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Ghardaïa (Algérie) : la Fête du tapis tourne à l’émeute contre les flics et les banques
(Le 27 mars 2013)

Ghardaïa : la Fête du tapis “chahutée”

Liberté-Algérie, 27/03/2013 à 09h50

L’on dénombre une dizaine d’arrestations parmi les militants des droits de l’Homme et une autre dizaine parmi les émeutiers alors que les forces de l’ordre enregistrent quelques blessés.

Les heurts entre chômeurs et policiers qui ont eu lieu lors des festivités d’ouverture de la 46e Fête du tapis traditionnel de Ghardaïa se sont vite transformés en violents affrontements entre policiers et quelques jeunes de la vieille médina de Ghardaïa. Il semble que l’arrestation des militants des droits de l’Homme a été à l’origine de ces heurts. L’avenue Émir-Abdelkader où sont installées les plus grandes banques de la place a été complètement vandalisée, Société Générale et le DAB de l’ancienne agence du CPA ont fait les frais de la fureur des émeutiers. Il ne reste pratiquement plus rien ni de la porte d’entrée ni du distributeur automatique de billets et même les faux plafonds ont été arrachés.

L’ancienne auberge de jeunesse, actuellement centre d’animation de la jeunesse, a aussi été “visitée”, les grilles d’entrée, la belle porte en bois massif et les vitraux ont été saccagés. Le bitume est entièrement jonché de pierres, de troncs d’arbre et de toutes sortes d’objets hétéroclites. Même les cabines téléphoniques ont été arrachées et jetées sur le sol. À notre arrivée, une odeur âcre de gaz moutarde nous a étreint, rendant l’air irrespirable alors que des détonations de grenades lacrymogènes retentissaient.

Deux policiers blessés sont évacués devant nous alors que d’autres policiers en tenue arrivaient en renfort et investissaient les ruelles de la vieille ville. Tout autour, c’est devenu des quartiers fantômes, les gens se sont barricadés chez eux ou sont carrément partis chez des proches dans des quartiers plus tranquilles.

Du jamais vu depuis que cette fête existe il y a près d’un demi-siècle. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés par les forces de l’ordre pour disperser des centaines de jeunes qui ont investi le parcours que devait prendre la procession de chars (camions habillés de tapis et de produits artisanaux de la région) pour la parade d’ouverture, parcours le long duquel un impressionnant cordon de sécurité était mis en place, ce qui n’augurait déjà rien de bon.

Il faut dire qu’en quelque sorte, ils ont réussi à gâcher cette fête puisque les festivités, qui n’ont pas dépassé les 30 minutes, ont été réduits au strict minimum par rapport aux années passées quand celles-ci duraient toute la matinée avec les traditionnels groupes folkloriques qui égayaient le parcours avec leurs zornas et leurs karabilas qui détonaient le baroud à profusion, témoin obligatoire et incontournable de toute espèce de fête du Sud.

Pour l’instant et au milieu de l’après-midi d’hier, on nous dit qu’il y a eu une dizaine d’arrestations parmi les militants des droits de l’Homme et une autre dizaine parmi les émeutiers alors que les forces de l’ordre enregistrent quelques blessés sans gravité. Au vu de la tournure que prennent les évènements, la nuit risque d’être longue.


Après les affrontements qui ont émaillé l’ouverture de la fête du tapis, 8 personnes sous mandat de dépôt à Ghardaïa

Liberté-Algérie, Samedi, 30 Mars 2013 09:50

C’est mercredi, tard dans la soirée, que les 18 prévenus arrêtés lors des affrontements entre forces de l’ordre et militants des droits de l’Homme (Laddh) ont été présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Ghardaïa. L’enceinte du petit tribunal était complètement bouclée par un impressionnant dispositif de forces antiémeutes. Tout autour du tribunal, des camions de transport de troupes et des camions béliers étaient positionnés. En face, des dizaines de jeunes et moins jeunes venus exprimer leur solidarité aux prévenus attendaient.

Les auditions des prévenus, dont le docteur Kamel Eddine Fekhar, responsable du bureau de Ghardaïa de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme, et Bakir Soufghalem, membre de l’Observatoire national des droits de l’Homme, se sont poursuivies toute la nuit du mercredi et ne se sont achevées que jeudi à l’aube. Huit prévenus, dont le docteur Kamel Eddine Fekhar et Bakir Soufghalem, ont été placés sous mandat de dépôt et écroués à la prison de Chaâbet Ennichène de Ghardaïa, alors que deux d’entre eux ont été laissés en liberté provisoire et les huit autres ont bénéficié de citations à comparaître directes.

Les motifs d’inculpation retenus sont assez lourds, notamment pour le docteur Kamel Eddine Fekhar et Bakir Soufghalem qui ont été accusés d’incitation à l’émeute, attroupement, destruction de biens publics et agression envers forces de l’ordre. Signalons que lors du transfert des prévenus vers la prison de Chaâbet Ennichène, quelques accrochages et jets de pierres sur le camion cellulaire et le convoi de policiers l’escortant ont été enregistrés, mais n’ont pas ralenti la progression du convoi.

Appréhendant d’éventuels débordements ou de marche violente, les forces de l’ordre se sont très tôt, jeudi, déployées et se sont positionnées dans les endroits stratégiques de la ville, à grands impacts médiatiques, tels l’entrée principale du siège de la wilaya de Ghardaïa, le tribunal et la Cour de Ghardaïa, le foyer de la police et le siège de la Sûreté de wilaya de Ghardaïa. Mais finalement, et heureusement, aucun incident, aussi minime soit-il, n’a été enregistré. La ville, surtout la vieille médina d’où sont originaires la plupart des prévenus, reste calme.

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