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Oued Koriche (Alger) : émeutes du logement, molotovs, 50 flics blessés et un mort
(Le 24 mars 2011)

Affrontements entre police et manifestants : La poudrière de Oued Koriche

DNA, Jeudi, 24 Mars 2011, 10:53

Les émeutes ont repris jeudi matin dans la cité Climat de France de Oued Koreich, quartier miséreux de Bab El Oued, a constaté sr place une journaliste de DNA. Les habitants du quartier qui protestent contre la démolition de leurs habitations précaires ont barricadés les axes routiers.

L’explosion était prévisible et la police était en état d’alerte dès mardi 22 mars. La cité Climat de France de Oued Koreich, quartier miséreux de Bab El Oued, s’est embrasée dans la matinée du mercredi 23 mars. Au moins une quarantaine de personnes ont été blessées dans des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre.

Les affrontements ont commencé mercredi matin lorsque des engins de la marie sont arrivés sur les lieux pour démolir les constructions jugées illicites érigées quelques mois plutôt par des habitants pour faire face à la pénurie de logements.

Les forces de l’ordre, dépêchées en renfort, ont même prêté assistance aux travailleurs chargés de la démolition comme le montrent les images diffusées mercredi soir par les chaînes TF1 et Euronews.

A peine l’opération de démolition entamée, les jeunes du quartier ont érigé des barricades, brulé des pneus avant d’affronter les policiers à coups de pierres et de cocktails molotov. Des hommes et des femmes en pleurs et en colère se sont opposés à certains policiers.

La réponse de la police a été brutale. Tirs avec des balles en caoutchouc, bombes lacrymogènes, les affrontements ont fait plusieurs blessés parmi les manifestants et les policiers.

Un jeune émeutier âgé de 17 ans a eu l’œil crevé après avoir reçu une balle en caoutchouc au visage. Le quotidien El Watan fait part de son côté du décès d’une fillette de 7 mois après avoir inhalé du gaz lacrymogène. Toutefois, cette information n’a pas été confirmée de sources officielles.

Depuis les émeutes de janvier 2011 qui ont fait cinq morts et quelque 800 blessés, c’est la première fois que la police fait usage de balles à blanc et de gaz lacrymogènes contre des manifestants.

Jusqu’à ce jeudi matin, les autorités n’ont pas encore communiqué sur cette émeute qui a secoué ce quartier populeux et miséreux de la capitale.

Située sur les hauteurs de Bab El Oued, cette cité appelée encore aujourd’hui « Climat de France » a été construite en 1958 à l’époque où le pays était encore sous occupation française.

« Climat de France » fait pendant à d’autres quartiers de la capitale algérienne, tels que Diar El Mahçoul, Diar Essada et Diar Echems, construits à l même époque, devenus au fil des années de véritables favelas de raison de l’explosion démographique.

Des émeutes du logement secouent régulièrement de nombreux quartiers de la capitale algérienne depuis octobre 2009.

En juillet 2010, les habitants des bidonvilles de « la Carrière Jobert » et « Climat de France » sur les hauteurs du rond point « Triolet », à l’entrée de Bab El Oued, ont provoqué des émeutes suite à des tentatives des autorités de déplacer les familles pour les reloger à Bentalha, à Birtouta et aux Eucalyptus, à une trentaine de kilomètres à l’est d’Alger.

Les autorités algériennes affirment avoir construit des centaines de milliers de logement mais ce programme lancé depuis le début du premier mandat du président Bouteflika, 74 ans, n’a pas été en mesure de répondre aux demandes des citoyens.


Des affrontements font des dizaines de blessés

El Watan, 24.03.11 | 01h00

Des émeutes ont éclaté, hier matin, au Bt21 de la cité Climat de France, dans la commune de Oued Koriche. Pneus enflammés, route coupée et jets de pierres en direction des policiers venus en renfort pour assurer l’opération de démolition du bidonville érigé il y a près de deux mois sur le jardin de la cité, ont été enregistrés. Plusieurs dizaines de blessés déplorées de part et d’autre.

Les vitres d’un véhicule de police ont volé en éclats et des voitures de riverains ont subi quelques dommages. Une dizaine de blessés sont à déplorer parmi les habitants. Une fillette de 7 mois est décédée. La cause serait liée à l’inhalation de gaz lacrymogènes. Son père, bijoutier, habitant le quartier, était impossible à joindre vu le dispositif de sécurité qui entourait le périmètre. La police réfute en bloc ces informations.

« Mon fils a été touché par des balles en caoutchouc et a eu la jambe fracturée », assure un père de famille. Les affrontements ont duré toute la matinée d’hier. Les policiers, qui ont utilisé des bombes lacrymogènes pour disperser les protestataires, ont interpellé trois jeunes du quartier. Les représentants des habitants de la cité ont dénoncé la réaction « disproportionnée » de la police : « Des agents ont procédé à des perquisitions sans mandat, dans des domiciles, à la recherche de jeunes manifestants, sans aucune considération pour les lois de la République. » Ces affrontements font suite aux événements qui se sont déroulés au même endroit il y a deux semaines.

Si ce jour-là, les habitants ont réussi à « repousser » les engins communaux, hier, les services de l’APC et de la daïra de Bab El Oued, escortés par un impressionnant dispositif sécuritaire (400 agents), ont réussi à démolir les constructions illicites sous le regard des habitants désespérés. « Sommes-nous des habitants de seconde zone ? Nous n’existons pas dans les programmes de développement », rageaient-ils. « Ils n’ont pas le droit de démolir, nous nous sommes endettés pour construire ces chambres », se plaint une femme.

Selon une source policière, 50 policiers ont été blessés et plusieurs véhicules saccagés. « C’est après usage de projectiles et de cocktails Molotov que le dispositif de sécurité, de maintien et de rétablissement de l’ordre a été renforcé », ajoute la même source, qui a précisé que la police a fait usage de deux bombes lacrymogènes seulement.

Les jeunes interpellés seront relâchés en fin de journée, précise-t-on également. La police dément avoir causé des blessés parmi les habitants. En fin d’après-midi, les affrontements se poursuivaient et la tension persistait. Les protestataires promettent d’étendre leur mouvement aux quartiers voisins « dont les habitants souffrent dans les mêmes conditions ».


Suite à la démolition des constructions illicites
Violentes émeutes à Climat-de-France

Liberté, 24 mars 2011

Selon les habitants, le maire aurait autorisé, comme solution provisoire, ces constructions illicites. L’élu dément formellement en arguant qu’il s’est conformé aux instructions de la wilaya d’Alger.

Le quartier de Climat-de-France a vécu, hier, une autre page de contestation. La cité populaire, limitrophe de Bab El-Oued, a renoué avec la violence, née il y a quelques mois de l’opération relogement à La Baucheraye. Cette fois, il s’agit de la démolition de 33 baraques, construites à proximité de la cité. “L’assaut de démolition”, pour reprendre l’expression d’un citoyen, a été donné vers 5 heures, pendant que le quartier était plongé dans le sommeil. L’imposant dispositif antiémeute, quadrillant les lieux, est assez éloquent. À notre arrivée dans la matinée, une centaine de policiers en décousent avec les jeunes lanceurs de pierres. On nous signale tout de suite qu’il y a des blessés parmi la population, dont certains seraient dans un état grave. Certains d’entre eux viennent nous montrer leurs blessures, qui au visage, qui à la tête, aux mains, aux jambes. D’autres nous font voir les douilles et les grosses billes, tirées par les forces de l’ordre. De chez elles, deux femmes tiennent chacune un volet de fenêtre aux vitres brisées, preuve que les tirs ont pénétré jusque dans les foyers. “On a fait évacuer trois voisins sérieusement blessés dont l’un a perdu un œil”, raconte un des émeutiers. Mais qu’en est-il au juste de cette émeute. On nous désigne un terrain, théâtre des opérations, puisque c’est de là qu’est partie la révolte. L’endroit, labouré par un bulldozer deux heures auparavant, n’est plus qu’un amas de gravats. Un terrain de jeu qui a servi d’assiette à la réalisation d’une douzaine de constructions illicites, autorisées, selon les habitants, en attendant une solution aux familles qui en auraient exprimé la demande. “Si je n’avais pas reçu d’accord, je n’aurais jamais investi treize millions de centimes pour ériger une baraque. À présent, je me retrouve endetté pour quelque chose dont je ne profiterai même pas”, dira l’un d’eux. Même déception chez son voisin. D’autres plaignants se joignent au groupe qui nous entoure pour manifester leur mécontentement. “Nous avons fait des demandes de logement social, AADL et autres, mais aucune suite ne nous a été réservée. Venez voir comment nous vivons dans ces cagibis où nous sommes entassés à douze et quatorze dans un F2, alors que des logements sont inoccupés un peu partout à Alger. Sommes-nous des demi-citoyens pour nous traiter de la sorte ?”, lancent-ils. De l’autre côté de la cité, la bataille s’amplifie entre les jeunes et les policiers. Les bombes lacrymogènes font du vide d’un moment à l’autre, mais les frondeurs ne lâchent pas prise. La mairie est presque vide. La plupart des élus sont sur le terrain. Le P/APC d’Oued Koriche en casque de protection ressemble à un travailleur de chantier. Il refuse à maintes reprises de faire des déclarations. Nous revenons à la charge pour lui rappeler que les habitants l’accusent de les avoir “roulés” après son accord sur les constructions en question. “Je n’ai jamais avalisé l’informel”, répond le jeune maire, avant d’ajouter qu’il “ne fait qu’exécuter les instructions de la wilaya en matière de constructions illicites”. Plus loin, il dira que “ceux qui ont pris cette initiative d’ériger des constructions illicites sur un espace vert et même sur la cour d’une école n’ont qu’à assumer leurs responsabilités”. C’est plus facile à dire qu’à faire. La question qui reste cependant posée est de savoir où étaient les autorités locales quand ces constructions s’érigeaient en plein jour ? Et comme le dira un citoyen : “Au moment où nous avons fait la demande au maire, il nous a été clairement répondu que personne ne nous toucherait.” Sans commentaire.


Affrontements à Alger : Une fillette de 7 mois asphyxiée par les gaz lacrymogènes et des dizaines de blessés

El Watan, 23 mars 2011

Une fillette de 7 mois est morte mercredi après midi, asphyxiée par les gaz lacrymogènes au niveau de la cité B21 à Climat de France, dans la commune de Oued Koriche, qui connait depuis la matinée de violentes émeutes, entre les habitants du quartier et la police, avons nous appris d’une source proche de l’APC de Oued Koriche.

Selon une source policière contactée par El Watan, au moins 50 policiers ont été blessés depuis les premières heures de la matinée de mercredi. D’autre part, au moins 3 arrestations ont été enregistrées parmi les jeunes émeutiers qui protestent contre les opérations de démolition des constructions illicites érigées au coeur de leur cité.

Autour de 15 heures, les affrontements ont gagné un autre secteur de la cité « Climat de France », a appris elwatan.com de la part d’un habitant de cette cité populaire située à Oued Koreich. Selon ce témoin oculaire, au moins dix habitants ont été blessés par des balles en caoutchouc tirés par les policiers anti-émeutes au niveau de la zone dite « B21 ». Les forces de l’ordre ont enregistré une vingtaine de blessés dans leur rang, indique une source proche de l’APC d’Oued Koreich.

En effet, selon notre interlocuteur, plusieurs policiers ont été blessés dans les affrontements qui les ont opposés aux jeunes de « Climat de France ». « Des familles balançaient des pierres et des objets métalliques sur les forces de l’ordre des balcons et des terrasses », indique notre interlocuteur.

Vers 14h30, les deux bulldozers et les dizaines de camions mobilisés par la wilaya d’Alger continuent de progresser, sous escorte policière, vers les secteurs des « 200 colonnes » et « Bâtiment carré » pour procéder à la démolition de plusieurs dizaines d’habitations illicites.

Pour rappel, de violents affrontements ont opposé, mercredi, depuis 6 heures du matin des dizaines de jeunes habitants de la cité « Climat de France » aux forces de l’ordre dans la commune populaire d’Oued Kreich. Selon des témoins oculaires contactés mercredi matin par elwatan.com, il y aurait déjà une quarantaine de blessés et au moins cinq véhicules ont été incendiés dont un camion de la Police attaqué par des jeunes en furie.

À coup de bombes lacrymogènes, les policiers anti-émeutes tentent depuis ce matin de disperser les jeunes émeutiers de la cité « Climat de France » qui ont empêché le déroulement d’une opération d’éradication de bidonvilles érigés au centre de cette cité populaire laquelle abrite pas moins de 5000 habitants, a appris mercredi elwatan.com.

Il faut savoir que ces affrontements ont commencé lorsque les autorités locales de la wilaya d’Alger ont tenté de détruire une quarantaine d’habitations illégales construites récemment par des jeunes de la cité en quête d’un logement. Trois zones de la cité « Climat de France » sont, en fait, visées par ces opérations menées par des bulldozers et quadrillées par un dispositif sécuritaire impressionnant.

La première zone visée mercredi par les autorités s’appelle « B21 » et abrite de nombreuses constructions en tôle installées il y a de cela quelques mois par des habitants qui ont fui l’exiguïté des appartements de leurs immeubles datant de l’époque coloniale.

Opposés à ces opérations d’éradication et réclamant depuis fort longtemps des logements sociaux, les jeunes de « Climat de France » sont entrés, des lors, en confrontation avec les éléments des forces de sécurité présents sur les lieux. Et ces affrontements n’ont pas cessé de gagner en violence et en intensité.

Une quarantaine de blessés est signalée et cinq véhicules ont été incendiés. Selon des témoins oculaires, un camion de la Police a été saccagé par les jeunes en colère. Ces derniers n’hésitent pas à « bombarder » les policiers avec des pierres et des barres de fer.

Signalons enfin que la cité « Climat de France » compte près de 200 constructions illicites. Les habitants de cette cité délabrée demandent depuis longtemps des logements sociaux. Mais les opérations de distribution de logements sociaux sont bloquées pour l’heure dans la commune d’Oued Koreich, précise à elwatan.com un responsable de l’APC.

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