtout de forcer le cordon de sécurité dressé aux alentours du siège de l’APC, du tribunal, de la daïra, du CPA ainsi que du service des urgences de l’hôpital.

Les heurts se sont soldés par plusieurs blessés que ce soit parmi les manifestants ou les éléments des forces de l’ordre. Certains témoins nous confient que les jeunes ayant reçu des blessures avaient tous refusé d’être admis à l’hôpital de peur d’être arrêtés par la police. Et ils ont été soignés avec les moyens du bord. Dans la commune voisine de Naciria, les affrontements étaient d’une violence inouïe.

Les affrontements ont débuté en début de matinée. Les jeunes ont arraché le toit du bureau du FFS, sis au centre-ville. L’échange de projectiles a causé des dizaines de blessés parmi les policiers, apprend-on de source locale. Celle-ci précise que six personnes au moins ont été arrêtées lors des heurts de la soirée de vendredi.

Nouvelle journée d’affrontements à Tizi Ouzou

Le calme qui a régné dans la capitale du Djurdjura durant la matinée d’hier a été rompu soudainement à 12h40. A ce moment, des grappes de jeunes avaient commencé à dresser des barricades au niveau de la rue capitaine Si Abdellah, avec des poubelles et des tôles ramenées du chantier du square. La cible était le siège de la direction de la Cnep situé juste en face, sur la grand-rue. La bâtisse a été copieusement arrosée de pierres.

Les jeunes en furie s’adonnaient presque à des séances d’amusement en voyant les pierres briser les vitre de la bâtisse.

En deux temps trois mouvement, cet assaut contre la Cnep a créé un mouvement de panique chez les automobilistes qui faisaient demi-tour n’importe où et n’importe comment.

En un clin d’œil, les commerces ont baissé rideau. Plus d’une demi-heure plus tard, les jeunes jetaient encore des pierres sur la bâtisse sans que les forces antiémeutes stationnées au niveau du commissariat situé à une centaine de mètres de là n’interviennent.

Tombent ensuite les premières grenades de gaz lacrymogènes. A la grand-rue, c’est le sauve-qui-peut. « Ce gaz est plus fort que celui utilisé lors des événements du printemps noir en 2001 », ironisent les émeutiers qui s’étaient préparés pour la circonstance en ramenant des bouteilles de vinaigre et des écharpes. Les forces antiémeutes se sont déployées très vite au niveau de plusieurs carrefours et des policiers en civil munis de masques ont donné la chasse aux jeunes émeutiers à travers les ruelles adjacentes à la rue Abane. Les autres quartiers de la ville sont restés très calme mais portent toujours les traces des violences de la veille.

Durant la soirée de vendredi, des dégâts ont été enregistrés au centre-ville. L’agence Air Algérie a connu des actes de vandalisme.

Les émeutiers se sont introduits à l’intérieur et se sont emparés de tout ce qui s’y trouvait. L’agence de la Cnas située à la rue Lamali qui longe le CHU Nédir Mohamed a également été saccagée.

La ville de Tadmaït, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Tizi Ouzou, a aussi vécu une nuit bien chaude, de violents affrontements y ont opposé les jeunes aux forces antiémeutes. D’autres scènes moins violentes ont été enregistrées à Boghni, au sud de la wilaya, toujours durant la nuit de vendredi.

La police a procédé à des arrestations à Tizi Ouzou ville mais on ignore toujours le nombre exact et d’autres localités comme Aïn El Hammam ont été touchées par les manifestants. Dans cette dernière localité, l’agence BDL a été incendiée par les manifestants, avons-nous appris de sources locales.

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