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Egypte : pro et anti-Moubarak s’affrontent derrière les barricades (13 morts, 1200 blessés)
(Le 3 février 2011)

Egypte : pro et anti-Moubarak s’affrontent derrière les barricades

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 03.02.11 | 17h04

Des tirs ont été entendus jeudi 3 février à la mi-journée aux abords de la place de la Libération (Tahrir) au Caire, alors que les violences ont repris entre partisans et opposants au président égyptien, Hosni Moubarak. Plus de 24 heures après le début des violences qui ont fait, selon un dernier bilan du ministère de la santé, cité par The Guardian, treize morts et plus de 1 200 blessés, la place restait entre les mains des opposants à Moubarak.

Des barricades sur la place. Au dixième jour de la contestation, les opposants se sont barricadés sur la place, dressant ici et là de grandes plaques métalliques pour se protéger. Plusieurs milliers de manifestants ont rejoint les centaines d’opposants qui avaient réussi à rester là tout au long de la nuit, malgré les jets de pierre et de cocktail Molotov. Les manifestants ont établi une "chaîne humaine" aux entrées de la place, et certains d’entre eux contrôlaient les personnes qui entraient.

Confusion autour de la répression. Le premier ministre, Ahmed Chafik, a présenté ses excuses jeudi après-midi pour les violences survenues dans le centre de la capitale. Le gouvernement a démenti avoir joué le moindre rôle dans la mobilisation des partisans de Moubarak et indiqué qu’une enquête serait ouverte sur l’origine des violences. Le vice-président, Omar Souleimane, a demandé la "libération immédiate" des jeunes militants non impliqués dans des actes criminels.

Place Tahrir, un journaliste de Reuters a vu des manifestants maîtriser quelqu’un en affirmant qu’il était membre des services de sécurité. Une voix, par haut-parleur, les a alors exhortés à ne pas le passer à tabac. "Ne le brutalisez pas. Remettez-le nous et le comité d’organisation et nous-mêmes le livrerons à l’armée. Les médias internationaux nous regardent et disent que nous sommes pacifiques." Des chaînes de télévision ont aussi montré des militaires procédant à des arrestations.

L’armée toujours sur la réserve. "Lorsque nous arrivons ici, ils (les militaires) nous fouillent en quête d’armes, et dans le même temps ils laissent passer des voyous en armes qui nous attaquent. Nous refusons de partir. On ne peut pas laisser Moubarak encore en place pendant huit mois", a déclaré un médecin venu soigner les blessés. L’armée avait rassuré les manifestants lundi, en jugeant leurs revendications légitimes et en promettant de ne pas ouvrir le feu sur eux. Depuis mardi soir, lorsque Moubarak a annoncé qu’il resterait au pouvoir jusqu’en septembre mais ne briguerait pas de nouveau mandat, les militaires se sont abstenus pour l’essentiel de toute intervention.

Les médias persécutés. Les violences de mercredi et dejeudi ont fait plus d’une dizaine de morts et d’un millier de blessés, selon le ministère de la santé. Un étranger, dont la nationalité n’est pas encore connue, a été battu à mort sur la place de la Libération. Plusieurs journalistes étrangers et égyptiens ont été agressés lors des violences, ce qui a conduit la commission de protection des journalistes (CPJ) à accuser le gouvernement de tentative d’intimidation et de censure généralisée à l’encontre des médias.

La chaîne franco-allemande Arte était sans nouvelles jeudi en début d’après-midi de l’un de ses journalistes, envoyé spécial au Caire, arrêté un peu plus tôt par l’armée.

L’opposition refuse toujours de négocier. Les violences déclenchées par les pro-Moubarak en chargeant, parfois à dos de dromadaire ou à cheval, les manifestants de la place Tahrir, semblent avoir renforcé la détermination des opposants au raïs, qui comptent organiser vendredi de grands rassemblements à l’occasion d’un "jour du départ" - nouvel appel à la démission de Moubarak.

"Ce qui s’est produit hier nous rend de plus en plus résolus à faire tomber le président Moubarak", a déclaré à la chaîne d’information Al Djazira un porte-parole du mouvement de protestation Kefaïa ("Ça suffit !"). "Il n’y aura pas de négociations avec quelque membre du régime Moubarak que ce soit après ce qui s’est passé hier et ce qui continue à se produire place Tahrir", a-t-il continué.

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