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Soudan : une semaine d’émeutes contre la vie chère
(Le 23 juin 2012)

Violentes manifestations au Soudan contre la hausse des prix

AFP, 23 juin 2012 à 16h05

Des manifestants ont jeté des pierres, brûlé des pneus et bloqué des routes samedi à Khartoum, au 8e jour d’une contestation contre la hausse des prix, selon des journalistes de l’AFP sur place.

Les rassemblements n’étaient néanmoins pas aussi importants que ceux de vendredi, qui avaient été marqués par la plus forte mobilisation depuis le début du mouvement de protestation lancé le 16 juin par les étudiants.

Dans un communiqué reproduit par l’agence officielle Suna, les autorités locales à Khartoum ont averti qu’elles ne tolèreraient pas que les manifestants « commettent des actes portant atteinte à la sécurité et l’ordre publics » et demandé à la police d’y faire face « de manière ferme ».

Tout en disant « respecter le droit du citoyen à s’exprimer de manière pacifique », elles ont affirmé que la police « agira fermement face aux atteintes commis par certains éléments aux biens publics », tels des bâtiments ou des autobus, ou le blocage de routes avec des pneus.

En dépit de l’ordre donné par les autorités, cinq manifestations différentes avaient lieu à travers la ville samedi soir, selon des témoins.

Dans la ville d’Omdurman, jumelle de Khartoum, des groupes d’une centaine de protestataires se dispersaient à l’arrivée de la police, qui tirait des gaz lacrymogènes et les frappait à coups de matraque.

Dans le quartier d’al-Deim, théâtre des troubles les plus importants la veille, des manifestants ont bloqué samedi des routes avec des pneus en feu et des détritus. La police a aussi tiré des gaz lacrymogènes contre les protestataires qui lui jetaient des pierres.

Les gens en ont « ras-le-bol », a déclaré un chauffeur de taxi, qui doit faire face comme ses compatriotes à une hausse de de 50% du prix de l’essence en raison de la suppression cette semaine des subventions aux carburants.

Dans un autre quartier, au sud de Khartoum, les forces de l’ordre ont fait aussi usage de gaz lacrymogènes, tandis que des protestataires ont brûlé des pneus.

Selon deux témoins, quelques 200 personnes se sont par ailleurs rassemblées sur le marché central de Gedaref (est), pour dénoncer la hausse des prix alimentaires.

« Nous ne serons pas gouvernés par la dictature », ont scandé les manifestants, avant d’être dispersés à coups de matraque par la police.

Vendredi, des affrontements similaires avaient eu lieu dans de nombreux quartiers de la capitale et dans d’autres villes du pays.

À chaque fois, la police a eu recours à la force pour disperser au plus vite les manifestants, dont la mobilisation est cependant loin d’atteindre l’ampleur des mouvements de masse du Printemps arabe.

Ce mouvement symbolise « le rejet en masse des politiques d’oppression menées par le régime et son échec à gouverner ce pays », a affirmé dans un communiqué le mouvement de jeunes militants Sudan Change Now (« Le changement maintenant pour le Soudan »).

« Le gouvernement doit immédiatement retirer les mesures d’austérité qu’il a adoptées et qui témoignent d’une distorsion dans les dépenses, puisqu’elles continuent de donner la priorité à la défense et à la sécurité, au détriment des services sociaux », a ajouté l’organisation.

Le Soudan, l’un des pays les plus pauvres du monde, est en plus confronté à une inflation qui a atteint 30% pour le seul mois de mai selon des chiffres officiels et devrait encore grimper avec la fin du système de subventions aux carburants.


Les manifestations contre le coût de la vie prennent de l’ampleur au Soudan

AFP / 22 juin 2012 22h03

KHARTOUM - La fumée noire des pneus brûlés et l’odeur âcre des gaz lacrymogènes flottaient vendredi soir à Khartoum, où la police a encore fait usage de la force pour disperser des manifestations qui se multiplient contre la hausse des prix alimentaires.

De nombreux rassemblements ont eu lieu à travers la capitale, et même au-delà, au septième jour d’une mobilisation lancée le 16 juin par les étudiants de l’Université de Khartoum.

Non à la hausse des prix de l’alimentation, ont souvent scandé les manifestants, même si dans un quartier sud de la ville, le slogan est devenu Le peuple veut renverser le régime, selon un journaliste de l’AFP.

A Al Deim, un autre quartier, un épais nuage de fumée noire s’élevait de tas de pneus en feu juste avant le coucher du soleil, et de petits groupes de manifestants lançaient des pierres à des centaines de policiers qui répliquaient avec des gaz lacrymogènes, selon le journaliste.

Les manifestations ont même atteint brièvement le quartier huppé de Khartoum Two, où vivent de riches Soudanais et sont installées des ambassades étrangères.

A Omdurman, la ville jumelle de Khartoum sur l’autre rive du Nil, 200 manifestants ont frappé des mains en criant Liberté. Certains ont ensuite brûlé des pneus et lancé des pierres aux policiers, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes, ainsi que des coups de fouet et de matraque, selon le journaliste de l’AFP.

Ce ne sont pas seulement les étudiants qui descendent dans la rue, a assuré à l’AFP Latif Joseph Sabag, membre du bureau politique du Parti Umma, formation de l’opposition. Ces manifestations étaient attendues (...), la situation économique du Soudan est vraiment mauvaise.

Personne ne peut dire l’ampleur que le mouvement peut prendre, mais le Parti Umma essaie de discuter avec le Parti du congrès national (PCN, au pouvoir) du président Omar el-Béchir pour essayer de résoudre les problèmes et d’améliorer la situation d’une manière pacifique.

La police a aussi eu recours à la force à Sennar, dans le sud du pays, pour disperser une manifestation de 300 personnes, selon des témoins. Et des habitants ont fait état de rassemblements à El Obeid, à 400 km au sud-ouest de Khartoum, et à Wad Medani, à 200 km au sud-est de la capitale.

Les manifestants protestent essentiellement contre l’inflation, qui a atteint 30% en mai selon des chiffres officiels, et risque de grimper encore avec le plan d’austérité annoncé mercredi par le gouvernement, en particulier la suppression de subventions aux carburants.

Le Soudan, déjà quasiment en faillite, a perdu des milliards de dollars de recettes pétrolières après la sécession en juillet 2011 du Soudan du Sud, qui dispose des trois-quarts des réserves de brut.

Dès le premier rassemblement du 16 juin, les autorités ont réagi en envoyant la police anti-émeute disperser les manifestants.

Dans un communiqué vendredi soir, l’organisation Amnesty International (AI) a dénoncé cette répression des manifestations et le harcèlement des journalistes qui les couvrent.

De nombreux militants de partis politiques et de mouvements de jeunes ont été arrêtés ces derniers jours. La plupart ont été rapidement libérés, mais quelques-uns auraient été inculpés, et l’on ignore le sort de certains, selon Amnesty.

Le gouvernement montre une tolérance zéro pour les manifestations, a dénoncé Amnesty, en évoquant aussi les arrestations de journalistes étrangers, libérés après plusieurs heures de détention, comme Simon Martelli, qui travaille pour l’AFP, ou Salma al Wardany, journaliste pour Bloomberg.

Les mouvements étudiants ont souvent joué un rôle dans l’histoire du Soudan. En 1964, c’est une manifestation d’étudiants qui a provoqué la révolte contre la dictature militaire. Mais le régime de M. Béchir, arrivé au pouvoir en 1989, a déjà surmonté un mouvement similaire en 1994.


Nouveaux affrontements au Soudan entre police et manifestants

Reuters, mardi 19 juin 2012 13h52

KHARTOUM, 19 juin (Reuters) - Des affrontements entre manifestants et policiers se sont produits mardi dans la capitale du Soudan pour la troisième journée consécutive, dans un climat d’opposition aux mesures d’austérité prises par le gouvernement.

Depuis l’indépendance du Soudan du Sud, il y a un an, le Soudan fait face à une inflation très élevée - 30% en mai -, un déficit budgétaire important et une devise dépréciée.

L’exploitation pétrolière, qui était sa principale source de devises, a beaucoup diminué, son nouveau voisin ayant récupéré les trois quarts de ses richesses pétrolières.

Sans pour autant vivre un "printemps arabe" comme en Egypte et en Libye, le Soudan est depuis quelques mois le théâtre de manifestations, sans grande ampleur, contre la hausse des prix alimentaires.

Mardi, une centaine de manifestants ont bloqué une artère de Khartoum, pour ensuite se heurter aux forces de l’ordre. "Non, non à l’inflation", scandaient les manifestants, a raconté un témoin. "Le peuple veut renverser le régime", a-t-on entendu.

Comme lors des deux précédentes journées de manifestation, la police a fait usage de matraques et de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Selon des militants, de petits mouvements de protestation ont également eu lieu sur des campus universitaires. Lundi, la police avait fait état d’affrontements "limités" avec des étudiants lors desquels plusieurs personnes ont été arrêtées.


Le président soudanais annonce des mesures d’austérité, heurts à Khartoum

AFP / 18 juin 2012 19h51

KHARTOUM - Le président Omar el-Béchir a annoncé lundi une série de mesures d’austérité destinées à soutenir une économie exsangue, alors que de nouveaux heurts ont eu lieu à Khartoum entre la police et des manifestants dénonçant la hausse du coût de la vie.

Nous essayons de combler le fossé entre les recettes et les dépenses, a expliqué le président Béchir devant le Parlement.

Nous avons décidé d’augmenter les impôts et de supprimer 100 postes au gouvernement fédéral et 200 dans les gouvernements locaux. Et nous allons supprimer les subventions aux carburants progressivement, a-t-il ajouté, parlant aussi d’une réduction des salaires de responsables.

Le ministre des Finances, Ali Mahmoud al-Rasoul, doit fournir les détails des mesures d’austérité en annonçant le nouveau budget au Parlement mercredi, a dit le président.

Alors que M. Béchir faisait ces annonces, des étudiants manifestaient devant l’Université de Khartoum jetant des pierres sur la police anti-émeutes, qui a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires, selon un journaliste de l’AFP.

C’est la troisième fois ces derniers jours que des manifestations sont organisées hors de l’enceinte de l’université, dans le centre de la capitale, les étudiants scandant des slogans contre le régime et dénonçant une hausse importante des prix des denrées alimentaires.

Dans le nord de Khartoum, sur l’autre rive du Nil Bleu, des témoins ont fait état d’un rassemblement au cours duquel des manifestants ont brûlé des pneus et scandé : Nous ne serons pas gouvernés par un dictateur ou Khartoum, soulève-toi ! Soulève-toi !

Les forces anti-émeutes sont intervenues pour disperser les manifestants à coups de matraque.

Une autre manifestation a eu lieu à l’université Ahlia, dans la ville jumelle de Omdurman, où des centaines d’étudiants criaient : Le peuple veut un changement de régime, selon des témoins. Là encore, les forces de l’ordre les ont dispersés par la force.

Des médias d’Etat ont rapporté que sept manifestants avaient été arrêtés dimanche dans des circonstances similaires.

Dans un communiqué, la police a reproché aux contestataires de chercher à porter atteinte à la sécurité, indiquant avoir arrêté un nombre non précisé d’étudiants qui tentaient de semer le trouble et d’attaquer des propriétés civiles.

Un groupe pro-démocratie, Sudan Change Now, a accusé le gouvernement de crimes haineux, affirmant que des policiers et des agents de sécurité en civil avaient été violents envers les manifestants qui n’avaient pas connu une telle brutalité depuis des années.

La situation économique qui se détériore est l’un des nombreux exemples de la mauvaise gestion et de la corruption du Congrès national populaire (NCP, au pouvoir) alors que ça fait bientôt 23 ans qu’il dirige de pays, indique cette association dans un communiqué.

Le Soudan, qui a perdu les trois-quarts de ses revenus pétroliers avec la sécession du Soudan du Sud en juillet 2011, a vu ses réserves de change fondre et sa monnaie s’effondrer.

Dans ce contexte, l’inflation atteint des sommets : +28,5% en avril et +30,4% en mai selon des chiffres officiels.

Des analystes et certains dirigeants au sein même du NCP ont mis en garde contre la suspension des subventions pour le carburant, étant donné les prix déjà élevés et le fait que les pauvres en seraient les plus affectés.

Dans son discours, le président Béchir a admis que cette mesure affecterait particulièrement les pauvres, mais il a souligné qu’elle était nécessaire.

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