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Paris : assassinat d’un compagnon par des fascistes

(6 juin 2013)

par

Quelqu’un est mort

Indy Nantes, 6 juin 2013

Quelqu’un est mort. Un camarade, un compagnon, un antifa. Tué lors d’une bagarre de rue contre des skins fascistes. Tués dans la rue par un fasciste, au boulot par un patron, en manif par des flics, en volant par un vigile ; les morts n’ont pas besoin de nos lamentations, contre l’oubli faisons vivre leurs idées dans nos actions. Face à cette vermine, organisons nous pour taper là où ca fait mal, déchainons nous contre la violence brune, capitaliste et étatique. Ne rejoignons pas le camp des démocrates "communistes, socialistes, républicains", qui appellent à soutenir leur système de gestion sociale du capital, face à celui plus autoritaire du fascisme. La meilleure riposte à cette agression, et aux défenseurs de l’ordre moral et bourgeois ne peut-être qu’en finir avec l’Etat, la justice, la police et toutes les formes de pouvoir et lutter pour un monde débarrassé de toute domination.

Contre le fascisme et la démocratie donc l’Etat et le capital, action directe anti-autoritaire !


Voici le communiqué de ses amis :

Le mercredi 5 juin 2013, en sortant d’un magasin de vêtements, près de la gare Saint-Lazare, Clément Méric, jeune syndicaliste âgé de 18 ans et militant antifasciste a été battu à mort par des membres de l’extrême droite radicale. Venu de Brest pour ses études à Sciences Po, il a été victime du contexte de violences d’extrême droite qui s’est développé ces derniers mois. Il est décédé des suites de ses blessures, dans la nuit, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Toutes nos pensées vont à sa famille [sic] et à ses proches auxquels nous exprimons toute notre solidarité.

Ses ami-e-s et camarades


Clément Méric, une jeunesse militante

Libération, 7 juin 2013 à 16:52)

Déjà leader lycéen et anarchiste à Brest, il était arrivé à Sciences-Po Paris en septembre, avait rejoint les antifascistes et s’était engagé contre l’homophobie.

Une minute de silence accompagnée d’un discours tout aussi court dénonçant un « acte odieux » . Frédéric Mion, le nouveau directeur de Sciences-Po a fait dans la sobriété à 16 heures dans le jardin de l’école. Il n’a pas dressé le portrait de Clément Méric, laissant ce soin aux élèves rassemblés à midi devant les portes de l’école.

Les amis les plus proches, ceux qui combattent avec lui au sein de l’Action antifasciste Paris-Banlieue, sont en larmes et en colère contre les médias qui les harcèlent de questions. « Franchement la couleur de son slip, ce n’est pas intéressant, c’était un militant antifasciste, voilà », lâche au téléphone un de ses camarades de Solidaires, qui rassemble les syndicats SUD, étiqueté de gauche, auquel il appartenait.

Leucémie. Ceux qui le connaissent moins directement, ses « camarades » venus de l’Unef, du NPA ou du Parti de gauche sont plus prolixes. « C’était un petit pioupiou », raconte Raphaëlle Rémy-Leleu, étudiante en 4e année et ancienne de l’Unef. « Pas grand, pas épais, la voix douce », le décrit l’une de ses connaissances jointe au téléphone. « Il se relevait d’un combat contre une leucémie », précise Olivier, un membre de l’Action antifasciste Paris-Banlieue. « On le voyait toujours dans les couloirs en train de distribuer des tracts contre les fascistes, pour le droit des étrangers, pour l’égalité hommes-femmes », raconte Hadrien, étudiant et adhérent au Parti de gauche. Anarchiste libertaire, Clément « était toujours là à argumenter, à défendre ses idées, mais toujours avec respect, contrairement à beaucoup d’autres », précise-t-il. Selon une source policière, citée par l’AFP, il appartenait à un groupe d’extrême gauche recherchant la confrontation avec l’extrême droite, notamment avec le noyau dur des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR).

Une violence que récusent ses connaissances. « Certes, il avait adopté l’esthétique redskin, il portait un blouson rouge Harrington et écoutait des groupes de musique engagés typiques de ce milieu, du punk et du ska, mais il était posé », explique l’une d’elles. « Ce n’était pas une tête brûlée, il ne se lançait pas dans des bastons à l’aveuglette, surtout lorsqu’il avait vu que les mecs en face avaient des armes », renchérit un de ses camarades. « Plus qu’un anarchiste qui va à la castagne, il me faisait penser à l’écrivain révolutionnaire Daniel Guérin. Brillant, il lisait beaucoup et était très structuré intellectuellement », raconte Armel Campagne, étudiant en histoire à la fac et qui a interviewé plusieurs fois Clément Méric pour un projet de livre sur la sociologie intellectuelle des élèves de l’Institut d’études politiques.

Red Star. Fils de deux professeurs de droit de la faculté de Brest, le jeune homme a été admis à Sciences-Po Paris après un bac scientifique mention très bien au lycée de l’Harteloire à Brest. Jean-Jacques Hillion, l’ancien proviseur du lycée, se souvient d’« un gamin un petit peu rebelle », mais « tout à fait respectueux des règles ». Dès l’âge de 15 ans, il milite à la Confédération nationale du travail (CNT). « Capable de mobiliser ses camarades », il prend la tête du mouvement contre la réforme du lycée lancée par la droite en 2010.

Lors de son arrivée dans la capitale en septembre, il se tourne vers SUD, rejoint les « antifas » et commence à fréquenter le kop Bauer, les supporters du club de foot du Red Star, connus pour leurs positions de gauche. Il est alors de toutes les manifs et s’engage aussi contre l’homophobie et pour le mariage pour tous. « En quelques mois, il était devenu une figure connue, c’est évident qu’il avait été repéré par les militants d’extrême droite », assure Armel Campagne. Pour les élèves réunis devant l’IEP, aucun doute : il s’agit d’« un assassinat politique ».



Référence : http://cettesemaine.info/article.php3_id_article=6009.html