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Deux semaines de solidarité internationale avec tous les inculpés de la guerre sociale

(18 juin 2009)

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Deux semaines de solidarité internationale avec tous les inculpés de la guerre sociale

Condamnés à suer pour un patron ou à se débrouiller avec des bouts de ficelle, à survivre dans des quartiers organisés selon les besoins de l’économie et de la police, à gober des heures entières les leçons d’un prof sans broncher, à se justifier devant l’assistante sociale pour quelques miettes, à livrer son corps aux blouses blanches, il y a toujours quelque chose de jouissif à attaquer ce qui nous oppresse et à savoir qu’on n’est pas seul. Que des ouvriers saccagent le siège d’une entreprise, que des mômes se révoltent contre leur maître ou que des sans-papiers incendient un centre de rétention, montre que la conflictualité n’est pas prête de s’éteindre.

Contrairement à ce qu’affirment les politiciens de tous poils à propos de la « crise » mondiale, l’Etat n’est pas séparé du Capital : ce sont les deux sales gueules d’un même système. Non seulement l’Etat garantit la pacification armée, mais il assure aussi des fonctions essentielles au bon fonctionnement d’un rapport social basé sur l’exploitation et le contrôle qui va avec. Comme il est vain d’humaniser la torture et l’incarcération, la seule réforme possible de toute domination ne peut être que sa destruction.

La prison n’est pas un monstre lointain, tapi derrière de hauts murs et des miradors. Non seulement elle engloutit toujours plus de personnes, mais elle est déjà dans nos vies. C’est la menace permanente qui plane au-dessus de la tête de celles et de ceux qui refusent l’ordre de ce monde. De gré ou de force, on voudrait nous faire accepter de rester confinés dans les cages qui nous sont imposées. Car la prison sociale enferme, contrôle et gère les corps et les esprits, de l’école au turbin ; des frontières palpables lors de la moindre rafle au quadrillage policier ; de la camisole chimique aux gardiens de la religion et de la morale. En instillant la peur d’un enfermement plus effroyable encore, il s’agit de nous garder tous prisonniers d’une société où l’atomisation et la privation de liberté sont une des nécessités du règne de la marchandise.

Depuis plus d’un an en France, nombreux sont ceux qui se retrouvent enfermés et inculpés d’ « association à but terroriste », dont l’objet serait notamment « la haine de l’Etat, du capitalisme et de ses appareils ». Le dernier exemple en date étant trois camarades de Chambéry incarcérés au prétexte de l’explosion accidentelle d’un engin artisanal. Plus largement, le pouvoir tente d’effrayer tous ceux qui ne baissent pas la tête, qui décident de renvoyer un peu de la violence qu’on nous fait tous subir au quotidien, qui luttent sans médiation et hors du cadre institutionnel (des émeutes dans les cités aux révoltes dans les centres de rétention). Peu importe qu’ils soient « coupables » ou « innocents » -laissons ces catégories à l’ennemi-, le pouvoir n’arrivera jamais à briser un certain rêve de liberté ancré dans les cœurs et les tripes, ni à endiguer la lutte sans concession contre ce système de guerre, d’oppression et de misère.

Parce que ces affaires ne sont que des exemples parmi d’autres d’un serrage de vis qui se généralise, parce que la solidarité active est aussi une occasion d’échanger et de partager notre rage pour s’en prendre à ce qui exploite et enferme, nous appelons à deux semaines de solidarité internationale avec tous les incarcérés de la guerre sociale, du 15 au 28 juin 2009. Que chacun, de la manière qu’il jugera la plus opportune (des manifs aux occupations, des blocages de l’économie aux sabotages des intérêts de l’Etat et du Capital, des tags aux banderoles, des feux d’artifice aux fumigènes,...), exprime son antagonisme contre toutes les formes de l’écrasement quotidien.

Attaquons tout ce qui nous détruit, Feu à toutes les cages

Le 17 mai 2009
solid(a)riseup.net

Source

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Dos semanas de solidaridad internacional con todos los inculpados de la guerra social

Condenados a sudar para el jefe o a apañárselas con dos duros, a sobrevivir en los barrios organizados según las necesidades de la economía y de la policía, a tragarse horas enteras de lecciones de un profe sin rechistar, a justificarse delante del asistente social por unas migajas, a entregar tu cuerpo a la batas blancas, siempre hay algo placentero en atacar lo que nos oprime y saber que no estamos solos. Que unos obreros destrozan la sede de una empresa que los chavales se rebelan contra su profesor o que los sin papeles incendia un centro cerrado para inmigrantes, nos muestra que la conflictualidad no está dispuesta a esperar.

Contrariamente a lo que afirman los políticos de todo tipo sobre la “crisis” mundial, el Estado no está separado del Capital : son las dos sucias caras de un mismo sistema. El Estado no sólo garantiza la pacificación armada, sino que también asegura funciones esenciales al buen funcionamiento de una relación social basada en la explotación y el control que la acompaña. Al igual que es inútil humanizar la tortura y la encarcelación, la única reforma posible de toda dominación sólo puede ser su destrucción.

La cárcel no es un monstruo lejano, escondido detrás de altos muros y torres. No solamente se traga cada día a más personas, sino que se encuentra ya en nuestras vidas. Es la amenaza permanente que planea sobre nuestras cabezas y la de los que rechazan el orden de este mundo. Por las buenas o por las malas, no quieren hacer aceptar el permanecer confinados en las jaulas que nos han impuesto. Porque la prisión social encierra, controla y dirige los cuerpos y las mentes, de la escuela al curro ; fronteras palpables durante la más mínima redada del peinado policial ; de los tranquilizantes a los guardianes de la religión y la moral. Instalando el medio de un encierro aún más espantoso, se trata de mantenernos a todos presos de una sociedad donde la atomización y la privación de libertad son una de las necesidades del reino de la mercancía.

Desde hace más de un año en Francia, son muchos los que están encerrados e inculpados por “asociación con objetivo terrorista”, cuyo objeto será especialmente “el odio del Estado, del capitalismo y sus aparatos”. El último ejemplo es el de tres compañeros de Chambéry encarcelados bajo el pretexto de la explosión de un artefacto artesanal. El poder intenta, sobradamente, asustar a todos los que no bajan la cabeza, que deciden devolver un poco de la violencia que nos hacen sufrir cada día, que luchan sin mediación y fuera del marco institucional (de los disturbios en las ciudades a las revueltas en los centros de retención). Poco importa que sean “culpables” o “inocentes” - dejémosles esas categorías al enemigo -, el poder nunca conseguirá romper un indiscutible sueño de libertad anclado en nuestras vísceras y corazones, ni tampoco a contener la lucha sin concesiones contra este sistema de guerra, de opresión y de miseria.

Porque estos casos sólo son un ejemplo entre otros de la presión que se generaliza, porque la solidaridad activa también en una oportunidad de intercambiar y compartir nuestra rabia para volverla contra el que explota y encierra, hacemos un llamado a dos semana de solidaridad internacional con todos los encarcelados de la guerra social, del 15 al 28 de junio del 2009. Que cada uno de la forma que juzgue más oportuna (desde manifestaciones a ocupaciones, desde bloqueos económicos hasta sabotajes de los intereses del Estado y el Capital, desde pintadas hasta pancartas, desde fuegos artificiales hasta bengalas,...) exprese su antagonismo contra todas las formas de avasallamiento cotidiano.

Ataquemos todo lo que nos destruye, Fuego a todas las jaulas.

solid(a)riseup.net

Publié sur Klinamen.org
[ |14 de Junio del 2009 [20:00]
Source



Référence : http://cettesemaine.info/article.php3_id_article=2271.html