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Siliana (Tunisie) : 3e jour d’émeutes, plusieurs postes de police en flamme, 250 blessés
(Le 29 novembre 2012)

Tunisie : Troisième journée d’affrontements violents à Siliana

AFP, 29 novembre 2012 à 19h04

Siliana connaissait jeudi un troisième jour de violences opposant les forces de l’ordre aux manifestants tunisiens qui réclament le départ du gouverneur régional, en revendiquant notamment leur situation économique déplorable.

A l’origine pacifiques, les manifestations de Siliana n’ont pas tardé à devenir de violentes émeutes. Depuis mardi, la ville située au sud-ouest de Tunis, est en proie à des affrontements musclés. Jeudi, des policiers tiraient des gaz lacrymogènes sur des centaines de manifestants qui ont tenté d’attaquer un important commissariat de police. Les manifestants ont cherché à prendre d’assaut le poste, des pneus incendiés étaient visibles aux abords. Les policiers ont réussi à faire reculer les manifestants et les pourchassaient, matraques à la main, dans les rues environnantes. Les forces de l’ordre étaient aussi visées par des jets de pierre.

Une ambulance est repartie des lieux mais le nombre exact de blessés n’est pas encore connu. Plus de 250 personnes ont été blessées la veille lors d’affrontements avec la police, qui cherchait à disperser les manifestants en tirant de la chevrotine de petit calibre. Le même jour, un poste de police a été incendié à Kesra, une localité au Sud de Siliana.

Pour le gouvernement, les manifestants sont des "contre-révolutionnaires"

Les manifestants réclament le départ du gouverneur régional, un programme de développement économique dans cette région très pauvre, la libération de manifestants arrêtés en avril 2011 et l’arrêt de la "répression des manifestations". Face au refus des autorités de limoger le gouverneur, l’UGTT, la principale centrale syndicale du pays, a appelé à une nouvelle manifestation à Siliana vendredi. "J’appelle tous les habitants de la région à participer à une marche symbolique sur Tunis de deux kilomètres" vendredi, a déclaré à l’AFP, le secrétaire général de la branche régionale du syndicat, Nejib Sebti.

Un représentant du parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement tunisien, a dénoncé ces troubles provoqués, selon lui par les manifestants, y voyant la main de "contre-révolutionnaires". "Les manifestations se sont transformées en violences et en attaques contre les symboles de l’Etat (...) et les acquis du peuple", a déclaré Ameur Larayedh, qui dirige le bureau politique de ce parti. "Le peuple ne va pas permettre aux contre-révolutionnaires de revenir" au pouvoir, a-t-il ajouté. Une déclaration télévisée du Premier ministre Hamadi Jebali est attendue jeudi après-midi.

Les mêmes revendications que celles de janvier 2011, à l’aube du Printemps arabe

Les revendications des manifestants ne sont pas sans rappeler celles de la révolution de janvier 2011 : la misère, le chômage et la dénonciation de l’arbitraire de la police étaient à l’époque au cœur du soulèvement. Aujoud’hui, des violences éclatent régulièrement en Tunisie entre policiers et manifestants excédés par la pauvreté, en particulier dans les provinces de l’intérieur du pays, très marginalisées. La région de Siliana est affectée par de grandes difficultés économiques. Selon des statistiques officielles, les investissements y ont baissé de 44,5% et les créations d’emplois de 66% sur la période janvier-octobre 2012 par rapport à la même époque de l’année précédente.


Tunisie : affrontements sporadiques dans la région de Siliana

AFP- Publié le 29/11/2012 à 15:10

Un poste des forces de l’ordre a été incendié pendant des manifestations qui continuent dans le calme.

Des affrontements sporadiques ont opposé protestataires et policiers jeudi dans la région de Siliana, où de graves violences ont fait plus de 250 blessés la veille parmi les manifestants qui réclament le départ du gouverneur et de meilleures conditions de vie.

La principale centrale syndicale tunisienne, l’UGTT, avait maintenu son appel à une troisième journée de grève générale dans la région et la ville de Siliana (120 km au sud-ouest de Tunis). Des manifestations ont été émaillées de violences dans des localités alentour, mais les débordements étaient bien moins graves que la veille. Des manifestants ont incendié un poste des forces de l’ordre tunisiennes et deux de leurs véhicules à Kesra, à 40 km au sud de Siliana.

Jets de pierres

"On était une trentaine à mettre le feu au poste", a raconté Ali, 17 ans. Le calme semblait régner vers 11 h 30 dans cette localité de 18 000 habitants. Aucune source hospitalière ou policière n’était en mesure de dresser un bilan dans l’immédiat. Dans la localité de Gaâfour, des manifestants ont jeté des pierres sur des camions des forces de l’ordre et de l’armée, qui ont alors rebroussé chemin, selon des témoins.

À Siliana, chef-lieu de la région éponyme, une manifestation de quelque 2 000 personnes s’est déroulée dans le calme, contrairement à la veille. Aucun incident n’y a eu lieu. Les protestataires réclament le départ du gouverneur régional, Ahmed Ezzine Mahjoubi, un programme de développement économique pour cette région très pauvre, la libération de manifestants arrêtés en avril 2011 et la fin de la répression des manifestations.

"Il faut que le gouverneur parte pour que la grève cesse", a dit Nejib Sebti, secrétaire général régional de l’UGTT, alors que le Premier ministre Hamadi Jebali a exclu mercredi de limoger Ahmed Ezzine Mahjoubi. En milieu de journée, des policiers et des militaires étaient présents en petit nombre dans les rues de Siliana. Les vestiges des barricades et des violences de mardi et mercredi jonchaient par contre le sol, tels des pierres, des pneus calcinés et même des troncs d’arbres abattus. Tous les commerces étaient fermés jeudi, comme la veille.

Bâtiments incendiés

Les autorités ont prévenu qu’elles réprimeraient tout débordement, mais que si les manifestations étaient pacifiques les forces de l’ordre n’interviendraient pas. Elles n’ont fait aucun commentaire sur la situation jeudi et le porte-parole du ministère de l’Intérieur était injoignable. Le ministère a par contre publié sur sa page Facebook un bilan matériel des violences de la veille qui s’étaient répandues dans cinq localités proches de Siliana : plus d’une demi-douzaine de bâtiments publics ont été incendiés, dont quatre postes des forces de l’ordre.

Les revendications des manifestants ne sont pas sans rappeler celles de la révolution de janvier 2011, la misère, le chômage et la dénonciation de l’arbitraire de la police ayant été à l’époque au coeur du soulèvement. La région de Siliana est affectée par de grandes difficultés économiques. Selon des statistiques officielles, les investissements y ont baissé de 44,5 % et les créations d’emplois de 66 % sur la période janvier-octobre 2012 par rapport à la même époque de l’année précédente.

Le gouvernement, dirigé par les islamistes d’Ennahda, assure faire son possible pour la région et n’avoir eu recours à la force qu’en réaction à des attaques. Des violences éclatent régulièrement en Tunisie entre policiers et manifestants excédés par la pauvreté, en particulier dans les provinces de l’intérieur du pays, très marginalisées. La Tunisie est minée par les conflits politiques et religieux ainsi que par des difficultés économiques à l’approche du deuxième anniversaire de sa révolution qui était à l’origine du Printemps arabe.

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