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Egypte/place Tahrir : rassemblement géant et affrontements. "Non aux Frères, non aux feloul !". "Pouvoir dégage !"
(Le 28 novembre 2012)

Egypte : nouveaux incidents entre police et anti-Morsi

Agences, 28 novembre 2012 à 16h52 (extrait)

Au lendemain de l’immense manifestation au Caire contre les pouvoirs élargis du président Mohamed Morsi, des protestataires restés sur place pendant la nuit ont affronté les forces de l’ordre mercredi matin.

La police égyptienne a tiré mercredi matin des gaz lacrymogènes sur des manifestants hostiles au président Mohamed Morsi sur la place Tahrir au Caire. Des heurts nocturnes avaient déjà eu lieu dans les rues environnantes de la place, où des protestataires campent depuis vendredi dernier pour protester contre la décision de Mohamed Morsi d’élargir ses pouvoirs.


Egypte : manifestations pro-Morsi samedi

Reuters, 28/11/2012 à 14:59

Les Frères musulmans et des groupes salafistes ont appelé à manifester samedi dans différentes villes d’Égypte en soutien au président Mohamed Morsi, dont les opposants réclament dans la rue le retrait du décret élargissant ses pouvoirs. "Nous avons appelé à des manifestations pro-Morsi à travers le pays (...) Les lieux exacts des rassemblements sont en train d’être discutés", a déclaré Mahmoud Ghozlan, porte-parole de la confrérie islamiste.

Salah Abdel Maboud, un dirigeant du parti salafiste Al-Nour, a confirmé que les islamistes organiseraient des manifestations samedi. Le lieu du rassemblement au Caire pourrait être place Tahrir, où les opposants au président égyptien campent depuis une semaine.


La place Tahrir s’embrase contre Mohamed Morsi

Métro, 28-11-2012 10:51

Des dizaines de milliers de personnes, bien décidées à ne pas se faire voler leur révolution, ont manifesté au Caire pour protester contre un décret dotant le nouveau président égyptien de pouvoirs élargis.

"Dégage !" Il règne comme un air de déjà-vu place Tahrir. Vingt et un mois après la révolte populaire qui a renversé le raïs Hosni Moubarak, des dizaines de milliers d’Egyptiens se sont à nouveau rassemblés mardi sur le haut lieu de la contestation. Mais la raison de leur colère a changé de visage. C’est désormais Mohamed Morsi, premier président islamiste et civil du pays, qui cristallise les tensions. Six mois après son élection, sous couvert de vouloir "accélérer les réformes démocratiques", il s’est octroyé les pleins pouvoirs en promulguant une "déclaration constitutionnelle" qui le place au-dessus du droit.

"Nous ne voulons pas remplacer un dictateur par un autre", scandaient hier les manifestants. En marge du rassemblement, des heurts ont éclaté aux abords de l’ambassade des Etats-Unis. Selon le parti de gauche Alliance populaire, un de ses militants aurait trouvé la mort, asphyxié. Il s’agirait du quatrième décès lié à cette nouvelle crise.

"Sortir de l’impasse constitutionnelle"

Les manifestations hostiles au "nouveau pharaon" ont gagné l’ensemble du pays. Dans le delta du Nil (nord), à Mahalla, les opposants s’en sont pris, selon un responsable des services de sécurité, au siège du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), dont est issu le président. Le parti, lui-même issu des Frères musulmans, a recensé 80 blessés dans ses rangs.

Après une rencontre avec le Conseil supérieur de la magistrature lundi, Mohamed Morsi a adouci le ton mais maintenu le décret controversé pour "protéger la révolution". La situation en Egypte "n’est pas claire", a commenté mardi le département d’Etat américain. La porte-parole, Victoria Nuland, a appelé à la fin de "l’impasse constitutionnelle" tout en minimisant les risques de voir Mohamed Morsi se transformer en autocrate. L’ambassade des Etats-Unis au Caire s’est de son côté montrée plus critique. Sur son compte officiel, elle a tweeté mardi : "Le peuple égyptien a clairement indiqué lors de la révolution du 25 janvier qu’il en avait assez de la dictature".


Tahrir pavoise

Tahrir a repris le souffle du 11 février 2011, du déjà vu mais sans les Frères et les salafistes.

Les Égyptiens étaient des millions aujourd’hui au Caire, à Alexandrie et dans 16 autres gouvernorats à crier leur colère contre le régime des Ikhwans. Les slogans ont de loin dépassé le simple refus de la déclaration constitutionnelle qui instaure une dictature religieuse, pour exiger le départ de Morsi El Ayat ; “Dégage, le peuple veut la chute du régime, cette fois-ci c’est sérieux on va pas la leur laisser etc.” ont été scandées par des millions aujourd’hui.

Tahrir avait déjà fait son plein à 16h avant l’arrivée des deux grandes marches conduites par Sabahi et Baradei. Devant un public enflammé, les chefs du nouveau front du salut qui se sont succédés sur la seule tribune élevée côté Ligue arabe, ont demandé aux manifestants de ne pas quitter les lieux jusqu’au retrait de la déclaration honnie, le démantèlement de l’assemblée constituante, la purge du ministère de l’intérieur, le jugement des assassins des martyrs et le retrait de la nouvelle loi qui assoit de nouveau la mainmise de l’État sur les syndicats ouvriers en autorisant le président de choisir leurs leaders.

En fait les Frères musulmans n’ont rien laissé pour se mettre toutes les catégories sociales sur le dos. Outre les juges, les avocats, les journalistes, les gens de l’art, l’ensemble des syndicats indépendants ont rejoint ce nouveau mouvement de contestation. Le défilé des membres du barreau, avait une longueur de 3 km.

La révolution continue et plus que jamais NO PASARAN

Mailing au Jura libertaire - 27 novembre 2012


La place Tahrir contre Mohamed Morsi

Le Point, 28/11/2012 à 07:34

En s’arrogeant de nouveaux pouvoirs face au pouvoir judiciaire, le président égyptien a réveillé l’opposition, qui gronde de nouveau.

Il vient de renvoyer une grenade lacrymogène vers les policiers antiémeute égyptiens. Contre les brûlures, Ahmed avait entouré sa main d’un linge mouillé. Pour protéger ses yeux, il utilise des lunettes de piscine. Et pour ses poumons, il porte comme un cow-boy un foulard imbibé de vinaigre. Celui-ci est généreusement distribué tout autour de la place Simon-Bolivar, à quelques centaines de mètres de Tahrir. Ahmed a 15 ans à peine, et c’est déjà un vieux routier des émeutes : "J’ai commencé il y a un an, pendant la révolte de Mohamed Mahmoud. C’était vraiment dur, à l’époque. Ils tiraient au pistolet à grenaille. Maintenant, ce sont juste des gaz. Ça va." La rue Mohamed-Mahmoud, qui part de la place Tahrir, a été le théâtre d’émeutes qui ont fait plus de 40 morts l’an dernier.

Ahmed est un ado typique. Il est maigre et marche de guingois, comme s’il avait grandi trop vite et ne s’était pas habitué à ses nouvelles jambes. Un vague survêtement, un faux jean Diesel et beaucoup de colère. Des jeunes comme lui cassent des pavés pour les balancer sur les policiers harnachés comme des soldats. Ahmed, lui, parade devant le mur de boucliers en criant des obscénités. On louerait presque le calme des autorités. En une réponse volée entre deux grimaces, Ahmed dit "en avoir marre de la police. Rien n’a changé depuis la chute du régime. C’est toujours la même chose. Alors s’il faut faire chuter Morsi, on le fera."

Contre "le nouveau pharaon"

Dans la petite rue arborée, un rêve de flânerie par temps calme, les policiers se mettent à taper sur les boucliers. Les jeunes tiennent. La sirène d’un camion sonne. Les jeunes hésitent. Cinq détonations. Les grenades lacrymogènes tombent sur le sol, une à une, dans un bruit métallique. Le gaz s’échappe, furieux. Les jeunes reculent. Les policiers chargent. Les jeunes fuient en désordre. Les policiers forment un nouveau mur de boucliers. Ils ont gagné 100 mètres. Les jeunes reviennent.

Ce n’est pas un jeu. Un gamin de l’âge d’Ahmed, suffoquant, est évacué par ses amis. Un autre le suit, le crâne en sang. Cet après-midi, un homme est mort d’asphyxie. Il avait 60 ans. Ahmed, lui, est parti sans dire au revoir.

À 200 mètres, la place Tahrir scande, chante et danse. Les manifestants ne se battent pas, mais crient d’autant plus fort : "Morsi, tu as trahi la révolution !", "Nous représentons l’Égypte libre !", "Non aux Frères, non aux feloul !" Les feloul sont les nostalgiques du régime de Moubarak. Le mouvement frériste les accuse d’être à la manoeuvre derrière cette colère. "C’est faux, c’est absolument faux ! Nous sommes tous des Égyptiens, et on se révolte contre Mohamed Morsi qui se prend pour le nouveau pharaon", explique un ingénieur rivé à son iPad. Les habitudes reviennent vite

Après cinq mois de présidence, le nouveau président égyptien a mis des dizaines de milliers de personnes dans la rue en rendant ses décisions et celles de l’Assemblée constituante inattaquables sur le plan judiciaire. Pour l’instant, il ne veut pas revenir sur ses mesures. L’ingénieur ajoute : "Morsi aura au moins réussi une chose : rassembler l’opposition ! Je n’avais pas vu une telle foule depuis la révolution !"

Depuis la chute de Moubarak, ni les libéraux ni les révolutionnaires n’ont réussi à former de coalition solide. Mais là, sur Tahrir, les habitudes reviennent vite. Les manifestants confectionnent des banderoles à la hâte. L’une d’entre elles, à l’entrée de la rue Mohamed Mahmoud, clame : "Interdit aux Frères musulmans". Les groupes les plus hétéroclites tournent autour d’une place de nouveau garnie de tentes. Les vendeurs ambulants distribuent le nécessaire - à boire, à manger - et le superflu - des pin’s aux couleurs de l’Égypte. De toute la ville, des marches convergent vers le centre. Tahrir fait place comble. Et l’hymne des révolutions arabes résonne de nouveau : "Le peuple veut la chute du régime."


Heurts entre opposants à Morsi et policiers place Tahrir

Reuters, mardi 27 novembre 2012 21h54

LE CAIRE (Reuters) - Des heurts ont éclaté mardi place Tahrir, au Caire, entre forces de l’ordre et opposants au président Mohamed Morsi qui réclament l’abrogation d’un décret qui, disent-ils, menace de plonger l’Egypte dans une nouvelle ère dictatoriale.

L’appel à la mobilisation lancé par les libéraux, les laïcs et des organisations de gauche marque une escalade dans la crise la plus sérieuse que traverse le pays depuis l’arrivée au pouvoir en juin de Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, et expose au grand jour la fracture entre la confrérie islamiste et ses opposants.

La police a fait usage de gaz lacrymogène contre des jeunes manifestants qui leur jetaient des pierres dans les rues adjacentes à la place Tahrir, symbole de la révolution qui a renversé le régime d’Hosni Moubarak en février 2011.

Des manifestations ont également eu lieu à Alexandrie, Suez, Al Minya et d’autres villes du Delta du Nil.

Au Caire, un manifestant de 52 ans est mort après avoir inhalé du gaz. Il s’agit du second décès survenu lors de manifestations depuis jeudi, date de la publication du décret controversé.

Sympathisants et opposants au président égyptien ont échangé des jets de pierres et certains ont lancé des cocktails Molotov à El-Mahalla El-Koubra, dans le delta du Nil, faisant quelque 200 blessés, a-t-on appris de source médicale.

Le décret, qui élargit les prérogatives du chef de l’Etat, empêche toute contestation des décisions présidentielles dans l’attente de l’élection d’un nouveau parlement, ce qui ne devrait pas intervenir avant le milieu de 2013.

Selon l’association de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, il donne au président égyptien plus de pouvoir qu’au Conseil suprême des forces armées ayant assuré l’intérim après la chute de Hosni Moubarak.

(...) Le chef de l’Etat a rappelé lundi le caractère temporaire du décret qui sera abrogé une fois la nouvelle Constitution adoptée et le nouveau Parlement élu.

Le gouvernement de Mohamed Morsi affirme que le texte ne vise pas à concentrer les pouvoirs, mais au contraire à les déléguer et éviter une politisation de l’appareil judiciaire.

Les Frères musulmans et le parti salafiste Al Nour ont de leur côté renoncer à leur appel à manifester au Caire mardi pour éviter une confrontation avec l’opposition.

Plusieurs élèves de l’université d’Al Azhar ont toutefois rejoint les rangs de manifestants.

"Nous avions demandé l’abrogation du décret et cela ne n’est pas produit", explique Mona Amer, porte-parole du mouvement de l’opposition Courant populaire, qui a appelé à manifester.

"Le président de la République peut mettre ses illusions de côté et prendre la seule mesure capable de résoudre la crise : annuler la déclaration despotique", estime le commentateur et activiste Amr Hamzaoui dans les colonnes du journal Al Watan.

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