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Sénégal : belles émeutes à Dakar, sièges sociaux & résidences de ministres incendiés et pillés, comicos assiégés
(Le 29 juin 2011)

Dakar et sa banlieue théâtre de nombreux incendies

Afrik.com, 28 juin 2011

Depuis jeudi, et la forte mobilisation face au très controversé projet de loi d’Abdoulaye Wade qui a rapidement viré à l’émeute dans le centre-ville de Dakar, les violences continuent. Excédées par les coupures de courant, de plus en plus longues et de plus en plus fréquentes, les populations se sont principalement attaquées, lundi, aux locaux de la société publique d’électricité.

Dakar et sa banlieue en flammes !

Lundi, des bâtiments publics, des mairies et des locaux de la Senelec, la société publique d’électricité, ont été saccagés et incendiés par des jeunes en colère. Ce nouvel embrasement du pays intervient seulement quatre jours après une précédente journée de violences, jeudi. Face au projet de réforme constitutionnelle d’Abdoulaye Wade visant à se faire réélire l’année prochaine en compagnie d’un vice-président pouvant lui succéder avec seulement 25% des voix, des milliers de Sénégalais avaient fait le siège de l’Assemblée nationale pour réclamer le retrait du projet. La contestation avait rapidement tourné à l’émeute, faisant une centaine de blessés dont 13 policiers.

Malgré l’abandon du projet de loi par le président Wade, la température ne retombe pas. Et la contestation à caractère politique légitime a laissé place au vandalisme et au pillage. En proie à des coupures régulières d’électricité depuis des mois, qui se sont aggravées ces dernières semaines, durant parfois jusqu’à 24 heures d’affilée dans certains quartiers, les Sénégalais sont à cran. Il n’en fallait pas plus que de longs délestages ce lundi pour rallumer la mèche. Les barrages de fortune faits de pierres ou de pneus enflammés se sont répandus dans la ville comme une traînée de poudre. Une éruption brutale à la mesure de la frustration des Sénégalais.

Des agences de la Senelec et des bâtiments publics incendiés

Lundi soir à Dakar, les agences de la Senelec étaient en feu dans le quartier de la Patte d’Oie ainsi qu’à Ouakam. Des locaux de la société d’électricité ont également été incendiés dans la banlieue à Yeumbeul, à Daroukhane et aux Parcelles assainies. La mairie des Parcelles a également fait les frais du ras-le-bol des Sénégalais. Dans la banlieue de Guédiawaye, c’est le siège des services fiscaux qui a été totalement saccagé et incendié. D’après la police, les pillards n’auraient évidemment rien laissé sur place et surtout pas le coffre-fort. Un déferlement de violences qui a eu lieu un peu partout dans la capitale et sa banlieue obligeant en plusieurs endroits, les forces de l’ordre à intervenir et à disperser les manifestants à coup de gaz lacrymogènes.

Plus tôt dans la journée, une violente manifestation avait éclaté à Mbour, à 80 km au sud de la capitale, plongée dans le noir depuis deux jours. Des forces de l’ordre sont intervenues pour les disperser à coups de grenades lacrymogènes. Les protestataires se sont alors disséminés dans différents quartiers de la ville, bloquant des voies, brûlant des pneus, et saccageant les locaux de la Sénelec.

L’armée en renfort

Dans le quartier de Yoff à Dakar, c’est carrément le domicile d’Oumou Khairy Guèye Seck, ministre de l’élevage, qui a été attaqué par les manifestants lundi soir. Même chose dans le quartier des Maristes où la maison de Serigne Mbacké Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a été incendiée. Les forces de police n’étant plus en mesure de contenir la situation, les autorités ont eu recours à l’armée pour protéger des sites stratégiques et les domiciles de certaines personnalités de l’État face à cette flambée de violence. Des jeunes étaient alors en route vers le monument de la Renaissance africaine et vers le siège du parti au pouvoir.

Ce n’est certes pas la première fois que les Sénégalais descendent dans la rue et saccagent des agences de la compagnie publique d’électricité pour protester contre les coupures de courant, un problème qui empire d’année en année. Mais, jamais autant de foyers de contestation se sont allumés en même temps. Dans la ligne de mire, le ministre de l’Energie, qui n’est autre que Karim Wade, a du souci à se faire. Depuis plusieurs jours, les appels à Abdoulaye Wade se multiplient afin qu’il renonce à se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue en février. De son côté, le président, qui ne s’est toujours pas exprimé depuis les évènements de jeudi poursuit ses consultations. Il a ainsi convié au Palais de la République ses proches collaborateurs vendredi, ses alliés de la coalition « Sopi pour toujours » samedi, et le comité directeur de son parti dimanche. Dans un communiqué, ce dernier estime que « l’intention de certains des organisateurs de ces manifestations de jeudi dernier était de déstabiliser le pays et de l’installer dans la violence ». Le comité directeur du Parti démocratique sénégalais prévient qu’il « veillera au strict respect du calendrier républicain qui sera poursuivi jusqu’à son terme ». Le bras de fer engagé entre le régime et une partie de la population risque de durer, les violences aussi.


Manifestation contre les délestages : Plusieurs agences de la Sénélec mises à sac

Le Soleil, 28 juin 2011

Des scènes de rue assez violentes ont eu lieu hier dans l’après-midi jusqu’en début de soirée dans divers quartiers de la ville et en banlieue, à Ouakam et à Guédiawaye, ainsi que dans des villes comme Mbour. De la Sicap à Mermoz, sur la Voie de dégagement nord (Vdn) bloquée pendant quelques heures à hauteur du « tableau Sde », à Yeumbeul où la Route de Malika était coupée, les usagers ont dû prendre leur mal en patience ou aller à pied. Pis, dans plusieurs endroits, des foules de jeunes surexcités, qui réclamaient avec véhémence l’arrêt des coupures intempestives d’électricité, ont saccagé des agences de la Senelec (Mbour, Yeumbeul et Yoff) venant ainsi allonger la liste de ces actes déplorables contre la société qui n’arrive plus à garantir une fourniture correcte de courant.

Les manifestants ont d’abord investi le quartier Sacré Cœur à hauteur de la « Boulangerie jaune ». Une véritable Intifada s’est alors installée vers 18 heures sur les lieux. Le spectacle qui s’offrait à la vue des passants était désolant. Des pneus brûlés jonchaient le sol, de même que plusieurs cailloux. Du côté du rond-point de la Sicap Liberté 5, on pouvait apercevoir un épais nuage de fumée. Les forces de Police, armés d’uniformes adaptés à la situation, casquettes anti-émeute vissées sur le chef, pouvaient ainsi aller à l’assaut des jeunes manifestants pour tuer dans l’œuf les velléités guerrières des jeunes Sicapois, outrés par les coupures intempestives d’électricité.

Interrogé, Mb. F, un jeune manifestant, estime que « la coupe est pleine à la Sicap Sacré Cœur où les gens sont restés près de 24 heures sans électricité ». « C’est une situation intenable », peste-t-il. Les forces de Police ont tenté tant bien que mal de contenir des jeunes déchaînés en usant de façon sporadique à des jets de grenades lacrymogènes. Une stratégie de musellement qui n’a guère payé, car les jeunes manifestants se sont terrés dans leurs domiciles avant de repartir à l’assaut quelques minutes plus tard : un véritable jeu du chat et de la souris.

À Liberté 6 Extension, le spectacle est le même : les véhicules sont déviés et ne pouvaient emprunter la Vdn, apeurés par des manifestants en furie. Toujours sur la Vdn, du côté du siège du Pds, la Police est restée en état d’alerte. Profitant de l’obscurité qui commençait à s’installer après 19 heures, les jeunes manifestants ont procédé à des jets de pierres sur les lieux. Les jets de grenades lacrymogènes, combinés à des renforts d’autres éléments des forces de sécurité ont eu finalement raison de la témérité de ces jeunes en colère. Une folle après-midi qui n’augure rien de bon si les délestages continuent.


Pillage des Impôts et domaines, agences Senelec, domiciles de ministre, mairies : la razzia de la furie des jeunes

PressAfrik, 28 juin 2011

Les conséquences des émeutes ou guérilla urbaine de l’électricité sont énormes. Les jeunes n’ont rien épargné dans leur furie. Des édifices publics, municipaux et des domiciles d’autorités tout a été saccagé, détruit et mis à sac. Les locaux des impôts et domaines de Mbour et de Pikine-Guédiawaye, les agences Senelec de Yeumbeul, Ouakam, Patte d’oie, Guédiawaye et certains domiciles de ministres sont attaqués et vandalisés.

Les dégâts sont énormes des émeutes des jeunes contre les longues et récurrentes coupures d’électricité. Durant toute la soirée d’hier, lundi 27 juin la capitale sénégalaise et sa banlieue sont en feu. Des rues barrées, des pneus, troncs d’arbres, des ordures et autres sont brûlés en plein milieu des chaussées. Des véhicules sont cassés. Les forces de l’ordre sont intervenues mais elles ont été débordées par les manifestations.

Les édifices saccagés se comptent par dizaines. De Mbour en passant par Malika, Yeumbeul, Guédiawaye, Patte d’oie, Yoff et Ouakam. En effet, à Mbour, les jeunes ont pris à partie les locaux des impôts et domaines et l’agence Senelec de la localité qu’ils ont pillés. Des papiers et des ordinateurs sont sortis et brûlés dans la rue.

Même cas de figure à Malika où la mairie et la maison des femmes sont aussi saccagées. Les jeunes en furie n’ont rien laissé sur les lieux. À quelques kilomètres à Yeumbeul, les jeunes ont détruit à l’agence Senelec de la localité. Ils ont mis en minorité les policiers et ont assiégé les rues, la Senelec et tout à fait début le poste police où une arme et des casques anti émeutes ont été confisqués par les assaillants.

À Golf et aux parcelles assainies, les jeunes ont été plus déchaînés. Du croisement « pharmacie Golf » au rond point « Case ba » des foyers de tension sont notés un peu partout. Les jeunes manifestants ne se sont pas seulement contentés à barrer les routes. Ils se sont attaqués aux locaux des impôts et domaines de Pikine-Guédiawaye nichés à Fadia. Ils ont tout détruit. Les vitres sont cassées, des bureaux mis en feu, des ordinateurs pillés, bref tout le bâtiment est mis à sac. Les assaillants ont fait la loi pendant plusieurs heures sans être inquiétés par la police ni la gendarmerie. Les manifestations se sont prolongées tout au long de la route des niayes. Même la police des Parcelles assainies n’est pas épargnée. De tous les côtés, les pierres ont jailli, le feu flambe. Les policiers las de balancer des grenades lacrymogènes se terrent dans leur coin.

Sur la VDN et à Yoff, c’est le même décor. Des manifestations qui sèment le désordre, des gendarmes qui les pourchassent. Cependant, ils n’ont pu faire le poids face au nombre impressionnant de jeunes et de foyers de tension. Pendant que les forces de l’ordre cherchent à sécuriser la permanence du Parti démocratique Sénégalais (PDS au pouvoir), certains manifestants se sont dirigés au domicile du ministre de l’Élevage et maire de Yoff, Oumou Khairy Gueye Seck. Ils l’ont complètement pillé. Du salon à la chambre à couchée rien a été laissé en rade. Dans la cour, les stigmates sont effarants. Les vitres cassés, des brulures et des débris jonchent le sol. À Ouakam, les jeunes après avoir saccagé encore une fois l’agence de la Senelec, ils ont voulu s’en prendre au monument de la renaissance. Cependant, les gendarmes sont arrivés en renfort et les militaires sont venus leur prêter main forte. C’est seulement avec cette tactique qu’ils ont pu repousser la charge des jeunes manifestants déterminés à tout mettre sens dessous dessus en représailles aux nombreuses et longues coupures de courant.

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