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Siliana (Tunisie) : 4e jour d’émeutes, intervention de l’armée
(Le 30 novembre 2012)

Nouveaux heurts entre police et manifestants tunisiens à Siliana

RTS, 30.11.2012 22:22

Des affrontements opposaient vendredi policiers tunisiens et manifestants aux revendications économico-sociales, pour le 4e jour consécutif à Siliana. Le président Marzouki a appelé à la formation d’un gouvernement restreint.

Vendredi en début de soirée à Siliana (sud-ouest de Tunis), la police tunisienne, renforcée par des blindés de la Garde nationale, procédait à des tirs de sommation et de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants.

Des centaines de jeunes, qui avaient ouvert les hostilités en lançant des pierres sur un important poste de police, jetaient des cocktails Molotov et bâtissaient dans le centre-ville des barricades dont certaines étaient en feu.

L’armée a été déployée dans les rues et les militaires ont été accueillis par des cris de joie par les habitants qui jugent la police responsable des troubles dans la ville. Aucun bilan n’a été fourni par les autorités. L’hôpital n’a pour sa part fait état que de quelques blessés légers.

Appels au calme ignorés

Les représentants de la principale centrale syndicale, l’UGTT, ont appelé sans succès les manifestants à se disperser en début d’après-midi. Les appels au calme du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda ont aussi été ignorés.

Les manifestants réclamaient une fois de plus le départ du gouverneur régional, la fin de la violence policière, et la mise en place d’un programme d’aides à cette région économiquement sinistrée, où les violences ont fait plus de 300 blessés cette semaine.

Siliana ville fantôme

Quatre jours après la grève générale décrétée par l’UGTT, Siliana présentait l’aspect d’une ville fantôme, a constaté vendredi un journaliste de l’Associated Press.

Routes coupées, certaines par des pneus en flamme, rues jonchées de pierres et autres débris témoignaient encore des violents affrontements ayant opposé depuis mardi manifestants et forces de l’ordre.

L’activité économique était paralysée, les magasins, les administrations et les écoles sont restés fermés, accentuant la déchéance de cette région où les investissements et les créations d’emplois ont respectivement reculé de 40 et 60% en 2012.


Siliana : ‘’83 blessés parmi les protestants et les agents de sureté’’

Mosaique FM (Tunisie), 30-11-2012 22:02:12

Notre correspondant à Siliana a fait connaitre sur les ondes de mosaïque fm, que le nombre de blessés parmi les protestants et les agents de la force de l’ordre, suite aux confrontations d’aujourd’hui, vendredi 30 novembre 2012, a atteint les 83, d’où les blessures sont causées par le gaz lacrymogène. De plus, il y a une présence abondante de l’armée nationale.


Tunisie : l’armée remplace la police à Siliana

AP, 30 novembre 2012 | 16:59

TUNIS, Tunisie - Des unités militaires ont été déployées vendredi soir à Siliana, dans le centre de la Tunisie, théâtre depuis quatre jours d’affrontements violents entre les forces de l’ordre et les manifestants, a indiqué une source proche du parti au pouvoir.

Selon cette même source, qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat, l’armée doit remplacer les forces de police accusées d’avoir eu des réactions brutales lors des manifestations des derniers jours à Siliana.

Les heurts entre les manifestants et la police ont fait quelque 300 blessés en quatre jours, dont une vingtaine de personnes blessées aux yeux par des balles à billes. L’usage de ces cartouches pour la première fois en Tunisie a suscité l’émoi dans les milieux politiques et au sein de la société civile.

Les manifestants de Siliana réclament le départ du gouverneur de la région, Ahmed Zine Mahjoubi, membre du part islamiste Ennahda au pouvoir. Les résidants de la ville l’accusent de ne pas écouter leurs revendications et de refuser le dialogue. Ils demandent au gouvernement de soutenir le développement de leur région déshéritée et réclament la libération de 14 personnes détenues depuis 20 mois sans avoir été jugés.

Siliana ressemblait à une ville fantôme vendredi, a constaté un journaliste de l’Associated Press qui s’est rendu sur place durant la journée. Routes coupées, pneus en flammes, rues jonchées de pierres et d’autres débris témoignaient encore des violents affrontements ayant opposé depuis mardi les manifestants aux forces de l’ordre.

L’activité économique était paralysée. Les magasins, les administrations et les écoles sont restés fermés, accentuant les difficultés de cette région où les investissements et les créations d’emplois ont enregistré un fort recul en 2012, selon des statistiques officielles.

Sans atteindre l’ampleur des derniers jours, des échauffourées ont opposé vendredi après-midi des centaines de jeunes aux forces de l’ordre, après une manifestation pacifique qui a rassemblé plus de 10 000 personnes dans la matinée.

Aux jets de pierres et de cocktails Molotov des manifestants, essentiellement des adolescents, la police a réagi par des tirs de gaz lacrymogènes, avant de procéder à des tirs de sommation.

Des marches et des manifestations de solidarité avec la population de Siliana ont été organisées dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. À Tunis, la capitale, quelques centaines de personnes se sont rassemblées vendredi devant le ministère de l’Intérieur pour dénoncer « la répression policière brutale » du mouvement social à Siliana.


Tunisie : l’armée à Siliana, le président veut un nouveau gouvernement

AFP, vendredi 30 novembre 2012 à 21h36

L’armée tunisienne s’est déployée vendredi soir à Siliana, où des heurts opposent depuis quatre jours policiers et manifestants, et le président a réclamé la formation d’un gouvernement restreint à même d’endiguer l’instabilité du pays.

Après plusieurs heures d’affrontements entre les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes, et les manifestants, armés de pierres et de cocktails Molotov, l’armée a été déployée sous les hourras de la foule, ont constaté les journalistes de l’AFP.

"Un accord est intervenu entre les syndicats et des responsables de l’armée pour le retrait de la police et la prise en charge (de la sécurité) par les militaires", a affirmé Néjib Sebti, secrétaire général régional de l’UGTT, le principal syndicat tunisien.

Mais vers 20H00 GMT, des tirs de gaz lacrymogènes ont à nouveau été effectués alors que des manifestants cherchaient à s’approcher d’un important poste de police. Les policiers et gardes nationaux effectuaient des patrouilles.

La Tunisie est sous le régime de l’état d’urgence depuis la révolution de janvier 2011.

Lors d’une allocution télévisée, le président Moncef Marzouki s’est vivement inquiété du risque d’instabilité dans le pays après la vague de violences qui a fait quelque 300 blessés à Siliana, ville déshéritée dont les habitants réclament, comme à l’époque de la révolution, de meilleures conditions de vie.

Il a appelé à la formation d’un gouvernement restreint, alors que les manifestations d’habitants excédés par la misère dégénèrent en violences régulièrement.

Le président veut un gouvernement restreint

"L’intérêt de la Tunisie nécessite aujourd’hui un gouvernement restreint et efficace regroupant les compétences", a-t-il dit à la télévision.

"Nous n’avons pas une seule Siliana (...) j’ai peur que cela se reproduise dans plusieurs régions et que cela menace l’avenir de la révolution", a-t-il dit, notant le décalage entre les "attentes immenses" de la population et "le rendement du gouvernement".

M. Marzouki n’a pas le pouvoir de remanier le gouvernement, une décision qui revient au Premier ministre, Hamadi Jebali, issu du parti islamiste Ennahda, majoritaire à l’Assemblée nationale constituante (ANC).

Des habitants de Siliana ont par ailleurs prévu d’aller manifester samedi, toujours pour obtenir le limogeage du gouverneur et un plan de développement régional. Une vaste manifestation avait rassemblé dans le calme vendredi matin des milliers de personnes pour une marche "symbolique".

La lutte contre la pauvreté et la fin de l’arbitraire policier étaient déjà les revendications phares de la révolution tunisienne.

A l’étranger, les diplomates ont exprimé de premières inquiétudes. La France a fait part de sa "préoccupation" face au "nombre élevé de blessés", tandis que le Haut commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme a condamné "le recours excessif et disproportionné à la force" par les policiers, en référence aux tirs de chevrotine qui ont fait des dizaines de blessés mercredi.

Ces nouvelles confrontations interviennent à l’approche du deuxième anniversaire, le 17 décembre, du début de la révolution tunisienne, déclenchée par l’immolation d’un vendeur ambulant de Sidi Bouzid excédé par la misère et le harcèlement des policiers.

Outre les manifestations sociales, les attaques menées par des groupuscules salafistes se sont multipliées ces derniers mois en Tunisie. Parallèlement, le pays est plongé dans une impasse politique, sans aucun compromis en vue sur la future Constitution.

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