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Égypte : Première défaite pour les Frères musulmans !
(Le 1er février 2012)

Égypte : Première défaite pour les Frères musulmans !

Hier, mardi 31 janvier, une grosse manif était annoncée au Caire, des marches devaient partir de différents quartiers (Shoubra au Nord, Maspero-Tahrir dans le centre...) pour se rejoindre devant le Parlement, pour mettre la pression sur les député-es nouvellement élu-es pour faire appliquer le programme de la révolution : transfert des pouvoirs des militaires aux civils, procès des personnes impliquées dans la répression, reconnaissance des droits des « martyres », pas d’élections présidentielles ni de nouvelle constitution sous régime militaire.

Depuis quelques jours déjà, les Frères musulmans, sortis en grands vainqueurs (plus de 40% des voix) des élections législatives, commençaient à cristalliser une certaine tension contre eux, devant leur attitude gestionnaire et contre-révolutionnaire (voir post précédent).

À partir de 15h30, une petite foule commence à se rassembler à Maspero, on s’échauffe en entonnant des premiers slogans contre le régime militaire. Peu avant 16h, les manifestant-es sont rejoint-es par une première marche en provenance du campement voisin de la place Tahrir. On part alors en cortège, un drapeau égyptien de plus de 2 mètres de haut ouvrant la marche, suivi d’une banderole de plusieurs mètres explicitant la liste des revendications des manifestant-es. Le cortège est dynamique et bruyant, et grossit à vue d’œil. Après avoir emprunté la corniche, il se dirige vers la place Tahrir, où les quelques personnes restées sur place le rejoignent. Puis, étonnament, direction le quartier de Garden City, droit sur... l’ambassade américaine !! Là-même où, il y a quelques mois, une manifestation avait failli finir en affrontement contre des militaires armés !! mais aujourd’hui, curieusement, aucun militaire ne montre le bout de son nez, et les gen-tes passent devant l’ambassade sans même sembler s’en rendre compte. Un peu plus loin, quelques unités de police sont stationnées, mais un cordon de manifestant-es s’établit aussitôt pour empêcher toute confrontation physique : le but de la journée est clairement d’arriver devant le parlement, en évitant les affrontements avec les forces de l’ordre. On franchit ainsi dans le calme plusieurs barrages de police, jusqu’à arriver à proximite du Parlement. Là, la manifestation a considérablement grossi, et le cortège compte plusieurs milliers de personnes. Juste avant de tourner dans la rue Falaky, qui donne sur le Parlement, on voit un mec sur une civière arriver dans l’autre sens : quelque chose ne va pas. La police a-t-elle ouvert le feu ?? Rapidement, l’information circule : les Frères musulmans empêchent les manifestant-es d’accéder au Parlement !!

Et en effet, quelques mètres plus loin, c’est à un affrontement bloc contre bloc que l’on va assister pendant des heures : quelques centaines de Frères musulmans bloquent la rue par laquelle arrivent des milliers de manifestant-es !! Ça pousse dans un sens, dans un autre, ça avance, ça recule, les insultes les plus crues sont lancées des deux côtés, les chaussures et les bouteilles d’eau volent, plusieurs personnes font des malaises et doivent être portées à bout de bras au-dessus de la foule compacte pour être évacuées.

Ce que ni Moubarak, ni l’armée, ni les intégristes de tous bords n’avaient réussi, les Frères l’ont fait : couper la population égyptienne en deux ! il n’est plus du tout question de faire « une seule main » alors, bien au contraire !

Pendant 2 heures, le rapport de force se maintient : si les manifestant-es sont beaucoup plus nombreux, l’étroitesse de la rue ne leur permet pas d’arriver à forcer le barrage des Frères ! Au bout d’un moment, des personnes commencent vraiment à se battre, alors que la ligne de front se brouille, la tension monte des 2 côtés, et l’on a du mal à voir comment tout ça va se finir...

Et puis d’un coup, sans qu’on sache pourquoi, les Frères musulmans abandonnent, et fuient ! Ont-ils compris que le rapport de force n’était pas en leur faveur ? ont-ils voulu éviter de véritables affrontements physiques ? avaient-ils l’ordre de ne barrer le passage que jusqu’à une certaine heure ? était-ce l’heure de la prière ? nul ne le sait, en tout cas, en quelques minutes, les manifestant-es envahissent les rues environnantes, alors que les Frères sont bel bien partis sans demander leur reste !

Dans la foule, l’énervement est palpable et partagé par tout le monde, jeunes, vieux, hommes, femmes, barbus et porteuses de niqab... tou-tes sont vraiment en colère contre ces Frères qui, une fois au pouvoir, se mettent aussi vite et de manière aussi flagrante du côté de la contre-révolution !!

Le soir, la télévision égyptienne annoncera 71 blessés dans cet affrontement, mais au-delà de ça, c’est la victoire symbolique des révolutionnaires sur les Frères musulmans, pourtant plébiscités lors des élections qu’il faut retenir !

Ce que ceux-ci ne semblent pas avoir compris, c’est que la plupart des gen-tes ont voté pour eux, pour qu’ils fassent appliquer les revendications de la Révolution, mais ne leur ont pas donné un blanc-seing et n’adhèrent pas forcément à l’ensemble de leur programme !

Aujourd’hui, une partie de la population égyptienne a montré que, quelles que soient les personnes au pouvoir, elle ne se laissera pas voler sa révolution, et continuera de se battre pour « du pain, la liberté, et la justice sociale » !

Indymedia Paris, 1er février 2012


Égypte : les islamistes empêchent des manifestants d’atteindre le Parlement

AFP, 31 janvier 2012

Des partisans des Frères musulmans, qui dominent l’Assemblée, ont empêché mardi plusieurs centaines de manifestants réclamant le départ des militaires au pouvoir de parvenir au siège du Parlement, selon des photographes de l’AFP.

Des militants avaient appelé à une marche depuis la place Tahrir, épicentre de la révolte qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak le 11 février 2011, jusqu’au siège du Parlement, pour presser la nouvelle Assemblée de réaliser les objectifs de la révolution : fin des procès de civils devant des tribunaux militaires, refonte du ministère de l’Intérieur, respect des libertés et de la justice sociale.

Alors qu’ils commençaient leur marche en direction du Parlement jouxtant la place Tahrir, les manifestants ont été bloqués par des militants des Frères musulmans.

« Nous ne tenons là comme des boucliers humains car si les manifestants vont plus loin, ils s’affronteront avec la police. Ils veulent entrer à l’Assemblée, que voulez-vous que je fasse », a déclaré à l’AFP un membre de la confrérie Hamdy Adbdelsamad.

Derrière lui, les manifestants scandaient des slogans contre le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis le départ de l’ancien président, mais aussi contre la confrérie.

« Badie, tu es en train de vendre la révolution », ont scandé les manifestants, en référence au guide suprême de la Confrérie, Mohammad Badie.

Les Frères musulmans ont, au travers de leur formation politique, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), raflé 47% des sièges aux premières élections législatives depuis la chute du président Moubarak.

L’ensemble des formations islamistes détient les trois quarts des sièges de l’Assemblée, dont la séance inaugurale s’est tenue le 23 janvier.

Après plusieurs heures, les manifestants ont renoncé à leur projet de parvenir à l’Assemblée et sont retournées manifester non loi, devant le siège de la télévision.

Ces derniers jours, la commémoration du premier anniversaire de la révolte anti-Moubarak lancée le 25 janvier 2011 s’est accompagnée d’une poussée de contestation contre le pouvoir militaire.

L’armée a promis de céder la place une fois un président démocratiquement élu, avant la fin juin, mais beaucoup l’accusent de perpétuer la politique répressive de l’ancien régime et de chercher à préserver les privilèges de l’institution militaire.

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