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Tunisie : Manifestations violentes dans le centre-ouest
(Le 24 novembre 2011)

Manifestations violentes dans le centre-ouest de la Tunisie

AP, 24-11-11 à 19:01

TUNIS (AP) - Le couvre-feu a été décrété jeudi soir à Gafsa, dans le centre-ouest de la Tunisie, à la suite d’actes de vandalisme liés au recrutement dans ce bassin minier durement frappé par le chômage, tandis que le calme est revenu à Kasserine, dans la même région, après des affrontements entre manifestants et forces de sécurité.

Le couvre-feu commençait dès jeudi, de 19h locales à 6h locales (même heure à Paris ; de 18H00 à 5H00 GMT), selon l’agence de presse officielle TAP.

Les incidents ont éclaté mercredi soir à l’annonce des résultats d’un concours de recrutement lancé par la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de cette région où beaucoup vivent dans des conditions précaires.

La compagnie a justifié son choix par "des critères de recrutement basés sur ses besoins réels en ouvriers et cadres ainsi que sur le paramètre de compétence" mais des habitants des localités de M’dhilla et Om Larayès ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme du favoritisme.

Des protestataires ont incendié des bus et voitures et ont saccagé et pillé des sites liés à la CPG, notamment un entrepôt. Ils se sont également attaqués à des postes de police et de la Garde nationale ainsi qu’au siège de la municipalité, selon la TAP.

En dépit des renforts de l’armée et de la police dépêchés sur place, les violences visant les équipements publics et les bâtiments de la CPG se sont poursuivies jeudi. L’insécurité persistante a causé la fermeture d’une unité de production de composants automobiles relevant de la société japonaise Yasaki.

Craignant une recrudescence de la violence, le gouverneur (préfet) de Gafsa, Moncef Hani, a déclaré à la TAP avoir demandé au ministère de la Formation professionnelle et de l’emploi de surseoir à l’annonce initialement prévue pour jeudi des résultats du concours de recrutement dans deux autres villes, Metaloui et Redeyef.

A Kasserine, le ministère de l’Intérieur a déclaré que le calme était revenu jeudi dans la journée. La veille au soir, des affrontements entre manifestants et forces de sécurité ont éclaté lors d’une marche initialement pacifique. Plusieurs milliers de personnes protestaient contre l’absence des "martyrs" locaux sur une liste des victimes du soulèvement populaire qui a renversé le régime Ben Ali en janvier dernier, selon la TAP.

L’Intérieur a également mentionné des troubles dans d’autres localités de la région, dont Thala et Fériana, précisant que l’armée avait tiré en l’air pour dissuader les manifestants de s’attaquer à des locaux administratifs.

A Kasserine, les heurts avec les forces de l’ordre et de l’armée nationale se sont soldés par 76 cas d’asphyxie par gaz lacrymogènes, selon une source médicale à l’hôpital régional citée par la TAP.

Des manifestants auraient essayé d’incendier la prison civile de Kasserine, de dévaliser une agence bancaire et de piller la section régionale de l’Union tunisienne de solidarité sociale (UTSS). Ils auraient aussi détruit et pillé des locaux commerciaux et brûlé des pneus. Les forces de l’ordre ont dispersé la foule en procédant à des tirs de sommation et en employant du gaz lacrymogène.

Les Kasserinois manifestaient contre "l’oubli" de leurs "martyrs" morts lors du soulèvement populaire qui a forcé le président Zine el Abidine ben Ali à s’exiler en Arabie saoudite le 14 janvier dernier, après 23 ans d’un pouvoir autoritaire.

Une liste lue au cours de la séance inaugurale de l’Assemblée constituante mardi, à "l’initiative personnelle" d’un élu, ne mentionnait en effet que "sept martyrs" sur les 23 tombés dans la région.

Lors d’interventions à la télévision depuis, le président de l’Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaâfar, relayé par le nouveau président de la République pressenti Moncef Marzouki, ont présenté des "excuses" à la population de Kasserine, affirmant que "l’oubli n’était pas intentionnel". Ils se sont engagés à placer "le dédommagement moral et matériel des martyrs en tête de leurs priorités"


Tunisie : les militaires contrôlent les régions minières du centre, sit-in à Tunis

AFP, 25/11/2011 à 17:18

Des blindés de l’armée et la gendarmerie patrouillaient vendredi à Mdhilla, localité du bassin minier tunisien (centre) où la politique de recrutement du principal employeur de la région, la Compagnie des Phosphates de Gafsa, a entraîné des violences.

Par ailleurs, des dizaines de demandeurs d’emploi de ce bassin minier sont montés à Tunis pour un sit-in de protestation devant le siège social de la Compagnie des Phosphates (CPG), au centre de la tourmente depuis la publication mercredi des résultats d’un concours de recrutement au sein de la compagnie.

Des tractations étaient en cours et une délégation de protestataires devait être reçue pour désamorcer "une situation explosive", selon la direction du Groupe chimique tunisien, maison mère de la CPG.

Le gouvernement de transition, encore en charge des affaires courantes avant la formation d’un nouvel exécutif, a par ailleurs ouvert la voie à des recours et suspendu la proclamation définitive des résultats du concours, selon l’agence TAP.

A Mdhilla, une des localités du gouvernorat de Gafsa où se sont déroulées les violences, blindés de l’armée et de la gendarmerie patrouillaient à la mi-journée, selon un correspondant de l’AFP.

"Tout le monde est sur le qui-vive" dans cette ville où des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se sont répétés dans la nuit de jeudi à vendredi malgré le couvre-feu nocturne instauré dans le gouvernorat.

Les troubles avaient éclaté mercredi à Mdhilla et Oum Larayes, une autre localité de la région, après la publication des résultats du concours de recrutement. Des locaux de la Compagnie des phosphates ont notamment été saccagés et incendiés.

"Un demandeur d’emploi n’ayant pas trouvé son nom sur la liste d’embauches a mis le feu à sa propre maison et tenté de s’immoler", ont rapporté des témoins à l’AFP par téléphone.

La CPG est le principal pourvoyeur d’emplois dans cette région défavorisée et traditionnellement frondeuse. Accusée de pratiquer népotisme et corruption dans sa politique de recrutement, la compagnie estime de son côté ne pas pouvoir embaucher tout le monde.

"Le problème est que tous les habitants de la région exigent d’être employés par la CPG, même les coiffeurs et les épiciers" déclarait jeudi à l’AFP un cadre du Groupe chimique tunisien, maison mère de la CPG.

Les résultats du concours sont "truqués", "injustes" et "inacceptables", ont dénoncé les protestataires montés à Tunis.

"Les résultats affichés montrent bien que la corruption, le népotisme et les pots-de-vin ont encore joué", a affirmé Mohamed Hlal, 28 ans, venu d’Oum Larayes.

Les protestataires exigent l’annulation des résultats du concours et la prise en compte des conditions sociales dans les critères d’emploi. Ils demandent des "solutions sérieuses" pour endiguer le chômage dans le bassin minier, théâtre d’émeutes en 2008 et de contestation épisodique depuis.

Ils mettent également en cause les syndicats, dirigés par des "notables".

"Ce sont les plus grands corrompus, ils ont gardé nos dossiers sous la main au profit d’autres", accuse Hédia Jallouli, technicienne supérieure sans emploi.

Selon un responsable du Groupe chimique tunisien, Mohamed Hamdi, une seule usine fonctionnait encore vendredi en Tunisie (Sfax), toutes les autres unités de production étant paralysées par les sit-in et grèves.

M. Hamdi a estimé "le manque à gagner" en 2011 à 500 milliards de dinars (environ 256 milliards d’euros) par rapport à 2010.

Avec le tourisme, le secteur des phosphates est l’un des principaux pourvoyeurs de devises en Tunisie, 5ème producteur mondial.

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