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Egypte : le pouvoir brandit la menace de l’armée, la révolte s’étend
(Le 9 février 2011)

Egypte : le pouvoir brandit la menace de l’armée, la révolte s’étend

AFP, 09/02/2011 à 21:27

Le pouvoir contesté du président Hosni Moubarak a averti mercredi que l’armée pourrait intervenir en cas de "chaos" en Egypte, au 16e jour d’une mobilisation populaire tenace marqué par des manifestations hostiles au Parlement et au gouvernement.

La révolte a touché une ville à 400 km au sud du Caire, El Kharga, où cinq personnes blessées dans des heurts entre manifestants et policiers qui ont fait usage de balles réelles ont succombé, selon des sources médicales. Une centaine d’autres ont été blessées.

A la contestation politique se sont ajoutés plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail, dans les arsenaux de Port-Saïd (nord-est), dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez (est) ou encore à l’aéroport du Caire.

Maintenant la pression, la Maison Blanche a estimé que la poursuite de la mobilisation populaire en Egypte montrait que les réformes politiques n’étaient encore pas suffisantes, alors que le département d’Etat a encouragé l’armée égyptienne à continuer à faire preuve de modération.

Durcissant le ton à l’égard des manifestants qui ont rejeté toutes les mesures d’apaisement du régime, le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a prévenu que "l’armée interviendrait en cas de chaos pour reprendre les choses en main".

"Si cela arrive (...), les forces armées se verront obligées de défendre la Constitution et la sécurité nationale de l’Egypte. Nous serons dans une situation très dangereuse", a-t-il dit, selon l’agence officielle Mena qui reprenait une interview accordée par le ministre à la chaîne Al-Arabiya.

Déjà mardi, le vice-président Omar Souleimane avait averti qu’une fin immédiate du régime "signifierait le chaos".

Mais les manifestants semblaient refuser de lâcher prise, exigeant rien de moins que le départ immédiat de M. Moubarak, 82 ans, qui a promis de s’effacer à la fin de son mandat en septembre et formé une commission pour amender des articles de la Constitution contestés par l’opposition et liés à la présidentielle.

Sur la place place Tahrir, rond-point du Caire devenu symbole du mouvement déclenché le 25 janvier, des dizaines de milliers de manifestants ont encore réclamé le départ du chef de l’Etat, qui a gouverné l’Egypte d’une main de fer pendant près de 30 ans.

"Je n’ai pas peur, j’ai déjà vu la mort", a assuré Ahmad Talal, un étudiant de 25 ans, parmi une foule dense agitant des drapeaux égyptiens. "Je ne crains pas les paroles ou les menaces d’Omar Souleimane et de son gouvernement, parce que nous sommes là pour gagner notre liberté et celle de notre pays".

Les propos de M. Souleimane ont été dénoncés par l’opposition, dont les Frères musulmans, bête noire du régime. "Il s’agit d’une menace inacceptable aux yeux du peuple égyptien", a affirmé Mohamed Moursi, un responsable de la confrérie. "Tout le monde est d’accord pour continuer (à manifester) quelles que soient les menaces".

Près de la place Tahrir, des centaines de personnes ont encerclé le Parlement et le siège du gouvernement, situés l’un en face de l’autre. Les deux bâtiments étaient protégés par des blindés et le Conseil des ministres a dû se tenir dans un autre lieu.

Les manifestants anti-gouvernementaux ont été galvanisés par la foule monstre rassemblée la veille place Tahrir, où, selon des photographes de l’AFP, le nombre des protestataires a été le plus important depuis le début de la contestation.

La révolte a aussi touché la ville d’Assiout, au sud du Caire, où des manifestants anti-Moubarak ont bloqué une voie de chemin de fer et coupé une autoroute reliant le nord et le sud du pays à l’aide de pneus brûlés.

Des manifestants ont également saccagé un bâtiment officiel dans la ville de Port Saïd (nord-est), à l’entrée méditerranéenne du canal de Suez, et incendié la voiture du gouverneur.

Parallèlement, la vie reprenait au Caire son cours dans la journée, la plupart des commerces ayant rouvert dans la capitale. Mais en soirée le couvre-feu reste en vigueur au Caire, à Alexandrie (nord) et Suez (est) de 20H00 (18H00 GMT) à 06H00 (04H00 GMT).

Entretemps, les Frères musulmans ont réaffirmé qu’ils ne recherchaient pas le pouvoir, alors que beaucoup, en particulier en Occident, redoutent l’émergence d’une Egypte islamiste.

Depuis le 3 février, les manifestations se déroulent le plus souvent dans le calme et l’armée n’est intervenue contre les protestataires. Des heurts entre policiers et manifestants les premiers jours, puis entre pro et anti Moubarak le 2 février, ont cependant fait près de 300 morts, selon l’ONU et Human Rights Watch, ainsi que des milliers de blessés.


Egypte : des manifestants saccagent un bâtiment officiel à Port Saïd

Belga, mercredi 09 février 2011 à 19h04

(Belga) Des manifestants hostiles au président égyptien Hosni Moubarak ont saccagé mercredi un bâtiment officiel dans la ville de Port Saïd (nord-est), à l’entrée méditerranéenne du canal de Suez, et incendié la voiture du gouverneur, ont rapporté des témoins à l’AFP.

Quelque 3.000 manifestants ont fait irruption dans les locaux du siège de la province de Port Saïd, brisant des portes et des vitres et jetant des meubles par la fenêtre avant d’y mettre le feu. Ils ont également réussi à sortir la voiture du gouverneur du garage de l’immeuble et l’ont incendiée, selon des témoins. Personne ne se trouvait dans le bâtiment au moment des faits. Les manifestants venaient du bidonville proche de Zirzara, où ils vivent dans des cabanes en bois et réclament depuis 15 ans un logement décent. La police et les forces de sécurité ont largement disparu de la zone en raison du mouvement de contestation sans précédent contre le président Moubarak, entamé dans l’ensemble du pays. Depuis le début des manifestations le 25 janvier, près de 300 personnes ont été tuées dans des affrontements d’abord avec les forces de l’ordre puis entre partisans et opposants du régime, selon des bilans de l’ONU et de Human Rights Watch.


Egypte : deux protestataires tués lors d’émeutes à Kharga

AP, 09/02/11 17:55

LE CAIRE (AP) - Deux protestataires ont été tués mardi quand la police égyptienne a ouvert le feu sur des centaines de personnes qui avaient incendié un tribunal et attaqué un commissariat dans la ville de Kharga, au sud-ouest du Caire, théâtre de deux jours d’émeutes, a-t-on appris mercredi auprès de responsables de la sécurité égyptienne.

Les protestataires réclament le limogeage d’un haut responsable de la police locale accusé d’abus.

L’armée a été contrainte de sécuriser un certain nombre d’édifices gouvernementaux, y compris des prisons, ajoutait-on de même source.

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